lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301782 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ASSOCIÉS KARM ZAIGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 mars 2023 et 14 août 2024 et 25 décembre 2024, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler le point 1 de la délibération du 17 janvier 2023 du conseil municipal de Kintzheim relatif à la désignation de Mme B D comme secrétaire de séance ;
2°) d'annuler le point 3 de cette même délibération portant sur la décision du conseil municipal de " reprendre les activités de La Poste sous la forme d'une agence postale communale " et " d'autoriser le maire à signer tous les documents afférents à cette reprise " ;
3°) d'annuler le point 10 de cette même délibération portant sur la désignation du représentant suppléant à la commission d'appel d'offres relative à l'étude pour la lutte contre les ruissellements et les coulées boueuses à Châtenois-Kintzheim " ;
4°) d'annuler le point 11 de cette délibération concernant la révision du plan local d'urbanisme secteur Orschwiller ;
5°) d'annuler le procès-verbal rédigé par Mme D ;
6°) de mettre à la charge de la commune de Kintzheim la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la désignation de Mme D comme secrétaire de séance a été décidée à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le maire a refusé de procéder à un vote à scrutin secret en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-21 du code général des collectivités territoriales ;
- le point 3 de la délibération est entaché d'un vice de procédure au regard de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales en l'absence de communication aux élus du projet de convention entre La Poste et la commune ;
- la désignation d'un représentant suppléant à la commission d'appel d'offres Châtenois-Kintzheim a été décidée à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le maire a refusé de procéder à un vote à scrutin secret en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-21 du code général des collectivités territoriales ;
- contrairement à ce qu'indique le point 11 de la délibération en litige, le conseil municipal n'a pas donné l'autorisation de signature au maire pour signer tout contrat ou convention de prestation de service nécessaire à la mise en œuvre de la procédure de révision ni pour solliciter les subventions ou dotations qui pourraient être accordées à l'occasion de cette procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, la commune de Kintzheim, représentée par Me Karm, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre le point 1 de la délibération sont irrecevables en l'absence d'intérêt à agir du requérant ;
- le point 11 de la délibération du conseil municipal du 17 janvier 2023 a été corrigé le 21 mars 2023 et la mention contestée par M. A a été supprimée ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés :
- du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation du point 11 de la délibération en litige, celles-ci ayant perdu leur objet au regard de la modification apportée le 21 mars 2023 ;
- de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le procès-verbal de la séance du conseil municipal du 17 janvier 2023, ce document ne constituant pas une décision administrative faisant grief ;
- de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du point 10 de la délibération en litige, celles-ci étant tardives au regard des délais de recours applicables prévus à l'article R. 119 du code électoral.
Par un mémoire enregistré le 3 janvier 2025, M. A a présenté des observations sur ces moyens susceptibles d'être relevés d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de M. Therre, rapporteur public,
- les observations de Me Karm, avocat de la commune de Kintzheim.
Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 17 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A est conseiller municipal à Kintzheim. Il demande l'annulation partielle de la délibération du conseil municipal qui s'est tenu le 17 janvier 2023 et l'annulation du procès-verbal de cette séance.
Sur l'étendue du litige :
2. La commune de Kintzheim soutient que par délibération du 21 mars 2023, le conseil municipal a pris acte des observations de M. A concernant le fait que, contrairement à ce qu'indiquait la délibération du 17 janvier 2023 en son point 11, le conseil municipal n'avait pas " autorisé le maire à signer tout contrat ou convention de prestations de service nécessaire à la mise en œuvre de la procédure de révision et à solliciter les subventions ou dotations qui pourraient être accordées à l'occasion de cette procédure " et que ce paragraphe, bien que figurant dans le projet de délibération, avait été retiré en séance. Eu égard à la rectification apportée par la délibération du 21 mars 2023, les conclusions tendant à l'annulation partielle de la délibération du 17 janvier 2023 en son point 11 ont perdu leur objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la demande d'annulation du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 17 janvier 2023 :
3. Le procès-verbal de séance d'un conseil municipal ne constitue pas une décision administrative faisant grief, mais un simple document d'information destiné à relater les faits qui se sont produits et les décisions qui ont été prises au cours de la séance. Par suite, ainsi qu'en ont été informées les parties, les conclusions dirigées contre le procès-verbal du conseil municipal du 17 janvier 2023 sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
En ce qui concerne la demande d'annulation du point 1 de la délibération du 17 janvier 2023 :
4. D'une part, aux termes des dispositions particulières de l'article L. 2541-6 du code général des collectivités territoriales, applicables dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin : " Lors de chacune de ses séances, le conseil municipal désigne son secrétaire. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 2121-21 de ce même code : " Le vote a lieu au scrutin public à la demande du quart des membres présents. / Il est voté au scrutin secret : / 1° Soit lorsqu'un tiers des membres présents le réclame ; / 2° Soit lorsqu'il y a lieu de procéder à une nomination ou à une présentation. / () Le conseil municipal peut décider, à l'unanimité, de ne pas procéder au scrutin secret aux nominations ou aux présentations, sauf disposition législative ou réglementaire prévoyant expressément ce mode de scrutin. () ".
6. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que la désignation du secrétaire de séance ait lieu au scrutin secret ou respecte tout autre formalité dont l'autorité municipale aurait à justifier l'accomplissement. La désignation des secrétaires de séance n'a pas à être obligatoirement faite au scrutin secret, les dispositions du 2° de l'article L. 2121-21 du code général des collectivités territoriales, relatives aux nominations, étant inapplicables à ce cas. Dans le cas de la désignation du secrétaire de séance, le scrutin secret n'est obligatoire que sur la demande expresse du tiers des conseillers municipaux présents. Cette condition n'est pas remplie en l'espèce dès lors qu'il est constant que M. A a été le seul élu à réclamer qu'il soit procédé à un vote au scrutin secret pour la désignation du secrétaire de la séance du conseil municipal du 17 janvier 2023. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2121-21 du code général des collectivités territoriales doit être écarté. M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la désignation de Mme D en qualité de secrétaire de séance.
En ce qui concerne la demande d'annulation du point 3 de la délibération du 17 janvier 2023 :
7. Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". En application de ces dispositions, le maire est tenu de communiquer aux membres du conseil municipal les documents nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur les affaires de la commune soumises à leur délibération. Lorsqu'un membre du conseil municipal demande, sur le fondement de ces dispositions du code général des collectivités territoriales, la communication de documents, il appartient au maire sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'une part, d'apprécier si cette communication se rattache à une affaire de la commune qui fait l'objet d'une délibération du conseil municipal et, d'autre part, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général n'y fait obstacle, avant de procéder, le cas échéant, à cette communication selon des modalités appropriées.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a demandé au maire de Kintzheim, par courriel du 11 janvier 2023, la communication d'une copie du futur contrat que la commune envisageait de conclure avec La Poste pour la création de l'agence postale communale. Il ressort également des pièces du dossier que lors des échanges entre le maire de Kintzheim et la représentante de La Poste, celle-ci a mentionné dans un courriel du 3 janvier 2023 une " proposition personnalisée " établie par ses services dans la perspective de la mise en place d'une agence postale. Alors qu'il est constant que le document demandé par M. A se rattache directement à une affaire de la commune qui fait l'objet d'une délibération, la commune de Kintzheim, qui se borne à soutenir que ce courriel ne comportait aucune pièce jointe sans pour autant affirmer qu'un tel document était inexistant, ne justifie son refus de communication par aucun motif d'intérêt général qui ferait obstacle à la communication aux élus du document sollicité. Dans ces conditions, et alors que par la délibération en litige, le maire a été autorisé à signer tous les documents afférents à la reprise des activités de La Poste sous la forme d'une agence postale communale, le document demandé par M. A doit être regardé comme étant nécessaire pour que les élus puissent se prononcer utilement sur cette affaire. En l'absence de communication du projet de convention envisagée entre La Poste et la commune, les élus n'ont pas disposé des éléments nécessaires pour pouvoir se prononcer utilement sur l'affaire soumise à leur délibération, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales. Cette méconnaissance du droit d'information des élus les a privés d'une garantie substantielle dans l'exercice de leurs fonctions et a ainsi été de nature à entacher d'illégalité la délibération contestée. Par suite, M. A est fondé à demander l'annulation du point 3 de la délibération du 17 janvier 2023.
En ce qui concerne la demande d'annulation du point 10 de la délibération du 17 janvier 2023 :
9. Aux termes de l'article R. 119 du code électoral : " Les réclamations contre les opérations électorales doivent être consignées au procès-verbal, sinon être déposées, à peine d'irrecevabilité, au plus tard à dix-huit heures le cinquième jour qui suit l'élection, à la sous-préfecture ou à la préfecture. Elles sont immédiatement adressées au préfet qui les fait enregistrer au greffe du tribunal administratif. Les protestations peuvent également être déposées directement au greffe du tribunal administratif dans le même délai (). ". Ces dispositions sont applicables aux protestations dirigées contre l'élection des membres de la commission d'appel d'offres d'une commune au sein du conseil municipal.
10. Par application de ces dispositions, M. A disposait d'un délai de cinq jours pour présenter une protestation contre l'élection de membres de la commission d'appel d'offres constituée par les communes de Châtenois et de Kintzheim pour l'étude relative à la lutte contre les ruissellements et les coulées boueuses. La protestation de M. A a été enregistrée au-delà de ce délai et est par suite irrecevable.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation du point 3 de la délibération du 17 janvier 2023, en tant que le conseil municipal a décidé de reprendre les activités de La Poste sous la forme d'une agence postale communale et d'autoriser le maire à signer tous les documents afférents à cette reprise.
Sur les frais de l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Kintzheim au titre de ces dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Kintzheim le versement d'une somme au titre de ces mêmes dispositions, le requérant ne justifiant pas avoir exposé des frais au sens de cet article.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation partielle de la délibération du 17 janvier 2023 du conseil municipal de Kintzheim en son point 11.
Article 2 : La délibération du 17 janvier 2023 du conseil municipal de Kintzheim est annulée en son point 3 " création d'une agence postale communale ", en tant que le conseil municipal a décidé de reprendre les activités de La Poste sous la forme d'une agence postale communale et d'autoriser le maire à signer tous les documents afférents à cette reprise.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Kintzheim.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Boutot, premier conseiller,
Mme Jordan-Selva, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 février 2025.
La rapporteure,
S. Jordan-Selva
Le président,
S. Dhers
La greffière,
P. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026