mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2207455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS OLSZAK & LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 novembre 2022, 27 janvier 2023 et le 15 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Ponseele, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le maire de la ville de Metz a mis fin à son détachement à compter du 1er octobre 2022 et a prononcé sa radiation des effectifs ainsi que l'arrêté du 2 novembre 2022 fixant la fin de son détachement au 1er décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la ville de Metz de la réintégrer ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Metz la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lorsqu'elle n'a pas reçu sa convocation à la commission administrative paritaire dans les délais ;
- elle n'a pas été convoquée à un entretien préalable ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les délais n'ont pas été respectés ;
- l'arrêté se fonde sur faits inexacts.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, la ville de Metz conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 7 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la nécessité d'enjoindre à la commune de Metz de titulariser Mme B en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 10 mai 2024, Mme B a présenté des observations sur le moyen d'ordre public communiqué par le tribunal.
Par un mémoire enregistré le 13 mai 2024, la commune de Metz a présenté des observations sur le moyen d'ordre public communiqué par le tribunal.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 94-933 du 25 octobre 1994 relatif à l'organisation de la formation initiale d'application des agents de police municipale ;
- le décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents de police municipale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cormier, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Bronnenkant, rapporteure publique ;
- les observations de Me Hsina, substituant Me Ponseele, représentant Mme B ;
- et les observations de Me Grodwolh, substituant Me Olszak, représentant la commune de Metz.
Une note en délibéré produite le 14 mai 2024 pour la commune de Metz, n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, surveillante brigadière pénitentiaire, a été placée en détachement auprès de la ville de Metz comme gardien-brigadier à compter du 15 juin 2021 pour une durée d'un an, après avoir candidaté sur un poste de policière municipale vacant, publié par le centre de gestion de la fonction publique territoriale. Mme B a sollicité le 9 février 2022 le renouvellement de son détachement jusqu'au 15 juin 2023. Par un arrête du 20 mai 2022, le maire de Metz a maintenu Mme B en position de détachement pour une nouvelle période d'un an à compter du 15 juin 2022. Par un arrêté du 17 août 2022, le maire de Metz a retiré son arrêté du 20 mai 2022 et a maintenu Mme B en position de détachement dans l'attente d'une nouvelle décision de l'autorité territoriale sur la poursuite de son détachement. Par un arrêté du 19 septembre 2022, le maire de la ville de Metz a mis fin au détachement de Mme B et l'a radiée des effectifs à compter du 1er octobre 2022. Par un arrêté du 2 novembre 2022, l'article 1er de l'arrêté du 19 septembre 2022 a été modifié pour reporter au 1er décembre 2022 la fin du détachement de Mme B.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 13 du décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006 : " Les fonctionnaires peuvent être détachés ou directement intégrés dans le cadre d'emplois des agents de police municipale dans les conditions prévues à l'article 13 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. () Ces agents ne peuvent exercer les fonctions d'agent de police municipale qu'après avoir suivi la formation d'une durée de six mois prévue à l'article 5 et obtenu l'agrément du procureur de la République et du préfet prévu au même article. ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " () Le stage commence par une période obligatoire de formation de six mois organisée par le centre national de la fonction publique territoriale et dont le contenu est fixé par décret. Seuls les stagiaires ayant obtenu l'agrément du procureur de la République et du préfet et ayant suivi la formation prévue à l'alinéa précédent peuvent exercer pendant leur stage les missions prévues à l'article 2. () ".
3. Il résulte de ces dispositions, que Mme B, qui a été détachée dans le corps des gardien-brigadier à compter du 15 juin 2021 pour une durée d'un an, devait préalablement à l'exercice de ses fonctions, suivre une formation d'une durée de six mois au sein du centre national de la fonction publique territoriale et obtenir un agrément du procureur de la République et du préfet. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a effectué sa formation préalable à l'exercice de ses fonctions entre le 10 janvier 2022 et le 30 juin 2022.
4. En l'espèce, pour décider de mettre fin au détachement de Mme B, la ville de Metz se fonde sur un stage de trois jours au sein d'une association d'insertion en mars 2022, durant lequel il est reproché à la requérante deux retards, un manque d'intérêt aux échanges, l'utilisation, durant une dizaine de minutes, de son téléphone et une mauvaise acceptation des remarques qui lui ont été formulées en conséquence, ainsi que sur la possession, malgré les consignes contraires, de son téléphone portable lors d'une épreuve de connaissances le 31 mai 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, bien que le centre national de la fonction publique territoriale a émis une attestation d'aptitude avec réserve, Mme B bénéficie d'évaluations de stages et d'une évaluation générale élogieuses qui traduisent notamment la prise en compte des remarques lui ont été formulées à la suite du stage au sein de l'association d'insertion ainsi que de bons résultats aux évaluations de connaissances. Le tuteur de Mme B témoigne également de l'implication et des qualités de Mme B comme gardien-brigadier stagiaire et indique regretter un malentendu avec le formateur. Dès lors, en se fondant sur deux éléments isolés, dont, aussi regrettable qu'il soit, le non-respect d'une consigne d'examen, sans prendre en compte l'ensemble des éléments positifs ressortant du stage de Mme B et traduisant sa manière de servir, le maire de Metz a commis une erreur manifeste d'appréciation en prenant un arrêté portant cessation du détachement de Mme B et radiation des effectifs de la commune de Metz.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que les arrêtés des 19 septembre et 2 novembre 2022 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. En raison du motif qui la fonde, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, l'annulation des arrêtés attaqués implique nécessairement à ce qu'il soit enjoint à la commune de Metz de placer Mme B en situation de détachement dans ses effectifs, sur l'emploi de gardien-brigadier. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Metz d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la ville de Metz au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Metz la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés des 19 septembre et 2 novembre 2022 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Metz d'accueillir en détachement Mme B dans le cadre d'emploi de gardien-brigadier dans ses effectifs, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La ville de Metz versera à Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la ville de Metz présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ville de Metz.
Copie sera adressée au garde des Sceaux ministre de la Justice.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laubriat, président,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère,
M. Cormier, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024
Le rapporteur,
R. Cormier
Le président,
A. Laubriat
La greffière,
A. Dorffer
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026