mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2208091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | RAFIEI-DAMNEH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2022, M. B D, alors retenu au centre de rétention de Metz, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros hors taxes à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
- les décisions sont entachées d'un vice d'incompétence de leur auteur ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que, d'une part, son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et que, d'autre part, il ne présente aucun risque de fuite ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à la durée de cette interdiction.
Par une décision du 3 décembre 2022, le juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance de Metz a ordonné la remise en liberté de l'intéressé.
Par un arrêté du même jour, le préfet de la Moselle a assigné M. D à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours.
Par une ordonnance du 5 décembre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal de Nancy a transmis le dossier de la requête de M. D au tribunal administratif de Strasbourg en application des articles R. 776-15 et R. 776-17 du code de justice administrative.
La procédure a été communiquée au préfet de la Moselle qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme F en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Rafiei-Damneh, avocate de M. D, absent à l'audience, qui s'en remet aux écritures.
Le préfet de la Moselle, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant Asad D, ressortissant afghan, est entré irrégulièrement sur le territoire français en 2021 selon ses déclarations. En sa qualité déclarée de mineur isolé, il a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Moselle. Il a été placé en garde à vue le 1er décembre 2022 par les services de police de Metz pour des faits de " violence volontaire en réunion ". Sur la base des résultats de l'examen osseux requis par le procureur de la République, du rapport du centre départemental à l'enfance de Moselle établi le 2 février 2022 et des constatations effectuées par les services de police sur les documents présentés par M. D, le préfet de la Moselle a considéré que la minorité de ce dernier n'était pas établie. Par un arrêté du 1er décembre 2022, il l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an. Par sa requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions contestées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 21 octobre 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Moselle du même jour, le préfet de la Moselle a donné compétence à M. C E, directeur adjoint de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer l'ensemble des actes se rapportant aux matières relevant de cette direction, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figure pas les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont dès lors régulièrement motivées. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, laquelle ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, les conditions dans lesquelles une décision administrative est notifiée à son destinataire sont sans incidence sur sa légalité. Il suit de là que le requérant ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées ne lui auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Le requérant soutient que la décision en litige porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, son entrée en France au cours de l'année 2021 est récente et il n'apporte aucun élément circonstancié permettant d'établir l'existence de relations intenses, anciennes et stables sur le territoire français. Ce moyen ne peut par suite qu'être écarté.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
6. Il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. D constitue une menace pour l'ordre public, à raison des faits de violence volontaire en réunion dont il ne conteste pas la matérialité, et pour lesquels il a été placé en garde à vue. En outre, l'intéressé est entré et se maintient irrégulièrement sur le territoire français, n'a entamé aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative et ne peut justifier de la possession de documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
7. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement.
8. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de cette même convention n'est pas assorti d'éléments suffisants permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision d'interdiction de retour :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
10. M. D ne bénéficie pas d'un délai de départ volontaire, se maintient irrégulièrement sur le territoire français sans chercher à régulariser sa situation et a adopté un comportement constitutif d'une menace à l'ordre public. Compte tenu des conditions de séjour de l'intéressé, il n'est pas établi qu'en fixant une interdiction de retour d'une durée d'un an, le préfet de la Moselle aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. D à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. FLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026