vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2300408 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2023, M. A D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2023 par lequel la préfète de la Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
M. D fait valoir que sa famille réside en France.
La préfète de la Loire, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense dans le cadre de la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par un courrier, enregistré le 31 janvier 2023, la préfète de la Loire a informé le tribunal, en application de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. D, incarcéré à la maison d'arrêt de Mulhouse-Lutterbach, était susceptible d'être libéré avant qu'il ne soit statué sur sa requête.
Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Michel, magistrat désigné ;
- les observations de Me Bloch, avocate de M. D, qui fait valoir que son client vit en France depuis 2016, que son épouse et ses enfants résident à Saint-Etienne et que, bien que titulaire d'un passeport serbe, il est ressortissant du Kosovo ;
- M. D, assisté de M. C, interprète en langue rom, qui décrit sa situation et son parcours.
La préfète de la Loire, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, de nationalité serbe, né en 1991, est actuellement incarcéré à la maison d'arrêt de Mulhouse-Lutterbach. Par un arrêté du 10 janvier 2023, dont le requérant demande l'annulation, la préfète de la Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé son pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / () ". L'article L. 614-6, applicable aux mesures d'éloignement non assorties d'un délai de départ volontaire, prévoit qu'il est statué sur le recours " selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5 ". Il ressort de l'article L. 614-4 du code, applicable aux décisions portant obligation de quitter le territoire français prises en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 que le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine.
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 614-15 du même code, applicable aux étrangers détenus : " Les dispositions des articles L. 614-4 à L. 614-6 sont applicables à l'étranger détenu. / Toutefois, lorsqu'il apparaît, en cours d'instance, que l'étranger détenu est susceptible d'être libéré avant que le juge statue, l'autorité administrative en informe le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné. Il est alors statué sur le recours dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français selon la procédure prévue aux articles L. 614-9 à L. 614-11 et dans un délai de huit jours à compter de l'information du tribunal par l'autorité administrative ". Enfin, aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative applicable en l'espèce, compte tenu de la date prévisionnelle de libération de M. D : " (), lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire ".
4. Il résulte de ce qui précède qu'en raison de la date de libération prévisionnelle de M. D, il y a lieu pour le magistrat désigné, statuant selon la procédure des articles L. 614-9 à L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de se prononcer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 10 janvier 2023 par lesquelles la préfète de la Loire a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de trois ans. En revanche, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du même jour lui refusant le renouvellement de son titre de séjour demeurent de la compétence de la formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée que, pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. D et lui faire obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Loire a retenu que les quatre condamnations prononcées à l'encontre de l'intéressé ainsi que les nombreuses mises en cause dont il a fait l'objet, mentionnées au fichier de traitement des antécédents judiciaires, principalement pour vols et violences, révélaient que son comportement constitue une menace pour l'ordre public.
6. M. D, entré en France, selon ses déclarations, en 2016, se prévaut de la présence sur le territoire français de son épouse, réfugiée statutaire de nationalité kosovare, et de ses deux enfants. Toutefois, son avocat a admis à la barre qu'il n'avait plus de contact avec eux depuis son incarcération. Dans ces conditions, et eu égard au surplus à la menace persistante pour l'ordre public que constitue le comportement de M. D, c'est à bon droit que la préfète de la Loire a décidé son éloignement du territoire français.
7. En second lieu, il est constant que M. D est titulaire d'un passeport serbe. S'il a contesté à l'audience avoir la nationalité serbe et soutenu être ressortissant du Kosovo, il n'appuie ces allégations d'aucun commencement de preuve. Par suite, il n'est pas fondé à critiquer la décision par laquelle la préfète de la Loire a fixé comme pays de renvoi la Serbie, dont il a la nationalité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation des décisions du 10 janvier 2023 par lesquelles la préfète de la Loire lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 :Les conclusions dirigées contre la décision portant refus de séjour contenue dans l'arrêté du 10 janvier 2023 de la préfète de la Loire sont renvoyées à l'examen d'une formation collégiale et réservées jusqu'en fin d'instance.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la préfète de la Loire.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023
Le magistrat désigné,
C. BLe greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026