LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2206116

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2206116

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2206116
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELAS FIDAL DIRECTION PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Le tribunal administratif de Strasbourg

(6ème chambre)

Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 septembre 2022, 21 juin 2023 et le 22 janvier 2024, la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin, représentée par Me Daver et Me Fontaine, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2022 par lequel la directrice générale de l'agence régionale de santé (ARS) Grand Est a autorisé la SELAS Pharmacie Saint Thomas à transférer l'officine de pharmacie qu'elle exploite du 8 rue de la division Leclerc à Strasbourg au 2-4 rue Alice Guy de la même commune ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la SELAS Pharmacie Saint Thomas la somme de 4 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il méconnait l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du 15 juillet 2021 ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il compromet l'approvisionnement en médicaments du quartier d'origine ;

- le quartier de destination est d'ores et déjà desservi de manière optimale.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2023, l'Agence régionale de santé Grand Est, représentée par Me Amiet et Me Graff, conclut au rejet de la requête et à ce que la société requérante lui verse la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin n'a pas intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 22 décembre 2023, la SELAS Pharmacie Black Swan, anciennement Pharmacie Saint Thomas, représentée par Me Marcantoni, conclut au rejet de la requête et à ce que la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin lui verse la somme de 7 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 23 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2024.

Des mémoires ont été enregistrés les 1ers et 28 mars 2024 pour la SELAS Pharmacie Black Swan et n'ont pas été communiqués.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cormier, rapporteur ;

- les conclusions de Mme Bronnenkant, rapporteure publique ;

- les observations de Me Amiet, représentant l'agence régionale de santé Grand Est ;

- et les observations de Me Zimmerer, représentant la SELAS Pharmacie Black Swan.

Une note en délibéré produite le 16 mai 2024 pour la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 20 juillet 2022, dont la requérante demande l'annulation, la directrice générale de l'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est a autorisé le transfert d'une officine de pharmacie exploitée par la SELAS Pharmacie Saint Thomas du 8 rue de la division Leclerc à Strasbourg au 2-4 rue Alice Guy de la même commune.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté du 24 juin 2022, régulièrement publié le 28 juin 2022 au recueil des actes administratifs de la région Grand Est, la directrice de l'ARS Grand Est a donné délégation à M. A, directeur de l'offre de soins de proximité, à l'effet de signer tous les actes relevant de sa direction incluant nécessairement l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le jugement n°1904454, 1905453, 1905677 du tribunal a retenu dans ses motifs que " le directeur général de l'ARS Grand Est a défini le quartier d'accueil " Neudorf-Musau " comme étant délimité au nord et à l'est par le canal du Rhône au Rhin, au sud par la voie de chemin de fer reliant Strasbourg à Kehl et les rues de la Musau, du Havre et de La Rochelle, et jusqu'à la rue de la Plaine des Bouchers à l'est. " et " Il est en outre traversé par des axes importants au sud, tels que l'avenue du Rhin, qui est un axe à quatre voies comprenant sur une portion un terre-plein central, et l'avenue Jean Jaurès qui est également un axe à quatre voies aménagé avec un terre-plein central accueillant les rails du tramway ". L'arrêté en litige retient quant à lui " le canal du Rhône au Rhin, au Nord, l'avenue Jean Jaurès, au Sud, l'avenue Aristide Briand et la rue de Sarajevo, à l'Est, et la rue de Vienne, à l'Ouest " en tant que limites du quartier d'accueil du transfert. Cette délimitation est nettement différente de celle censurée par le tribunal le 15 juillet 2021. Par suite, la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin n'est pas fondée à soutenir que l'autorité de la chose jugée faisait obstacle à ce que l'ARS Grand Est prenne l'arrêté en litige dans la présente instance.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 5125-3 du code de la santé publique : " Lorsqu'ils permettent une desserte en médicaments optimale au regard des besoins de la population résidente et du lieu d'implantation choisi par le pharmacien demandeur au sein d'un quartier défini à l'article L. 5125-3-1, d'une commune ou des communes mentionnées à l'article L. 5125-6-1, sont autorisés par le directeur général de l'agence régionale de santé, respectivement dans les conditions suivantes : 1° Les transferts et regroupements d'officines, sous réserve de ne pas compromettre l'approvisionnement nécessaire en médicaments de la population résidente du quartier, de la commune ou des communes d'origine. L'approvisionnement en médicaments est compromis lorsqu'il n'existe pas d'officine au sein du quartier, de la commune ou de la commune limitrophe accessible au public par voie piétonnière ou par un mode de transport motorisé répondant aux conditions prévues par décret, et disposant d'emplacements de stationnement ; () ". Aux termes de l'article L. 5125-3-1 de ce code : " Le directeur général de l'agence régionale de santé définit le quartier d'une commune en fonction de son unité géographique et de la présence d'une population résidente. L'unité géographique est déterminée par des limites naturelles ou communales ou par des infrastructures de transport. Le directeur général de l'agence régionale de santé mentionne dans l'arrêté prévu au cinquième alinéa de l'article L. 5125-18 le nom des voies, des limites naturelles ou des infrastructures de transports qui circonscrivent le quartier. ".

