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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2206976

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2206976

lundi 18 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2206976
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP SUR & MAUVENU ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 octobre 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler le titre exécutoire du 9 août 2022 émis par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville aux fins de recouvrer un trop-perçu de rémunération de 7 936,21 euros et d'enjoindre au centre hospitalier de régulariser sa situation.

Il soutient que le temps partiel n'existe pas pour les faisant fonction d'interne (FFI) et que dans les faits, il n'exerçait pas les fonctions d'un FFI mais celles d'un praticien hospitalier.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par Me Mauvenu, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,

- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,

- et les observations de Me Yvernault, substituée à Me Mauvenu, pour le centre hospitalier régional de Metz-Thionville.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté en mai 2017 par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville en qualité de faisant fonction d'interne, affecté au service des urgences. Alors qu'il a été convenu à partir de 2019 qu'il réduirait de moitié son temps de travail, il a perçu de janvier 2021 à octobre 2021 des émoluments correspondant à un travail à temps complet. A la suite de sa démission en juin 2022, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville a émis à son encontre, le 9 août 2022, un titre exécutoire afin de recouvrer la somme de 7 936,21 euros, correspondant au trop-perçu de rémunération. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler ce titre exécutoire du 9 août 2022 et d'enjoindre au centre hospitalier régional de Metz-Thionville de régulariser sa situation.

2. Aux termes de l'article R. 6153-41 du code de la santé publique : " Dans le cas où un poste, dans une structure agréée, susceptible d'être offert à un interne ou à un résident n'a pu être mis au choix des internes ou des résidents, ou s'il n'a pas été choisi, le directeur de l'établissement de santé peut, sur proposition du chef de pôle ou, à défaut, du responsable de service, de l'unité fonctionnelle ou de toute autre structure interne intéressée, décider de faire appel, pour occuper provisoirement ce poste en tant que faisant fonction d'interne, à un médecin, un étudiant en médecine, un pharmacien ou à un étudiant en pharmacie appartenant à l'une des catégories mentionnées à l'article R. 6153-43. / () / Les étudiants ou praticiens faisant fonction d'interne sont nommés pour une durée allant de la prise de fonctions des internes jusqu'à la date correspondant à la fin de leur période de stage. Cette durée peut être ensuite renouvelée tous les six mois ". Aux termes de l'article R. 6153-44 du même dans sa version alors applicable : " Les dispositions du deuxième et troisième alinéas de l'article R. 6153-2 et celles des articles R. 6153-3 à R. 6153-7, R. 6153-12 à R. 6153-19 et R. 6153-21 à R. 6153-24 sont applicables aux étudiants faisant fonction d'interne et aux anciens résidents qui accomplissent un ou deux semestres supplémentaires dans les établissements publics de santé. / () / Les dispositions de l'article R. 6153-10, à l'exception des quatre derniers alinéas du 1° et du 4°, leur sont applicables. / Toutefois, les émoluments forfaitaires mensuels mentionnés au 1° de l'article R. 6153-10 ne varient pas, pour les étudiants faisant fonction d'interne, en fonction de leur ancienneté ". Aux termes de l'article R. 6153-10 de ce code : " " L'interne en activité de service perçoit, après service fait, conformément aux dispositions des articles R. 6153-2 à R. 6153-2-3 : / 1° Des émoluments forfaitaires mensuels dont le montant, qui varie suivant une ancienneté calculée en fonction du nombre de stages semestriels accomplis et dans laquelle n'entre pas en compte le temps passé en disponibilité ou dans la position spéciale dite sous les drapeaux, est fixé par arrêté des ministres chargés du budget, de l'enseignement supérieur et de la santé. () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 6153-2 du même code : " II. - En stage, l'interne est sous la responsabilité du praticien responsable de l'entité d'accueil. Ses obligations de service comprennent huit demi-journées par semaine, cette durée étant calculée en moyenne sur le trimestre ". Aux termes enfin de son article R. 6153-2-1 : " La formation en stage ainsi que la demi-journée de formation hors stage mentionnée au 1° du III de l'article R. 6153-2 ne peuvent excéder quarante-huit heures par période de sept jours, cette durée étant calculée en moyenne sur le trimestre ".

3. En premier lieu, il est constant, alors même que le temps partiel n'existerait pas pour les faisant fonction d'interne, que M. A, pendant la période durant laquelle il a perçu des émoluments correspondant à un temps de travail à temps complet, a travaillé en moyenne vingt-quatre heures par période de sept jours au lieu de quarante-huit heures. Dès lors, en l'absence de service fait au-delà des vingt-quatre heures, le centre hospitalier de Metz-Thionville était fondé à considérer qu'il avait bénéficié d'un trop-perçu de rémunération et à émettre en conséquence le titre exécutoire contesté.

4. Si M. A soutient qu'il n'exerçait pas alors les fonctions d'un étudiant faisant fonction d'interne mais celles d'un praticien hospitalier, cette circonstance est cependant sans incidence sur le bien-fondé du titre exécutoire.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête de M. A doit être rejetée.

6. Enfin, M. A étant la partie perdante, il y a lieu, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à sa charge une somme de 1 000 euros à verser au centre hospitalier régional de Metz-Thionville au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera au centre hospitalier régional de Metz-Thionville une somme de 1 000 (mille) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 novembre 2024.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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