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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2206252

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2206252

lundi 10 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2206252
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHUG & ABOUKHATER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Hug, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 29 août 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Metz a prononcé la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il justifie de l'existence d'une situation d'urgence dès lors que la décision en litige a pour effet de le priver de ses moyens de subsistance ;

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte ;

- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il n'était pas informé qu'il bénéficiait d'une protection aux Pays-Bas ;

- aucune fraude ne peut lui être reprochée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil avec effet rétroactif sont irrecevables devant le juge des référés et en l'espèce, alors que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté le 31 août 2022 la demande d'asile du requérant, il n'est plus éligible au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

- il sollicite une substitution de motif, le requérant ayant obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire en Grèce et non au Pays-Bas ;

- le requérant ne justifie pas de l'existence d'une situation d'urgence alors qu'il s'est placé lui-même dans la situation dans il se plaint en dissimulant des informations et qu'il ne se trouve pas dans une situation de particulière vulnérabilité ;

- les moyen soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 22 septembre 2022 sous le numéro 2206251 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bonifacj, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 3 octobre 2022, en présence de Mme Adjacent, greffière d'audience.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration et M. A n'étaient ni présents, ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

2. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

4. M. A, ressortissant érythréen, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 29 août 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Metz a prononcé la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Les moyens invoqués par M. A à l'appui de sa demande de suspension ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A aux fins de suspension ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Hug et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Strasbourg, le 10 octobre 2022.

La juge des référés,

J. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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