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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2301861

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2301861

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2301861
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBOSSELUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mars 2023, M. A E B par Me Bosselut, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet de la Moselle a ordonné son transfert aux autorités allemandes ;

2°) d'enjoindre au préfet de recevoir sa demande d'asile en France ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision de transfert :

- la décision de transfert est entachée d'incompétence de son signataire ;

- l'attestation prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui a pas été délivrée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Faessel, président ;

- les observations de Me Bosselut, avocat de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient en outre que l'Allemagne n'est pas le pays responsable de sa demande d'asile ;

- les observations de M. B, de M. C interprète assermenté en langue arabe ;

- les observations de Me Morel, représentant le préfet de la Moselle.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 20 juin 1994, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 1er décembre 2019. Le relevé décadactylaire du fichier Eurodac a révélé que ses empreintes avaient été collectées en Allemagne. Par la décision contestée du

16 mars 2023, le préfet de la Moselle a décidé de son transfert aux autorités de ce pays.

2. Par un arrêté du 21 octobre 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le préfet de la Moselle a donné délégation à M. D pour signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de la direction de l'immigration et de l'intégration dans le département. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son signataire doit être écarté.

3. Il ressort des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas contestée que M. B, qui pourtant réside en France depuis plusieurs années et qui, au moins lorsqu'il était incarcéré, a eu accès aux moyens nécessaires pour ce faire, n'a durant ce temps pas présenté de demande d'asile en France. Il ne peut dès lors soutenir que ses droits en la matière ont été méconnus en ce qu'aucune attestation de demandeur d'asile ne lui a été délivrée à cette époque.

4. Les autorités allemandes ayant explicitement accepté de prendre en charge M. B pour suite à donner à la demande d'asile qu'il a présenté dans ce pays, le moyen tiré de ce que l'Allemagne ne serait pas effectivement le pays responsable de sa protection, fondé sur une argumentation au demeurant limitée à l'évocation de ce ces autorités auraient elles-mêmes tenté sans succès de le confier à leurs homologues néerlandaises, est inopérant.

5. Il suit de ce qui précède que les conclusions présentées pour M. B à fins d'annulation de la décision litigieuse, ainsi que celles à fins d'injonction et de remboursement des frais irrépétibles, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Lu en audience publique le 22 mars 2023.

Le président,

X. Faessel,

PrésidentLe greffier,

C. Bohn

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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