jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2207785 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DOLLÉ |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2022 sous le numéro 2207785, M. E C, représenté par Me Dollé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de la Moselle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- faute de justifier d'une délégation de signature régulière, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- en omettant de lui proposer un visa de régularisation, le préfet a entaché la décision attaquée d'une erreur de droit ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence et s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée par l'absence d'entrée régulière sur le territoire pour refuser de lui délivrer un titre de séjour alors qu'il aurait dû mettre en œuvre son pouvoir discrétionnaire d'admission exceptionnelle au séjour ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
II. Par une requête, enregistrée 13 décembre 2022 sous le numéro 2208316, M. E C, représenté par Me Dollé, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, faute pour lui d'avoir bénéficié du droit d'être entendu au sens de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- l'obligation de quitter le territoire français sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour du 12 octobre 2022, qui est entaché d'incompétence de son auteur, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, et qui méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A D,
- les observations de Me Dollé, avocat de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2207785 et 2208316, présentées pour M. C, posent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité du refus de délivrance d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, par un arrêté du 2 juin 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme B, directrice de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à cette direction, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figure pas la décision en litige, et en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B, à M. F, adjoint à la cheffe de bureau de l'admission au séjour, pour les matières relevant de ce bureau. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de signature de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. F, signataire de la décision contestée, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien
du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 412-1, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 euros, dont 50 euros, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. / Cette disposition n'est pas applicable aux réfugiés, apatrides et bénéficiaires de la protection subsidiaire et aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-22, L. 426-1, L. 426-2 et L. 426-3. / Le visa mentionné au premier alinéa tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 312-2 si les conditions pour le demander sont réunies ".
6. D'une part, il ressort de l'arrêté contesté que le préfet s'est fondé, pour refuser de délivrer à M. C, ressortissant algérien, un certificat de résidence, sur la circonstance que l'intéressé n'était pas entré régulièrement sur le territoire français. En se bornant à soutenir que l'autorité administrative n'a pas pris en compte sa communauté de vie avec une ressortissante française avec laquelle il s'est marié, le 25 mars 2022, M. C ne conteste pas utilement le bien-fondé de ce motif. D'autre part, si les dispositions de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'étranger entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur acquitte un droit de visa de régularisation, perçu lors de la demande de titre, ces dispositions n'ouvrent pas au préfet, contrairement à ce que soutient le requérant, une alternative à un refus de titre de séjour et ne font pas obstacle, en tout état de cause, à ce que le préfet refuse un tel titre à un étranger ne justifiant pas de l'entrée régulière en France exigée par les dispositions ou stipulations qui lui sont applicables. Alors que le préfet n'était nullement tenu de proposer à M. C le versement d'un droit de visa de régularisation pour déposer sa demande de titre de séjour et que l'intéressé n'établit ni n'allègue avoir demandé à s'en acquitter, il résulte des dispositions précitées que ce droit de régularisation ne fait pas obstacle à l'application des dispositions de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien. Par suite, le préfet pouvait légalement, pour le motif tiré de l'entrée irrégulière sur le territoire français, rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé sur le fondement des dispositions de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, dès lors, être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet se serait cru en situation de compétence liée ni qu'il aurait omis de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
8. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Si M. C se prévaut de sa vie commune avec une ressortissante française qu'il a épousé le 25 mars 2022 et qui est actuellement enceinte, il ressort des termes du procès-verbal d'audition établi à l'issue de son placement en garde-à-vue le 12 décembre 2022 qu'il a déclaré être séparé de sa conjointe, qu'il n'avait pas d'enfant, qu'il résidait en Belgique depuis 2019 et qu'il y travaillait. Par ailleurs, les pièces versées au dossier ne permettent pas d'établir que ses déclarations étaient erronées. Enfin, il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol en réunion. Dès lors, eu égard aux conditions de séjour en France de l'intéressé, qui attestent notamment de son absence d'intégration dans la société française, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. C.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. Ce droit comporte notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un État membre est inopérant. En revanche, le requérant peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur les décisions en cause.
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a sollicité,
le 20 mai 2022, un titre de séjour et a pu, à cette occasion, préciser à l'administration les motifs pour lesquels il sollicitait son admission au séjour et produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de sa demande. Il lui appartenait dès lors de fournir spontanément à l'administration tout élément utile relatif à sa situation. En outre, alors que le requérant a été placé en garde-à-vue le 12 décembre 2022, celui-ci a été auditionné par les services de gendarmerie et il a été informé de ce qu'il était en situation irrégulière et susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait été privé de la possibilité de présenter tout élément utile à l'appui de sa demande. Par suite, le requérant ne peut pas être regardé comme ayant été privé de son droit à être entendu garanti par le droit de l'Union européenne.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit des points 4 à 9 que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;/ () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L.733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. M. C ne peut se prévaloir directement de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 dès lors que ce texte a été régulièrement transposé en droit interne aux articles L. 621-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à l'intéressé un délai de départ volontaire, le préfet de la Moselle s'est fondé d'une part sur la circonstance qu'il n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement en date du 8 janvier 2019 édictée par le préfet des Bouches-du-Rhône et d'autre part en raison du fait qu'il ne justifie pas d'une résidence effective ni de document d'identité. Au vu de ces éléments, c'est à bon droit que le préfet a considéré qu'il existait un risque réel et sérieux que M. C se soustraie à l'obligation de quitter le territoire en litige. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet se serait cru en compétence liée pour lui refuser un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 9 du présent jugement, M. C, qui se borne à se prévaloir de sa vie commune avec son épouse de nationalité française, n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
17. En second lieu, en se bornant à soutenir que les autorités algériennes pourraient manquer de diligence dans la délivrance d'un visa, le requérant n'établit pas que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction des requêtes de M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Me Dollé et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonifacj, présidente,
M. Therre, premier conseiller,
Mme Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
L. D
La présidente,
J. Bonifacj
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2207785, 2208316
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026