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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2300044

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2300044

lundi 13 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2300044
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique (6)
Avocat requérantGRÜN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 4 janvier 2023 sous le n° 2300044, Mme K, représentée par Me Grün, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le préfet de la Moselle lui a retiré son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou subsidiairement une autorisation provisoire de séjour, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;

4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, ou, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 900 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile est entaché d'un défaut de motivation :

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car les voies de recours ne sont pas expirées ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée de défaut d'examen préalable et particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle n'a pas été entendue avant l'intervention de la mesure d'éloignement, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne et des dispositions du 2° de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car elle aurait dû bénéficier d'un délai supérieur à trente jours ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A D ne sont pas fondés.

II°) Par une requête enregistrée le 4 janvier 2023 sous le n° 2300045, Mme L, représentée par Me Grün, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le préfet de la Moselle lui a retiré son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou subsidiairement une autorisation provisoire de séjour, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;

4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, ou, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 900 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile est entaché d'un défaut de motivation :

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car les voies de recours ne sont pas expirées ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée de défaut d'examen préalable et particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle n'a pas été entendue avant l'intervention de la mesure d'éloignement, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne et des dispositions du 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car elle aurait dû bénéficier d'un délai supérieur à trente jours ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme J D ne sont pas fondés.

III°) Par une requête enregistrée le 4 janvier 2023 sous le n° 2300046, Mme F D née E, représentée par Me Grün, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le préfet de la Moselle lui a retiré son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou subsidiairement une autorisation provisoire de séjour, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;

4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, ou, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 900 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile est entaché d'un défaut de motivation :

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car les voies de recours ne sont pas expirées ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée de défaut d'examen préalable et particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle n'a pas été entendue avant l'intervention de la mesure d'éloignement, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne et des dispositions du 2° de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car elle aurait dû bénéficier d'un délai supérieur à trente jours ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme F D née E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F D née E, ressortissante serbe, est entrée en France la dernière fois le 17 janvier 2017 avec ses enfants. Elle a présenté le 1er février 2017 une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis une demande de réexamen le 2 novembre 2020 qui a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 16 novembre 2020 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 19 mars 2021. Mme J D et Mme A D, ses filles, sont entrées en France avec leur mère et ont vu leurs demandes de réexamen de leurs demandes d'asile rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 16 novembre 2020 et confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 19 mars 2021 en même temps que celle de leur mère dès lors qu'elles étaient mineures à la date des décisions. Par les arrêtés attaqués en date du 23 décembre 2022, le préfet de la Moselle leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

2. Les requêtes n° 2300044, 2300045 et 2300046 sont relatives à la situation des membres d'une même famille au regard de leur droit au séjour et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme F D née E, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. En revanche, les demandes de Mme A D et Mme J D ne sont pas admises.

Sur la compétence de l'auteur de l'arrêté attaqué :

4. Par un arrêté du 21 octobre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. C H, directeur adjoint immigration et intégration de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à cette direction, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées et en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme G I, adjointe au chef du bureau de l'éloignement et de l'asile, à l'effet de signer les décisions relevant de ce bureau, parmi lesquelles comptent les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Il n'est ni établi, ni même allégué par les requérantes que M. H n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme I, signataire de la décision en litige, doit être écarté.

Sur la légalité du retrait de l'attestation de demande d'asile :

5. Les requérantes demandent l'annulation des décisions portant retrait des attestations de demandes d'asile. Toutefois, il ressort de la lecture desdites décisions que le préfet de la Moselle ne fait que constater que les intéressées " ne bénéficient pas du droit de se maintenir en France " sans retirer ou abroger de quelconques attestations de demandes d'asile dont elles ne sont pas titulaires dès lors que la dernière procédure les concernant porte sur une seconde demande de réexamen de leurs demandes d'asile. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait des attestations de demandes d'asile doivent être rejetées.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). ".

7. Il est constant que la qualité de réfugié a été définitivement refusée à aux requérantes par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile en date du 19 mars 2021. Le préfet de la Moselle pouvait ainsi, sans entacher sa décision d'erreur de droit, leur faire obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées.

8. En deuxième lieu, les décisions attaquées sont suffisamment motivées en fait et en droit.

9. En troisième lieu, dans le cas prévu au 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français fait suite au refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire à l'étranger et à l'absence du bénéfice du droit de se maintenir sur le territoire français en application, en l'espèce, du 7° de l'article L. 743-2. Le droit d'être entendu n'implique pas, dans ce cas, que l'administration ait l'obligation de mettre les intéressées à même de présenter leurs observations de façon spécifique en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il est amené à prendre à leur encontre, dès lors qu'elles ont déjà été entendues, comme en l'espèce, dans le cadre de sa demande d'asile. Par suite, le moyen soulevé tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu issu des principes généraux tels qu'énoncés au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

10. En l'espèce, les décisions portant obligation de quitter le territoire ont été prises sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet des demandes d'asile des requérantes, de sorte que l'administration n'avait pas à les mettre à même de présenter spécifiquement des observations sur cette mesure. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les requérantes auraient été privées de la possibilité de présenter des éléments pertinents susceptibles d'avoir une influence sur le contenu des décisions en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

11. En quatrième lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées que le préfet de la Moselle a procédé à l'examen particulier de la situation de la famille D et les requérantes n'allèguent pas avoir porté à la connaissance du préfet des éléments nouveaux relatifs à leur situation personnelle. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de leur situation au regard de ces dispositions doit être écarté.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Si Mmes D soutiennent être entrées sur le territoire le 17 janvier 2017, être sans attaches dans leur pays d'origine, et que Mmes A et J D soutiennent être scolarisées et parler français, elles n'apportent aucun élément à l'appui de ces allégations. Par suite, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les décisions portant obligation de quitter le territoire français porterait à leurs droits au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Elles n'ont pas davantage méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

14. D'une part, les décisions sont suffisamment motivées.

15. D'autre part, il ressort de la lecture des décisions attaquées que le préfet de la Moselle a estimé que la situation de Mmes D ne justifiaient pas qu'un délai supérieur leurs soit accordé à titre exceptionnel. Il s'ensuit que les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation en leur accordant le seul délai légal de départ volontaire fixé à trente jours par les dispositions précitées.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

16. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; (). / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

17. En premier lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

18. En second lieu, les requérantes, qui se bornent à soutenir qu'elles courent un risque de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Serbie, ne produisent aucun élément de nature à établir qu'elles seraient personnellement exposées à un risque réel, direct et sérieux pour leur vie ou leur liberté en cas de retour dans leur pays d'origine ou qu'elles courraient le risque d'être soumis à un traitement contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Leurs demandes d'asile ont, d'ailleurs, été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile y compris après deux réexamens. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées auraient été prises en violation des stipulations précitées ne peut qu'être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mmes D tendant à l'annulation des arrêtés du préfet de la Moselle en date du 23 décembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme F D née E est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Mmes A et J D ne sont pas admises à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mmes D est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D née E, à Mme A D, à Mme J D à Me Grün et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2023.

La magistrate désignée,

M.-L. B

Le greffier,

P. SOUHAIT

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme.

Le greffier,

N°s2300044, 2300045, 2300046ad

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