mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2208711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | SCP HELLENBRAND & MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 décembre 2022, le 9 mai 2023, le 16 juin 2023 et le 29 juin 2023, Mme B D A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'ordonner au syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et à la commune de Rémelfang d'entreprendre des fouilles afin de déterminer la provenance de l'eau qui s'infiltre dans son habitation située 44 rue principale à Rémelfang ;
2°) d'ordonner au syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et à la commune de Rémelfang de réaliser des travaux afin de faire cesser les infiltrations.
Elle soutient que :
- l'eau qui s'infiltre dans son habitation provient du domaine public ;
- des travaux doivent être réalisés par la commune et le syndicat des eaux afin de faire cesser les infiltrations.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mars et 5 avril 2023, le syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la commune de Rémelfang n'est pas adhérente au syndicat ;
- les infiltrations ne lui sont pas imputables.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 juin 2023 et le 29 juin 2023, la commune de Rémelfang, représentée par la SCP Hellenbrand et Martin, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D A la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, à ce que Mme D A procède au versement de l'allocation provisionnelle en cas d'expertise.
Elle fait valoir que :
- il n'y a pas lieu d'ordonner une expertise ;
- les infiltrations ne lui sont pas imputables ;
- les autres demandes ne sont pas fondées.
Par une ordonnance du 3 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 août 2023.
Par une lettre du 12 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné au syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et à la commune de Rémelfang de réaliser des travaux aux fins de déterminer l'origine des infiltrations et de les faire cesser, dès lors que de telles conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à des personnes publiques de prendre les mesures de nature à mettre fin au dommage ou à en pallier les effets, ne peuvent être présentées qu'en complément de conclusions indemnitaires.
Des pièces, présentées par Mme A, ont été enregistrées le 16 septembre 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme de A, propriétaire d'une maison d'habitation située au 44 rue principale de la commune de Rémelfang, demande au tribunal d'ordonner au syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et à la commune de Rémelfang, d'une part, d'entreprendre des fouilles afin de déterminer la provenance de l'eau qui s'infiltre dans son habitation et d'autre part, de réaliser des travaux afin de faire cesser les infiltrations.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
2. La personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement. Elle peut également, lorsqu'elle établit la persistance du comportement fautif de la personne publique responsable et du préjudice qu'elle lui cause, assortir ses conclusions indemnitaires de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets. De telles conclusions à fin d'injonction ne peuvent être présentées qu'en complément de conclusions indemnitaires.
3. En l'espèce, il résulte des termes de sa requête que Mme D A se borne à demander au tribunal d'enjoindre au syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et à la commune de Rémelfang de réaliser des fouilles et des travaux afin de mettre fin aux désordres dont elle se plaint, consistant en des infiltrations d'eau dans sa maison d'habitation. Eu égard à ce qui a été dit au point 2, de telles conclusions à fin d'injonction, qui ne sont pas présentées en complément de conclusions indemnitaires, sont irrecevables et ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties. ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre d'une personne morale de droit public d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge la réalité du préjudice subi et le lien de causalité entre ces préjudices et le fait de l'administration. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
5. A supposer que Mme D A puisse être regardée comme sollicitant, avant-dire droit, une expertise aux fins de déterminer l'origine des désordres affectant sa maison d'habitation, il résulte de ce qui précède que de telles conclusions, formulées à l'appui de conclusions à fin d'injonction irrecevables, ne peuvent qu'être rejetées, dès lors que l'expertise ainsi sollicitée serait dépourvue de tout caractère utile à la résolution du litige.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Rémelfang présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Rémelfang présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D A, au syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et à la commune de Rémelfang.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Claude Carrier, président,
M. Thomas Gros, premier conseiller,
Mme Vanessa Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
C. C
L'assesseure la plus ancienne,
H. BRONNENKANT
La greffière,
S. SIAMEY
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026