jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2208589 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 décembre 2022, 23 juin et 29 novembre 2023, l'Earl de la Scheer et son gérant, M. D C, représentés par Me Verdin (Selarl Dôme Avocats), avocat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision attribuant à bail rural à M. A B plusieurs parcelles communales, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Niedernai le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mr. C soutient que :
- il justifié d'un intérêt à agir contre la décision attaquée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que l'un des conseillers municipaux était intéressé à l'attribution à bail des parcelles ;
- elle est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d'incompétence et méconnaît les dispositions de l'article L. 2541-2 du code général des collectivités territoriales ;
- le conseil municipal de Niedernai n'a pas défini les caractéristiques du contrat conclu avec M. B, attributaire des parcelles ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen des règles de priorité ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2023, la commune de Niedernai, représentée par Me Maetz (Selarl Leonem), conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C la somme de 2 000 euros au titre des frais de l'instance.
La commune soutient que la requête est irrecevable et qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par ordonnance du 2 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juin 2024 :
- le rapport de Mme Merri, première conseillère ;
- les conclusions de M. Boutot, rapporteur public,
- et les observations de Me Verdin, avocat de M. C, et de Me Bozzi, représentant la commune de Niedernai.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, exploitant agricole au sein de l'Earl de la Scheer à Uttenheim, s'est porté candidat en vue de l'attribution à bail de parcelles agricoles situées sur le territoire de la commune de Niedernai. Par une décision révélée par la signature, le 27 juillet 2022, du bail rural entre la commune et M. B, la commune de Niedernai a attribué la parcelle numérotée 79 section 73 à M. B, et les autres parcelles à d'autres candidats. M. C a présenté un recours gracieux le 24 août 2022. Par une décision reçue le 27 octobre 2022, la commune a informé M. C que la décision d'attribution à bail ne serait retirée que lorsqu'il satisferait aux demandes complémentaires de renseignements sur son exploitation qui lui ont été adressées en juillet 2022. M. C et l'Earl de la Scheer demandent au tribunal l'annulation de la décision d'attribution à bail à M. B, ensemble la décision portant rejet du recours gracieux.
Sur la recevabilité :
2. En premier lieu, la commune de Niedernai fait valoir que ni M. C, ni l'Earl de la Scheer dont il est le gérant n'ont d'intérêt à agir contre la décision du 27 juillet 2022 attribuant à bail les parcelles agricoles de la commune, dès lors qu'ils n'ont pas participé à la procédure de mise en concurrence organisée par la commune.
3. S'il ressort des pièces du dossier que le courrier de candidature adressé à la commune le 19 octobre 2021 ne mentionne que M. C, et non l'Earl de la Scheer dont il est le gérant, le requérant justifie, par la production de ce même courrier, avoir présenté sa candidature. Dans ces conditions, la commune ne saurait soutenir que M. C n'a pas d'intérêt à agir à l'encontre de la décision du 27 juillet 2022, et la fin de non-recevoir qu'elle oppose à cet égard ne peut être accueillie.
4. En second lieu, la commune de Niedernai soutient que la décision du 24 octobre 2022 ne fait pas grief à M. C, dès lors que le maire n'a pas rejeté son recours gracieux mais conditionné le retrait de la décision du 27 juillet 2022 portant attribution des baux à la présentation de renseignements complémentaires de la part du requérant.
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté un recours gracieux sollicitant le retrait de la décision attribuant à bail des parcelles communales à M. B, et que la commune, en réponse, n'a pas fait droit à sa demande et a conditionné le retrait de la décision à une réponse à sa demande de renseignements complémentaires. Cette décision, en ce qu'elle refuse de faire droit à la demande de M. C, constitue ainsi une décision de rejet du recours gracieux de l'intéressé et, en conséquence, lui fait grief.
6. La seconde fin de non-recevoir opposée par la commune de Niedernai ne saurait donc être davantage accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque le bailleur est une personne morale de droit public, le bail peut être conclu soit à l'amiable, soit par voie d'adjudication. () / Quel que soit le mode de conclusion du bail, une priorité est réservée aux exploitants qui réalisent une installation en bénéficiant de la dotation d'installation aux jeunes agriculteurs ou, à défaut, aux exploitants de la commune répondant aux conditions de capacité professionnelle et de superficie visées à l'article L331-2 du présent code, ainsi qu'à leurs groupements ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le propriétaire de terres agricoles destinées à être données à bail est une personne morale de droit public, l'organe délibérant, en présence de plusieurs demandes concurrentes d'attribution du bail, doit procéder à un choix en respectant les procédures et l'ordre de priorité qu'elles prévoient.
8. M. C soutient qu'en sa qualité de jeune agriculteur, il était prioritaire au regard des dispositions de cet article. La commune de Niedernai soutient que faute d'avoir répondu aux demandes de renseignements complémentaires relatifs à son exploitation, M. C ne peut être regardé comme ayant régulièrement candidaté à l'attribution à bail des parcelles communales.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté sa candidature à l'attribution des parcelles agricoles de la commune de Niedernai par un courrier du 19 octobre 2021, lequel mentionnait sa qualité de jeune agriculteur et rappelait la priorité dont il devait bénéficier au titre de l'article L. 411-15 précité du code rural. Il n'est pas contesté que les parcelles disponibles ont été attribuées à plusieurs exploitants, dont M. B, ce dernier ne bénéficiant pas, à la date de la décision contestée, de la dotation jeune agriculteur.
10. Il résulte des dispositions précitées que la décision portant attribution des parcelles à M. B méconnait la priorité donnée aux exploitants justifiant du statut de jeune agriculteur, tel que M. C.
11. Au surplus, la commune de Niedernai ne pouvait évincer la candidature du requérant au seul motif que celui-ci n'a pas fourni les informations qui lui avaient été demandées, dès lors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit l'obligation de présenter ces éléments, et que le refus de M. C de les communiquer ne pouvait, en conséquence, faire obstacle à la priorité donnée aux jeunes agriculteurs, qui est d'ordre public.
12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance du droit de priorité institué par les dispositions de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime doit être accueilli. Il y a dès lors lieu, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, d'annuler la décision du 27 juillet 2022 par laquelle la commune de Niedernai a attribué des parcelles communales à bail à M. B ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 24 octobre 2022 par laquelle la commune de Niedernai a rejeté le recours présenté par M. C contre la décision initiale du 27 juillet 2022.
Sur les frais d'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Niedernai le versement d'une somme de 1 500 euros à payer à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante, le versement d'une somme à la commune de Niedernai sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 27 juillet 2022 de la commune de Niedernai est annulée en ce qu'elle attribue la parcelle n° 79 section 73 à M. B.
Article 2 : La commune de Niedernai versera à M. D C une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la commune de Niedernai et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Faessel, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
X. FAESSEL
La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026