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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2300884

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2300884

jeudi 23 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2300884
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCHWEITZER

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 9 février 2023 sous le numéro 2300884, M. B C, représenté par Me Schweitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle n'a pas procédé à l'examen individuel de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par la voie de l'exception ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée ;

Sur l'assignation à résidence :

- elle est illégale par la voie de l'exception.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 9 février 2023 sous le numéro 2300885, Mme A C, représentée par Me Schweitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle n'a pas procédé à l'examen individuel de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par la voie de l'exception ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée ;

Sur l'assignation à résidence :

- elle est illégale par la voie de l'exception.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Duez-Gündel, magistrat désigné ;

- les observations de Me Airiau, substituant Me Schweitzer, avocate de M. et Mme C, absents à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes, par les mêmes moyens, et formule de nouvelles conclusions tendant à la suspension des obligations de quitter le territoire français en litige, ainsi qu'un moyen tiré de ce que les décisions portant assignation à résidence sont illégales en tant qu'elles prévoient leur tacite reconduction.

Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les affaires enregistrées sous les numéros 2300884 et 2300885 concernent la situation d'époux et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

2. M. et Mme C, ressortissants arméniens respectivement nés le 28 décembre 1991 et le 12 février 1990, sont entrés en France le 8 mai 2022 selon leurs déclarations. Leur demande d'asile a été rejetée par l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 8 septembre 2022. Par des arrêtés du 7 février 2023, le préfet du Haut-Rhin les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par des arrêtés du même jour, il les a également assignés à résidence. Par les recours qu'ils forment, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler les arrêtés du 7 février 2023.

Sur les obligations de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de leur motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet du Haut-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle des requérants.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

6. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers que M. et Mme C ne résidaient sur le territoire français que depuis neuf mois à la date des décisions en litige. Par ailleurs la durée de leur séjour est en grande partie liée à l'examen de leur demande d'asile qui a été rejeté par l'OFPRA en septembre 2022. De même, leurs deux enfants mineurs, nés en 2015 et en 2019, ont nécessairement vocation à les accompagner en cas de retour en Arménie, où ils ont grandi et où ils pourront poursuivre leur scolarité. Il n'est ainsi pas établi que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans ce pays. Enfin, il ressort des déclarations faites par les requérants devant l'OFPRA qu'ils ne sont pas dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine où résident les parents et l'un des frères de M. C ainsi que trois des sœurs de Mme C. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. et Mme C une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel les décisions en litige ont été prises, ni n'a méconnu l'intérêt supérieur de leurs enfants. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

Sur les décisions fixant le pays de destination :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les obligations de quitter le territoire français en litige ne sont pas illégales. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions fixant le pays de destination doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Par ailleurs, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

9. Les requérants font valoir que M. C exerçait les fonctions d'inspecteur du service des passeports et visas aux postes frontières du Haut-Karabagh, qu'il a été menacé pour avoir critiqué la conscription lors du début du conflit de 2020 et pour avoir signalé à sa hiérarchie un incident survenu au poste frontière en octobre 2020, qu'il a démissionné de ses fonctions en novembre 2020, qu'il a été la cible d'une agression physique de la part d'individus dont il avait tenté d'empêcher la sortie du Haut-Karabagh pendant le conflit, qu'il a menacé ses supérieurs hiérarchiques de dévoiler des malversations dont il avait été témoin, et qu'il a été retenu plusieurs jours dans les sous-sols du ministère de l'intérieur arménien en mai 2022. Toutefois les requérants n'assortissent leurs allégations d'aucun élément susceptible de les corroborer, ni ne produisent aucune pièce permettant d'établir qu'ils seraient personnellement menacés en cas de retour en Arménie. Par ailleurs, il est constant que l'OFPRA, dont il n'est pas établi qu'il n'aurait pas eu connaissance des éléments susmentionnés, a rejeté leur demande d'asile par deux décisions du 8 septembre 2022. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions et stipulations précitées ne peut qu'être écarté.

Sur les conclusions à fin de suspension des obligations de quitter le territoire français :

10. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci "

11. En l'espèce, les requérants n'apportent aucun élément de nature à justifier leur maintien sur le territoire français durant l'examen de leurs recours par la Cour nationale du droit d'asile. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces des dossiers que de tels recours auraient été introduits par les intéressés, à la date de l'audience, contre les décisions de l'OFPRA du 8 septembre 2022 qu'ils versent à l'instance. Par suite, les conclusions formulées à l'audience tendant à la suspension des mesures d'éloignement prises à l'encontre de M. et Mme C le 7 février 2023 jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur leur recours ne peuvent pas être accueillies.

Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte des points précédents que les moyens formulés par les requérants contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français ont été écartés. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de celles portant interdiction de retour doit également être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

14. En l'espèce, eu égard aux conditions de séjour de M. et Mme C, en particulier à leur entrée très récente sur le territoire et à leur absence de liens intenses et stables avec la France, il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'en édictant des interdictions de retour à leur encontre et en fixant à un an sur les deux années possibles la durée de ces mesures, le préfet du Haut-Rhin aurait pris des décisions disproportionnées par rapport au but en vue duquel elles ont été prises, ou les aurait entachées d'erreur d'appréciation. Le moyen doit donc être écarté.

Sur les décisions portant assignation à résidence :

15. En premier lieu, il résulte des points précédents que les moyens formulés par les requérants contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français ont été écartés. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de celles portant assignation à résidence doit également être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

17. Il résulte des dispositions précitées que le renouvellement de la mesure d'assignation à résidence nécessite une décision expresse, prise au vu des circonstances de droit et de fait existant à la date de son édiction. Par suite, les décisions attaquées, en tant qu'elles prévoient le renouvellement tacite des mesures d'assignation à résidence, sont entachées d'une erreur de droit. Il y a dès lors lieu d'annuler les arrêtés du 7 février 2023 portant assignation à résidence en tant seulement qu'ils ont prévu, en leur article 5, le renouvellement tacite des mesures d'assignation.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C sont seulement fondés à demander l'annulation des arrêtés du 7 février 2023 portant assignation à résidence en tant qu'ils prévoient le renouvellement tacite de ces mesures.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Les conclusions aux fins d'injonction doivent par suite être rejetées.

Sur les frais d'instance :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les requérants au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1 : Les arrêtés du 7 février 2023 portant assignation à résidence sont annulés en tant qu'ils prévoient le renouvellement tacite de ces mesures.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. et Mme C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A C, à Me Schweitzer et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Mulhouse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

Le magistrat désigné,

C. DLa greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

Nos 2300884, 2300885

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