lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2208566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique (3) |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, M. B E, représenté par Me Thalinger, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en application des dispositions de l'article L.911-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxes au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de cette décision ne bénéficiait pas d'une délégation de signature régulièrement publiée à cet effet ;
- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :le signataire de cette décision ne bénéficiait pas d'une délégation de signature régulièrement publiée à cet effet ;
- l'illégalité de la précédente décision prive de base légale la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :-le signataire de cette décision ne bénéficiait pas d'une délégation de signature régulièrement publiée à cet effet ;
- l'illégalité de la précédente décision prive de base légale la décision fixant le pays de destination. ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :- le signataire de cette décision ne bénéficiait pas d'une délégation de signature régulièrement publiée à cet effet ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision interdisant le retour sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. E n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 30 janvier 2023, M. E conclut aux mêmes fins que la requête.
Il soutient en outre que :
- la préfète ne s'est pas livré à un examen particulier de sa situation personnelle en ne tenant pas compte d'une demande de titre de séjour en cours d'instruction ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ni sur le fondement du 1° de cet article, ni sur le fondement du 2° de cet article, ni sur le fondement du 5° de cet article.
Le président du tribunal a désigné M. D C en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 janvier 2022 :
- le rapport de M. Julien Iggert, magistrat désigné ;
- les observations de Me Thalinger, représentant M. E assisté de M. F interprète en arabe, qui reprend les éléments contenus dans sa requête et son mémoire complémentaire.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né en 1985, indique être entré irrégulièrement en France en 2009. Par un arrêté du 20 décembre 2022, la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant demande au tribunal administratif d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. E à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions
4. Par un arrêté du 4 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 7 suivant, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. A G, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes et décisions relevant des attributions dévolues à la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas celles en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que M. G, signataire de ces décisions, ne disposait pas d'une délégation de signature régulièrement publiée doit être écarté comme manquant en fait.
Sur la décision obligeant M. E à quitter le territoire français :
5. En premier lieu, si M. E soutient qu'il a présenté une demande de titre de séjour le 11 mai 2022, il n'établit pas qu'elle serait toujours en cours d'instruction en se bornant à produire un accusé de réception postal du 15 décembre 2022 permettant seulement d'établir qu'il a adressé un pli aux services de la préfecture, alors qu'il ressort des termes mêmes de la décision attaquée qu'il a fait l'objet d'un refus de titre de séjour le 28 juillet 2022 et qu'il ne soutient même pas que cette décision ferait suite à une autre demande de sa part. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'il n'a pas été procédé, avant de prendre la décision attaquée, à un examen particulier de sa situation individuelle au motif qu'il n'aurait pas cherché à faire régulariser sa situation après l'intervention du refus de titre du 28 juillet 2022 manque en fait et doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que la préfète du Bas-Rhin a pu, à bon droit, opposer à M. E les conditions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'il ne pouvait justifier être entré sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Si M. E indique que la décision litigieuse ne pouvait être prise sur le fondement du 2° ou du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté est également pris sur le fondement du 1° de cet article, qui correspond à la situation de M. E. Ainsi, le moyen, qui n'est pas de nature à justifier du défaut de base légale allégué, ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Si M. E se prévaut de sa présence sur le territoire depuis 2009, il n'apporte aucun élément au soutien de ses attaches privées et familiales ni n'établit avoir vécu en France de façon stable et continue depuis 2009. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant ne doit l'ancienneté de son séjour qu'à son maintien irrégulier sur le territoire français et à l'inexécution de quatre précédentes mesures d'éloignements. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la préfète du Bas-Rhin aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. E doit également être écarté.
Sur le moyen tiré de l'exception d'illégalité
9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions refusant le délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an devraient être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. E tendant à l'annulation de la décision litigieuse du 16 novembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1 : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Thalinger et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
Le magistrat désigné,
J. C
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026