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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2300632

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2300632

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2300632
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (4)
Avocat requérantHAMZA-SANCHEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 28 janvier, 13 février et 17 février 2023 sous le n° 2300632, Mme A F, représentée par Me Hamza-Sanchez, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2023 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 750 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est intervenue en méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de la défense et de la bonne administration ;

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français pendant la durée de l'examen de sa demande par la Cour nationale du droit d'asile.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 et 16 février 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 28 janvier et 13 février 2023 sous le n° 2300636, M. D B représenté par Me Hamza-Sanchez, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2023 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 750 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il se prévaut des mêmes moyens que ceux exposés au soutien de la requête n° 2300632.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 et 16 février 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme E C a été entendu au cours de l'audience publique.

Le préfet de la Moselle, Mme F et M. B n'étaient ni présents ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2300632 et 2300636, présentées Mme F et M. B, sont relatives à la situation d'un couple de ressortissants étrangers au regard de leur droit au séjour et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme F et M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Dans l'hypothèse prévue au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié a été refusée à l'étranger et découle donc nécessairement du rejet de sa demande d'asile. Dans cette situation, le droit d'être entendu n'implique pas que l'autorité administrative ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande d'asile.

4. En l'espèce, les décisions portant obligation de quitter le territoire en litige ont été prises sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après les rejets des demandes d'asile des requérants, ressortissants d'un pays d'origine sûr, par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 27 septembre 2022, de sorte que l'administration n'avait pas à les mettre à même de présenter spécifiquement des observations sur ces mesures. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces des dossiers que Mme F et M. B auraient été privés de la possibilité de présenter des éléments pertinents susceptibles d'avoir une influence sur le contenu des décisions en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des termes même des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort également des termes des décisions attaquées que le préfet de la Moselle a procédé à l'examen particulier de la situation des requérants qui n'allèguent pas avoir porté à sa connaissance des éléments nouveaux relatifs à leur situation personnelle. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de leur situation doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Mme F et M. B, ressortissants géorgiens, sont entrés sur le territoire français en mars 2022, soit depuis moins de dix mois à la date des décisions attaquées. S'ils soutiennent qu'ils ont établi leur vie privée et familiale en France, la seule production d'un certificat de scolarité pour leur fille ne permet pas d'établir l'existence de liens particuliers avec la France. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de séjour des requérants, le préfet, en adoptant les décisions attaquées, n'a pas porté au droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation.

7. En cinquième lieu, Mme F et M. B soutiennent que les décisions attaquées méconnaissent l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, en ce qu'elles portent atteinte à l'intérêt supérieur de leur fille. Toutefois, les décisions contestées n'ont pas pour objet ni pour effet de séparer les requérants de leur fille qui a vocation à demeurer auprès de ses parents. Il n'est enfin établi par aucun élément que celle-ci ne pourrait poursuivre sa scolarité en Géorgie. En outre, s'ils soutiennent qu'elle a développé des troubles du comportement du fait des menaces de morts et traitement dégradant que subissait son père, ils n'apportent aucun élément à l'appui de leurs allégations. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur la légalité des décisions fixant le délai de départ volontaire :

6. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

7. En premier lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

8. En deuxième lieu, il ressort des termes même des décisions attaquées que le préfet de la Moselle a estimé que la situation de Mme F et de M. B ne justifiait pas qu'un délai supérieur leur soit accordé à titre exceptionnel. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit en leur accordant le délai légal de départ volontaire fixé à trente jours par les dispositions précitées.

9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement et alors que les requérants ne font état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours leur soit accordé, Mme F et M. B ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leur situation.

Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; (). / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

12. Mme F et M. B, qui se bornent à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent les articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne produisent aucun élément de nature à établir qu'ils seraient personnellement exposés à un risque réel, direct et sérieux pour leur vie ou leur liberté en cas de retour dans leur pays d'origine ou qu'ils courraient le risque d'être soumis à un traitement contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Leurs demandes d'asile ont, d'ailleurs, été rejetées en procédure accélérée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées auraient été prises en violation des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité des décisions portant interdiction de retour :

13. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français.

Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

14. En premier lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont par suite suffisamment motivées.

15. En second lieu, pour justifier l'adoption d'une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de Mme F et de M. B pour une durée d'un an, le préfet de la Moselle a tenu compte, notamment, de la durée de leur séjour, de leur absence de liens intenses et stables en France, de l'absence de circonstances humanitaires particulières. Dès lors, alors même que les requérants ne constituent pas une menace à l'ordre public et qu'ils n'ont jamais été condamnés pour avoir commis un délit ou un crime, le préfet, en prononçant à leur encontre des décisions portant interdiction de retour d'une durée d'un an, n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Pour ces mêmes motifs et ceux énoncés au point 5 du présent jugement, ils ne sont pas davantage fondés à soutenir que les décisions attaquées méconnaîtraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

16. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ".

17. En l'état des dossiers, Mme F et M. B ne présentent pas d'éléments sérieux de nature à justifier leur maintien sur le territoire durant l'examen des recours qu'ils ont formé devant la Cour nationale du droit d'asile. Leurs conclusions aux fins de suspension doivent par suite être rejetées.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme F et de M. B tendant à l'annulation des arrêtés du préfet de la Moselle en date du 9 janvier 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi

du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme F et M. B sont admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, à M. D B et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.

La vice-présidente désignée,

J. C

La greffière,

P. Kieffer

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2300632, 2300636

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