jeudi 5 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2208308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CHANLAIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 13 décembre 2022, 27 mars 2023, 21 juin 2023, 27 septembre 2023 et 26 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Chanlair, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 novembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Bronvaux a refusé de faire droit à sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du 29 septembre 2016 approuvant la carte communale de Bronvaux, en tant qu'elle classe en zone N la parcelle cadastrée section 2 n° 306 ;
2°) de procéder à l'abrogation de la délibération du 29 septembre 2016 approuvant la carte communale de Bronvaux, en tant qu'elle classe en zone N la parcelle cadastrée section 2
n° 306 ;
3°) d'enjoindre au conseil municipal de la commune de Bronvaux de procéder au classement en zone A constructible de la parcelle cadastrée section 2 n° 306 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Bronvaux le versement d'une somme de
4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le classement en zone N inconstructible de la parcelle cadastrée section 2 n° 306 est entaché d'erreurs de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 février 2023, 12 mai 2023, 8 août 2023 et 15 mai 2024, la commune de Bronvaux, représentée par la Selarl Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés ;
- les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public ;
- les observations de Mme B ;
- et les observations de Me Vilchez, avocate de la commune de Bronvaux.
Une note en délibéré a été enregistrée pour Mme B le 16 mai 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 29 septembre 2016, le conseil municipal de Bronvaux a approuvé la carte communale de la commune. Par un courrier du 16 novembre 2022, Mme B a sollicité l'abrogation de cette délibération en tant qu'elle procède au classement en zone N inconstructible de la parcelle cadastrée section 2 n° 306 lui appartenant. Le maire de la commune de Bronvaux a refusé de faire droit à sa demande par une décision du 24 novembre 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 24 novembre 2022.
Sur la légalité de la décision du 24 novembre 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme : " I.- La carte communale délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et les secteurs où les constructions ne sont pas admises, à l'exception :1° De l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension des constructions existantes ainsi que de l'édification d'annexes à proximité d'un bâtiment existant ; 2° Des constructions et installations nécessaires : a) A des équipements collectifs ; b) A l'exploitation agricole ou forestière, à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation des produits agricoles lorsque ces activités constituent le prolongement de l'acte de production ; c) A la mise en valeur des ressources naturelles ; d) Au stockage et à l'entretien du matériel des coopératives d'utilisation de matériel agricole. () ". Il appartient aux auteurs d'une carte communale de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
3. Mme B soutient que le classement de sa parcelle en zone N inconstructible est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est dépourvue de toutes spécificités naturelles, qu'elle se trouve à proximité de parcelles construites, est raccordée aux réseaux et fait d'ores et déjà l'objet d'aménagements.
4. Il ressort du rapport de présentation que les auteurs de la carte communale de Bronvaux se sont fixé un objectif de densification de l'espace bâti, les nouvelles constructions devant être autorisées principalement dans les secteurs densément bâtis, comme le centre du village, ainsi que dans ceux qui ont connu dans la période récente une urbanisation régulière bien qu'encore disparate. Ils relèvent, en outre, que l'urbanisation future du territoire communal doit veiller à la préservation des zones boisées et des abords du ruisseau du Billeron traversant la commune et au niveau duquel ont été identifiées des espèces faunistiques et floristiques remarquables.
5. Or, il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section 2 n° 306 se trouve à l'extrémité du territoire bâti de la commune, dans un secteur ne faisant l'objet que d'une urbanisation disparate et sans cohérence. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort, en outre, des pièces du dossier, et notamment des photographies versées à l'instance, que la zone située dans les abords immédiats de sa parcelle est nettement végétalisée. La parcelle en litige, elle-même recouverte d'une végétation diffuse, ouvre, de plus, sur un vaste espace naturel et longe le ruisseau du Billeron sur l'ensemble de sa limite nord. Le fait que, sur le reste du territoire communal, les abords de ce ruisseau aient, en certains endroits, fait l'objet d'aménagement ne peut être utilement invoqué par la requérante pour contester le caractère largement naturel de sa parcelle. Ni la circonstance que la parcelle soit raccordée aux réseaux ni le fait que Mme B y ait entrepris des aménagements ne sont, en outre, de nature à en modifier les caractéristiques et l'environnement naturel dans lequel elle se situe ou à remettre en cause le parti d'aménagement retenu. Par ailleurs, si, par un jugement du 26 avril 2018, le tribunal a annulé l'arrêté par lequel le maire de la commune de Bronvaux s'était opposé à sa déclaration préalable relative à la réalisation d'une dalle au motif qu'un tel aménagement était dispensé de toute formalité au titre du code de l'urbanisme, il ne pouvait en résulter pour l'intéressée une autorisation tacite de réaliser une construction à usage d'habitation sur une parcelle classée en zone inconstructible. Mme B ne peut ainsi utilement se prévaloir, pour remettre en cause le classement opéré par les auteurs de la carte communale, de ce qu'elle a érigé un chalet sur sa parcelle. Enfin, l'intéressée ne peut davantage utilement soutenir qu'auraient à tort été ouvertes à l'urbanisation, en vue de la réalisation d'un futur lotissement, des parcelles présentant un intérêt faunistique et floristique supérieur à la sienne, la circonstance, à la supposer avérée, qu'un tel classement soit entaché d'illégalité étant sans incidence sur l'appréciation de la légalité du classement de sa propre parcelle. En tout état de cause, il ressort du rapport de présentation que le choix a été fait d'ouvrir à l'urbanisation les parcelles en cause au motif qu'elles se situent à proximité du centre urbain et que, bien que situées à proximité du ruisseau du Billeron, elles se situent dans un secteur dépourvu de tout boisement ou milieu naturel remarquable. Par suite, les moyens tirés de ce que le classement en zone N inconstructible de la parcelle cadastrée section 2 n° 306 est entaché d'erreurs de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été indiqué, le classement contesté n'est pas étranger à des considérations d'urbanisme. En outre, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort du document graphique de la carte communale que le choix a été fait de classer en zone inconstructible l'ensemble des abords du ruisseau Le Billeron. Par suite, le moyen tiré de ce que le classement en litige est entaché d'un détournement de pouvoir, à le supposer soulevé, doit être écarté.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'abrogation et d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bronvaux qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que Mme B demande au titre des frais liés au litige.
9. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de Mme B le versement à la commune de Bronvaux d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Bronvaux une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Bronvaux.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Eymaron, première conseillère,
M. Latieule, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
La présidente,
A. DULMET
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026