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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2301296

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2301296

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2301296
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJU MW (3)
Avocat requérantROUSSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 février 2023, M. C B, représenté par Me Roussel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision n'est pas motivée

- la décision attaquée n'est pas justifiée compte tenu de sa vulnérabilité et de l'absence de menace à l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le préfet du Haut Rhin conclut au rejet de la requête :

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. A D en application des articles L. 222-2-1 du code de justice administrative et L. 614-5 (3e alinéa) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 mars 2023 à 14h30 :

- le rapport de M. A D, magistrat-désigné ;

- les observations de Me Carraud, substituant Me Roussel, représentant M. B absent.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

1. En premier lieu, la décision attaquée comporte, contrairement à ce qui est soutenu, les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée.

2. En deuxième lieu, M. B, de nationalité ivoirienne, né en 2003, est entré en France le 29 mai 2019 selon ses déclarations. Il y vit isolé et de manière précaire sans ressources pérennes ni logement stable. Il n'établit pas avoir de la famille en France ni ne plus avoir aucunes relations privées ou familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale et n'a ainsi pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

3. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire qui n'a pas, en elle-même, pour effet de fixer le pays de destination de l'éloignement.

Sur la décision fixant le pays de destination :

4. M. B, qui au demeurant s'est vu opposer un rejet de sa demande de protection internationale par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte pas, dans la présente instance, d'éléments probants de nature à établir la réalité des risques personnels qu'il courrait en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L.513-2 devenu L.721-4, 5e alinéa, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur l'interdiction de retour :

5. En premier lieu, la décision comporte, contrairement à ce qui est soutenu les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée.

6. En second lieu, le requérant ne peut soutenir qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public alors qu'il a été, notamment, condamné au paiement d'amendes contraventionnelle pour des faits de violences et d'outrages sexistes. Par ailleurs, il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, sa présence en France est récente et il n'a aucun liens stables et intenses sur le territoire. De plus, le requérant ne justifie pas qu'il serait particulièrement vulnérable. La décision n'est, par suite, entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation et, par voie de conséquence, à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

Le magistrat désigné,

M. DLe greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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