mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301000 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIAMONEKA-LEBEAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2023, M. B A C, actuellement détenu à la maison d'arrêt de Sarreguemines, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an.
Il soutient que :
- il vit en France depuis l'âge de dix ans, et l'ensemble de sa famille vit sur le territoire français ;
- il dispose d'une expérience professionnelle et démontre ainsi son intégration sociale ;
- il regrette les infractions commises.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que la requête est tardive, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application des dispositions de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pouget-Vitale, magistrat désigné ;
- les observations de Me Diamoneka-Lebeault, avocate de M. A C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et soutient, en outre, que l'arrêté est insuffisamment motivé en ce qu'il ne détaille pas suffisamment la situation personnelle de M. A C, et que le requérant vit en France depuis dix ans, où il dispose de solides attaches privées et familiales ;
- les observations de Me Morel, représentant le préfet de la Moselle, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A C, qui affirme ne jamais avoir reçu la notification des voies et délais de recours ; qu'il ne dispose d'aucune attache en Italie, alors que tous les membres de sa famille vivent en France, et qu'il entretient une relation amoureuse depuis deux ans.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant italien né en 2003, est entré en France en 2013 selon ses déclarations. Par jugement du 17 décembre 2021, le tribunal correctionnel de Sarreguemines l'a condamné à une peine de trois mois d'emprisonnement délictuel pour des faits d'abus de confiance, de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, de refus d'obtempérer et de conduite sans permis de conduire. Cette peine a été mise à exécution à compter du 6 décembre 2022, et M. A C a, dans l'intervalle, été condamné le 13 janvier 2023 par le tribunal correctionnel de Metz à une peine de deux mois d'emprisonnement délictuel pour des faits de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité. Par un arrêté du 24 janvier 2023, le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français, pour une durée d'un an. M. A C devant être libéré le 20 mars 2023, il y a lieu, pour le magistrat désigné, de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C, selon la procédure prévue aux articles L. 614-9 à L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, selon l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les dispositions des articles L. 614-4 à L. 614-6 sont applicables à l'étranger détenu. " Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 () ne sont susceptibles d'aucune prorogation ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux a été notifié à M. A C par voie administrative le 24 janvier 2023 à 16h45, par le service du greffe de la maison d'arrêt de Sarreguemines. La notification de cet arrêté, qui mentionne que M. A C a refusé de le signer, a été effectuée dans la langue française, que le requérant comprend, et comportait en quatrième page une mention complète et exacte des voies et délais de recours mentionnés précédemment. Si le requérant soutient ne pas avoir reçu le 24 janvier 2023 cet arrêté et l'information concernant les voies et délais de recours, il n'apporte aucun élément factuel permettant de douter de l'exactitude des mentions apposées par le service du greffe de la maison d'arrêt. La présente requête a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Strasbourg le 14 février 2022 à 8h30, soit postérieurement au délai de quarante-huit heures dont disposait l'intéressé conformément aux dispositions citées précédemment, étant précisé que le requérant n'établit ni même n'allègue avoir sollicité en vain le greffe de la maison d'arrêt pour contester l'arrêté du 24 janvier 2023 avant cette date.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A C enregistrée au greffe du tribunal administratif après l'expiration du délai de quarante-huit heures prévu par l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est irrecevable en raison de sa tardiveté. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le magistrat désigné,
V. DLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026