LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2208498

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2208498

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2208498
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCARRAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2022, Mme B C, représentée par Me Carraud, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 avril 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de la faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil, notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter du 27 avril 2022, sous astreinte de 200 euros par jour de retard compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros toutes taxes comprises au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est irrégulière faute d'entretien préalable pour l'évaluation de sa vulnérabilité ;

- elle est irrégulière en ce qu'elle ne tient pas compte des observations écrites de la requérante ni de la décision du tribunal d'annuler la décision de transfert de la requérante aux autorités allemandes et d'enjoindre au préfet d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle s'agissant de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'erreur de droit en ce que son auteur s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît l'article 20§5 de la directive 2013/33/UE ;

- elle méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation s'agissant de sa situation de vulnérabilité ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Dobry a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante kosovare née le 23 septembre 1990, a demandé l'asile en France le 5 octobre 2021 et elle a fait l'objet d'une décision de transfert vers l'Allemagne, puis elle a présenté une nouvelle demande d'asile en France le 3 février 2022. Par la décision contestée du 27 avril 2022 notifiée le 6 mai 2022, le directeur général de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par une décision du 30 mars 2022, régulièrement publiée le même jour sur le site internet de l'OFII, son directeur général a donné délégation à Mme A, directrice territoriale à Strasbourg, pour signer tous les actes dans la limite de ses compétences, au nombre desquelles figure décision contestée. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont elle serait entachée ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'un entretien avec un agent de l'OFII a eu lieu le 3 février 2022 lors de l'enregistrement de la seconde demande d'asile présentée par la requérante aux autorités françaises, en présence d'un interprète, afin d'évaluer sa vulnérabilité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure suivie est irrégulière faute d'avoir bénéficié d'un tel entretien.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret ".

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la requérante a adressé, par courrier reçu le 21 février 2022, des observations à l'OFII, en réponse au courrier l'informant de l'intention de l'OFII de mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil. L'OFII soutient ne pas avoir reçu d'observations et doit ainsi être considérée comme ne les ayant pas prises en compte dans la décision contestée. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ait fait valoir, dans ce courrier, des éléments nouveaux tels que la procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure du fait de l'absence de prise en compte des observations écrites de la requérante doit dès lors être écarté.

6. D'autre part, si la requérante soutient que le directeur général de l'OFII n'a pas tenu compte, dans la décision contestée, d'un jugement annulant son transfert vers l'Allemagne décidé le 4 mars 2022, elle ne justifie pas lui avoir adressé ce jugement. Dès lors, elle n'est pas fondée à se prévaloir de l'irrégularité de la décision du fait de l'absence de prise en compte du jugement.

7. En quatrième lieu, la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

8. En cinquième lieu, il résulte des termes mêmes de la décision contestée que son auteur a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante.

9. En sixième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée que son auteur se serait cru en situation de compétence liée pour mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

10. En septième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance par la décision contestée de l'article 20§5 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, dont les dispositions ont été transposées en droit interne.

11. En huitième lieu, la requérante ne conteste pas avoir été transférée aux autorités allemandes avant de revenir en France quelques jours plus tard pour y demander à nouveau l'asile malgré son transfert, qu'elle n'avait pas contesté. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que le directeur général de l'OFII a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en retenant qu'elle avait méconnu les exigences des autorités chargées de l'asile.

12. En neuvième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C, lors de son premier séjour en France comme à son retour, a déclaré être hébergée par un tiers. Dès lors, la seule circonstance qu'elle était enceinte à la date de la décision contestée ne suffit pas, en l'espèce, à établir que le directeur général de l'OFII a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation s'agissant de sa vulnérabilité.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, la requérante n'établit pas que l'édiction de la décision litigieuse la placerait dans une situation contraire aux exigences des stipulations précitées, et le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 27 avril 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Carraud.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La rapporteure,

S. DOBRY

Le président,

P. REES La greffière,

S. SIAMEY

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions