lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2207405 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SUR & MAUVENU ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 7 novembre 2022, 30 mai 2024 et 12 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Vignola, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du centre hospitalier régional de Metz-Thionville rejetant sa demande reçue le 4 juillet 2022 tendant à obtenir le paiement de la somme de 8 558,09 euros au titre de la protection fonctionnelle ;
2°) de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui payer les intérêts légaux afférents à la somme de 10 383,49 euros, à compter de sa demande du 30 juin 2022 reçue le 4 juillet 2022, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui payer la somme de 14,60 euros, cette somme portant intérêts à compter de sa demande du 30 juin 2022 reçue le 4 juillet 2022, et capitalisation des intérêts, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Metz-Thionville une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- si le centre hospitalier régional de Metz-Thionville a fini par prendre en charge, au titre de la protection fonctionnelle dont elle bénéficie, la somme de 10 383,49 euros, elle a également droit aux intérêts légaux afférents à cette somme, ces intérêts courant à compter de sa demande du 30 juin 2022 reçue le 4 juillet 2022 ;
- si le centre hospitalier lui a réglé la somme de 10 383,49 euros, elle avait cependant sollicité la somme de 10 398,09 euros ; elle est fondée à solliciter, en conséquence, la condamnation du centre hospitalier à lui verser le solde restant de 14,60 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2024, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par Me Mauvenu, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme B sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Maridonneau, pour le centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié, en vertu d'une décision du 18 septembre 2013, de la protection fonctionnelle et déposé plainte contre son supérieur hiérarchique pour des faits notamment de harcèlement moral et sexuel. Par sa requête enregistrée le 7 novembre 2022, Mme B a demandé au tribunal de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui verser la somme de 8 558,09 euros, avec les intérêts légaux, correspondant à la prise en charge au titre de la protection fonctionnelle de divers honoraires d'avocat et frais exposés dans le cadre de la procédure judiciaire l'opposant à son ancien supérieur hiérarchique. Compte tenu des versements opérés par le centre hospitalier en cours d'instance, Mme B, dans le dernier état de ses écritures, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui payer les intérêts légaux afférents à la somme de 10 383,49 euros réglée par le centre hospitalier, à compter de sa demande du 30 juin 2022 reçue le 4 juillet 2022, ainsi que la somme de 14,60 euros, somme restant due selon elle au titre de la protection fonctionnelle, cette somme portant également intérêts à compter de sa demande du 30 juin 2022 reçue le 4 juillet 2022, et capitalisation des intérêts.
2. En premier lieu, Mme B conteste la décision implicite du centre hospitalier régional de Metz-Thionville rejetant sa demande reçue le 4 juillet 2022 tendant à obtenir le paiement de la somme de 8 558,09 euros, à laquelle s'est toutefois substituée une décision expresse en date du 13 octobre 2022. Si Mme B soutient que cette décision n'est pas motivée, cette décision cependant a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante, qui, en formulant les conclusions indemnitaires précédemment analysées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Il s'ensuit que ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors applicable à la date du 18 septembre 2013 : " Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions et conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui les emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire au fonctionnaire. / Lorsqu'un fonctionnaire a été poursuivi par un tiers pour faute de service et que le conflit d'attribution n'a pas été élevé, la collectivité publique doit, dans la mesure où une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions n'est pas imputable à ce fonctionnaire, le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui. / La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / () ".
4. Si les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 font obligation à l'administration d'accorder sa protection à l'agent victime de violences dans l'exercice de ses fonctions, protection qui peut prendre la forme d'une prise en charge des frais engagés dans le cadre de poursuites judiciaires qu'il a lui-même introduites, elles n'ont pas pour effet de contraindre l'administration à prendre à sa charge, dans tous les cas, l'intégralité de ces frais. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration de se substituer à l'agent dans le paiement direct et préalable des honoraires réclamés par son conseil. Dans le cas où l'administration et le conseil de l'agent ne parviennent pas à un accord, notamment par la voie d'une convention, sur le montant de ces honoraires, il appartient alors à l'agent, au fur et à mesure du règlement des honoraires qu'il effectue auprès de son conseil, d'en demander le remboursement à l'administration dont il dépend. Cette administration peut alors décider, sous le contrôle du juge, de ne rembourser à son agent qu'une partie seulement des frais engagés lorsque le montant des honoraires réglés apparaît manifestement excessif au regard, notamment, des pratiques tarifaires généralement observées dans la profession, des prestations effectivement accomplies par le conseil pour le compte de son client ou encore de l'absence de complexité particulière du dossier.
5. Il résulte de l'instruction et en particulier de la demande de prise en charge des honoraires et frais de procédure par courrier du 30 juin 2022 reçu le 4 juillet 2022 par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, que Me Vignola, conseil de Mme B, a déclaré avoir avancé les sommes réclamées pour un montant alors de 8 558,09 euros. Dans sa réponse du 13 octobre 2022, le centre hospitalier a réservé son accord à la prise en charge de ces honoraires et frais à la production de divers documents et, en l'absence de convention d'honoraires conclue avec Me Vignola, à la condition que Mme B prenne à sa charge ces frais et honoraires, à charge pour le centre hospitalier de les lui rembourser directement par la suite. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B se soit acquittée elle-même du paiement de cette somme ou même de la somme de 10 383,49 euros. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle était en droit d'obtenir le paiement de ces honoraires et frais. Par conséquent, alors même que la somme de 10 383,49 euros a finalement été payée par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, les conclusions de Mme B tendant à condamner le centre hospitalier à lui payer les intérêts légaux afférents à cette somme à compter de sa demande du 30 juin 2022 reçue le 4 juillet 2022, doivent être rejetées.
6. En troisième lieu, Mme B se borne à indiquer que le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, qui a fini par procéder au versement de la somme de 10 383,49 euros, n'a pas réglé la totalité des frais et honoraires réclamés, d'un montant finalement réévalué à 10 398,09 euros et qu'elle est fondée à obtenir sa condamnation au versement du solde, d'un montant de 14,60 euros. Elle n'apporte cependant aucun élément expliquant ou justifiant la réévaluation de sa demande initiale à hauteur de 10 398,09 euros ou encore de précisions sur les 14,60 euros qui, selon elle, lui seraient dus. Dans ces conditions, ses conclusions tendant à condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui payer la somme de 14,60 euros, avec intérêts et capitalisation des intérêts, doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance et les dépens :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme B la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Ses conclusions relatives aux dépens doivent en tout état de cause être rejetées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Metz-Thionville la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier régional de Metz-Thionville relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
N. EL ABBOUDI
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026