lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2206075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HENTZ |
Vu la procédure suivante :
I. A une requête enregistrée le 16 septembre 2022 sous le n° 2206075, M. B C, représenté A Me Hentz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 A laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros A jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'elle méconnaît le jugement du 27 juillet 2021 A lequel le tribunal, après avoir annulé une précédente décision de refus de séjour, avait enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour pour raisons médicales ;
- le préfet s'est estimé, à tort, lié A l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 26 avril 2022 ;
- il appartient au préfet de produire l'avis du collège de médecins de l'OFII pour s'assurer de sa régularité et notamment pour vérifier qu'il émane de médecins identifiés et compétents ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
A un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Haut-Rhin fait valoir que les moyens présentés A M. C ne sont pas fondés.
A lettre du 14 décembre 2022, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la méconnaissance, A la décision attaquée du 18 juillet 2022, de l'autorité absolue de la chose jugée attachée au jugement du 27 juillet 2021.
II. A une requête enregistrée le 16 septembre 2022 sous le numéro 2206076, Mme E D épouse C, représentée A Me Hentz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 A laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui renouveler son autorisation provisoire de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour et, à défaut, de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros A jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors qu'elle méconnaît le jugement du 27 juillet 2021 A lequel le tribunal, après avoir annulé une précédente décision de refus de séjour, avait enjoint au préfet de délivrer à son époux un titre de séjour pour raisons médicales, cette injonction impliquant également que le préfet lui délivre une carte de séjour " vie privée et familiale " ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; pour les mêmes motifs, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
A un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Haut-Rhin fait valoir que les moyens présentés A Mme C ne sont pas fondés.
Vu :
- les ordonnances n° 2206196 et 2206197 du 18 octobre 2022 A laquelle le juge des référés du tribunal a suspendu les décisions attaquées ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- et les observations de Me Hentz, pour M. et Mme C.
Une note en délibéré a été produite le 19 décembre 2022 pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2206075 et 2206076, présentées A M. et Mme C présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer A un seul jugement.
2. M. et Mme C, ressortissants kosovars nés le 31 août 1976 et le 23 avril 1984, sont entrés en France selon leurs déclarations au cours de l'année 2019 accompagnés de leurs enfants. Ils ont fait l'objet d'un refus de titre de séjour du préfet du Haut-Rhin le 7 juillet 2021 assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Ces décisions ont été annulées A un jugement du 27 juillet 2021. A des décisions du 18 juillet 2022 dont les requérants demandent l'annulation, le préfet du Haut-Rhin a refusé à nouveau de délivrer à M. C un titre de séjour et a refusé de renouveler l'autorisation provisoire de séjour de Mme C.
Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens des requêtes :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, A une première décision du 7 juillet 2021, le préfet du Haut-Rhin a refusé de délivrer à M. C un titre de séjour pour soins, sollicité sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que, suivant en cela l'avis émis A le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 25 janvier 2021, si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. A un jugement du 27 juillet 2021, la magistrate désignée du tribunal a annulé cette décision au motif que le cas particulier de M. C ne permettait pas d'envisager un traitement effectivement approprié dans son pays d'origine et que, A suite, les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avaient été méconnues.
4. L'autorité de chose jugée s'attachant au dispositif du jugement d'annulation du 27 juillet 2021 devenu définitif ainsi qu'aux motifs qui en sont le support nécessaire faisait obstacle à ce que, en l'absence de modification de la situation de droit ou de fait, la demande d'un titre de séjour pour soins sollicité A M. C soit à nouveau refusée A l'autorité administrative pour un motif identique à celui qui a été censuré A le tribunal administratif. A conséquent, en adoptant le 18 juillet 2022 une décision refusant à nouveau le titre de séjour sollicité A M. C pour le même motif que celui censuré A le tribunal, en l'absence de toute modification de la situation de droit ou de fait, le préfet du Haut-Rhin a commis une erreur de droit. A suite, il y a lieu d'annuler cette décision.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C vit en France avec son époux et leurs six enfants. Dès lors que M. C a vocation à séjourner régulièrement en France le temps pour lui de suivre le traitement nécessaire à son état de santé, Mme C est fondée à soutenir qu'en refusant de lui renouveler son autorisation provisoire de séjour, le préfet du Haut-Rhin a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, méconnaissant ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Compte tenu des motifs d'annulation, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de délivrer à M. C la carte de séjour temporaire d'une durée d'un an prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros A jour de retard à compter de l'expiration de ce délai.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 500 euros hors taxe à verser à Me Hentz, avocate de M. et Mme C, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. et Mme C A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme précitée sera versée aux requérants.
D E C I D E :
Article 1 : Les décisions du 18 juillet 2022 du préfet du Haut-Rhin sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Haut-Rhin de délivrer à M. C la carte de séjour temporaire d'une durée d'un an prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 (cent) euros A jour de retard à compter de l'expiration de ce délai.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros hors taxes à Me Hentz, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. et Mme C A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme précitée sera versée aux requérants.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme F, à Me Hentz et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Mulhouse.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 16 janvier 2023.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Strasbourg, le
Le greffier,
Nos 2206075 et 2206076
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026