5. En l'espèce, aucune disposition n'obligeait l'ARS Grand Est à prendre pour limite sud du quartier d'accueil l'avenue du Rhin, alors qu'au demeurant si cette route est structurante pour la ville de Strasbourg, elle est aisément traversable par les piétons, en raison de la présence de feux tricolores et de passages piétons. De plus, si les délimitations retenues par l'ARS Grand Est ne coïncident pas totalement avec celles des IRIS, il ressort des pièces du dossier que les zones non retenues pour définir le quartier d'accueil sont dépourvues de logements, étant des zones portuaires et des parcs publics.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le quartier d'origine de la SELAS pharmacie Saint Thomas comportait, au moment de l'édiction de l'arrêté en litige, 9 pharmacies, situées à moins de 750 mètres de l'emplacement d'origine. Par suite, la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin n'est pas fondée à soutenir que la directrice de l'ARS Grand Est a méconnu les dispositions du 1° de l'article L. 5125-3 du code de la santé publique en accordant le transfert en litige. Au surplus, ni l'article L. 5125-3-1 du code de la santé publique, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire n'obligeait l'ARS Grand Est à délimiter le quartier d'origine.

7. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'alors que le local d'origine de la pharmacie Saint Thomas ne disposait pas d'emplacement de stationnement et était très peu accessible aux voitures, en raison des limitations horaires d'ouverture aux véhicules, les autres pharmacies à proximité disposent de parking à proximité.

8. En sixième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le transfert en litige permettra de répondre de façon optimale aux besoins en médicaments du quartier d'accueil en approvisionnant une population résidente, peu desservie à la date de l'édiction de l'arrêté en litige, dont l'évolution démographique est avérée et prévisible au regard des projets de développement en cours. Par suite, en autorisant le transfert en litige, la directrice de l'ARS n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 5125-3 du code de la santé publique. Pour l'ensemble de ces raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'agence régionale de santé, que la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 juillet 2022 par lequel la directrice générale de l'ARS Grand Est a autorisé le transfert de l'officine de pharmacie exploitée par la SELAS pharmacie Saint Thomas du 8 rue de la division Leclerc à Strasbourg au 2-4 rue Alice Guy de la même commune.

Sur les frais liés au litige :

10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par SELAS pharmacie Black Swan et non compris dans les dépens et une somme de 500 euros au titre des frais exposés par l'ARS Grand Est et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin versera à la SELAS Pharmacie Black Swan une somme de 1 000 (mille) euros et une somme de 500 (cinq cents) euros à l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la chambre syndicale des pharmaciens du Bas-Rhin, à la SELAS Pharmacie Black Swan et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Copie en sera adressée à l'agence régionale de santé Grand Est.

Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laubriat, président,

Mme Weisse-Marchal, première conseillère,

M. Cormier, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

Le rapporteur,

R. Cormier

Le président,

A. Laubriat

La greffière,

A. Dorffer

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions