mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ARAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 3 et 14 mars 2023, M. B E D, représenté par Me Arab, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin en date du 3 mars 2023 en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai, qu'il fixe le pays de destination et qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'illégalité, dès lors que sa présence ne constitue pas à nouveau une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La préfète du Bas-Rhin a informé le tribunal, en application des dispositions de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. E D, incarcéré au centre de détention d'Oermingen, était susceptible d'être libéré avant qu'il soit statué sur sa requête.
Le président du tribunal a désigné M. G en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Therre, magistrat désigné ;
- les observations de Me Arab, avocat de M. E D, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient en outre que si le statut de réfugié lui a été retiré, il subit toujours des menaces dans son pays d'origine, qui avaient justifié l'octroi du statut de réfugié en 2018, et que sa présence en France ne représente plus une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a purgé sa peine ;
- les observations de M. E D, assisté de M. H, interprète en langue arabe, qui expose avoir subi des menaces et des traitements inhumains et dégradants au Soudan, où il a été arrêté par des militaires, emprisonné et torturé, être parvenu à s'enfuir du Soudan pour rejoindre la France en passant par la Libye, avoir rencontré des difficultés en France liées notamment à sa consommation d'alcool, et avoir été récemment informé de la persistance de menaces graves dans son pays d'origine et plus particulièrement dans son village où une attaque récente a fait 200 victimes.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la compétence du signataire de l'arrêté contesté :
1. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre suivant, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. A I, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes et décisions relevant des attributions dévolues à cette direction, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions en litige et, en cas d'absence ou d'empêchement, à M. C F, chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que M. I n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la signature de l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision contestée, qui fait apparaître les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée. Par ailleurs, M. E D ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux décisions de transfert, à l'encontre d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut être accueilli.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E D avant de prononcer à l'encontre de l'intéressé la décision attaquée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Il est constant que M. E D, ressortissant soudanais né en 1992, est célibataire et sans enfant. Il admet être dépourvu d'un emploi et d'une adresse stable, étant incarcéré depuis 2021. Par ailleurs, il ne démontre pas être intégré à la société française depuis son entrée sur le territoire en 2016, dès lors qu'il a été condamné à quatre peines d'emprisonnement entre 2019 et 2022, notamment pour des faits de violence aggravée, de vol avec violence et de rébellion et dégradation ou détérioration de bien destiné à l'utilité publique, ainsi qu'à des travaux d'intérêt général. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré d'une erreur manifestation doit également être écarté.
6. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée la décision contestée, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes () ".
8. En premier lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E D avant de prononcer à l'encontre de l'intéressé la décision attaquée.
10. En troisième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier, qu'ainsi qu'il a été dit au point 5, M. E D a été condamné à quatre peines d'emprisonnement entre 2019 et 2022 pour avoir commis des faits d'une gravité certaine. Aussi, son comportement est de nature à constituer une menace pour l'ordre public, alors même qu'il termine de purger la dernière peine, celle-ci étant récente. D'autre part, il admet être dépourvu d'une résidence effective. Par suite, la préfète du Bas-Rhin a pu, sans faire une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire.
11. En quatrième lieu, les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision contestée, qui ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doivent être écartés.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
12. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
13. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige et de la fiche " Telemofpra ", produite en défense, que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a accordé à M. E D le statut de réfugié, le 7 décembre 2017, puis a mis fin à ce statut en application des dispositions de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par une décision du 21 juillet 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 20 décembre 2022. Toutefois, dans le cas où une personne se voit retirer le statut de réfugié en application de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne dispose donc plus de l'ensemble des droits qui y sont associés, elle bénéficie, en revanche, d'un certain nombre de droits prévus par la convention de Genève, interprétés et appliqués dans le respect des droits garantis par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, du fait qu'elle continue d'avoir la qualité de réfugiée, en dépit de cette révocation de statut. En l'espèce, il n'est ni établi, ni allégué par la préfète du
Bas-Rhin que l'intéressé entrerait dans l'un des trois cas, limitativement définis par la convention de Genève, d'exclusion de la protection internationale au motif qu'il existe des raisons sérieuses de penser qu'il a commis des actes qui le rendent indignes de cette protection. Aussi, il appartenait à la préfète du Bas-Rhin d'examiner les droits que tire de sa qualité de réfugié, en dépit du retrait du statut de réfugié, et de prendre en compte les circonstances qui avaient justifié l'octroi d'un tel statut pour apprécier les risques d'être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Or, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin aurait pris ces circonstances en compte avant de fixer le pays à destination duquel M. E D est susceptible d'être éloigné d'office. Par suite, M. E D est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
14. En second lieu, il est constant que M. E D s'est vu, en 2017, reconnaître le statut de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en raison des craintes qu'il a exprimées, en cas de retour au Soudan, du fait des autorités. La préfète du Bas-Rhin n'établit, ni même ne soutient qu'en raison de l'évolution de la situation au Soudan, ces menaces auraient disparu. En outre, M. E D a fait état, lors de l'audience, de menaces actuelles et personnelles pour sa vie et son intégrité en cas de retour au Soudan, qui ne sont pas contredites par la préfète du Bas-Rhin. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. E D n'est pas légalement admissible dans un autre Etat que le Soudan. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin ne démontre pas que la décision fixant le pays de destination n'est pas de nature à exposer le requérant à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le risque de mauvais traitements ne pouvant être mis en balance avec les motifs qui fondent la mesure d'éloignement.
15. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision fixant le pays de destination doit être annulée.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
17. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La préfète a ainsi fait apparaître dans sa décision les différents éléments sur lesquels elle s'est fondée pour estimer, au regard des différents critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. E D pouvait faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut être qu'écarté.
18. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E D avant de prononcer l'interdiction de retour sur le territoire français en litige.
19. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés aux points 5 et 10, M. E D ne justifie pas de liens durables avec la France nonobstant la durée de son séjour, et sa présence sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public. Aussi, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin ne pouvait, sans entacher sa décision d'illégalité, prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
20. En quatrième lieu, les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision contestée, qui ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doivent être écartés.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin en date du 3 mars 2023 doit être annulé uniquement en tant qu'il fixe le pays à destination duquel M. E D est susceptible d'être éloigné d'office.
Sur les frais liés au litige :
22. En premier lieu, il appartient à l'avocat désigné d'office qui entend obtenir le versement à son profit de la somme mise à la charge de la partie perdante de formuler expressément, au besoin dans ses écritures, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle à son client si celui-ci ne l'a pas fait. Le juge ne peut décider que les sommes mises à la charge de la partie perdante seront versées à cet avocat dans les conditions prévues à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans avoir, au préalable, admis son client au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, sans préjudice de la décision définitive du bureau d'aide juridictionnelle.
23. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E D aurait déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que Me Arab, avocate désignée d'office, aurait formé une telle demande au profit de son client. Par suite, Me Arab ne peut pas se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
24. En second lieu, M. E D a été représenté à l'audience par un avocat commis d'office, Me Arab, qui figurait sur la liste des avocats de permanence désignés d'office établie par le bâtonnier. Il n'y a donc pas lieu de faire droit à ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La décision de la préfète du Bas-Rhin en date du 3 mars 2023 fixant le pays de destination est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E D, à Me Arab et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le magistrat désigné,
A. GLa greffière,
L. Cherif
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme.
La greffière,
L. Cherif
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026