LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2301925

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2301925

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2301925
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mars 2023, Mme A B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le centre hospitalier intercommunal (CHIC) de Wissembourg a implicitement rejeté sa demande, présentée le 17 novembre 2022, de mutation dans un établissement différent au titre de la protection fonctionnelle ;

2°) d'enjoindre au CHIC de Wissembourg, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, de mettre en œuvre la protection fonctionnelle et de procéder à son changement de poste et d'établissement, à défaut de procéder à un réexamen de son dossier ;

3°) de mettre à la charge du CHIC de Wissembourg une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est victime de harcèlement moral et est à ce titre en droit de bénéficier de la protection fonctionnelle ;

- le CHIC de Wissembourg a méconnu les dispositions des articles L. 134-5 et L. 134-6 du code général de la fonction publique.

Par un mémoire en défense du 12 mars 2024, le CHIC de Wissembourg, représenté par la SELARL CM. Affaires publiques, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, en tant qu'elle porte sur une demande de changement de poste et de mise en œuvre de la protection fonctionnelle, qui n'a pas été préalablement présentée dans le courrier du 17 novembre 2022 ;

- les moyens présentés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Laetitia Kalt,

- les conclusions de M. Laurent Guth,

- et les observations de Me Durgun, substituant Me Clamer, pour le CHIC de Wissembourg.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est ouvrière principale de 2ème classe, affectée au CHIC de Wissembourg en qualité de cuisinière. S'estimant victime de harcèlement moral, Mme B a, par un courrier réceptionné le 17 novembre 2022, demandé au directeur du CHIC la mise en œuvre de la protection fonctionnelle et sollicité un changement de poste et d'établissement. Cette demande a été implicitement rejetée. Par un courrier du 1er mars 2023, Mme B a présenté sa démission, qui a été acceptée par une décision du 10 mars 2023. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision implicite rejetant la demande de protection fonctionnelle et d'enjoindre au CHIC de procéder à son changement de poste et d'établissement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Aux termes de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ". L'article L. 134-6 du même code dispose que : " Lorsqu'elle est informée, par quelque moyen que ce soit, de l'existence d'un risque manifeste d'atteinte grave à l'intégrité physique de l'agent public, la collectivité publique prend, sans délai et à titre conservatoire, les mesures d'urgence de nature à faire cesser ce risque et à prévenir la réalisation ou l'aggravation des dommages directement causés par ces faits. / Ces mesures sont mises en œuvre pendant la durée strictement nécessaire à la cessation du risque ".

3. Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

4. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si les agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

5. Mme B fait valoir qu'à partir de l'arrivée de son nouveau chef de service, ses conditions de travail se sont dégradées. Elle fait notamment valoir qu'elle a subi des changements intempestifs d'emploi du temps, qu'elle a été progressivement écartée du poste qu'elle occupait depuis des années, que ses attributions ont été modifiées, qu'elle n'a pu assister à une formation et qu'elle est la cible de remarques désobligeantes. Elle indique que cette situation a généré des problèmes de santé et qu'elle a été placée en arrêt de travail pour dépression et burn out à compter du 8 mars 2021. Elle a signalé ces difficultés auprès de sa hiérarchie par un courrier du 25 mars 2021 et indique que le CHIC lui aurait proposé un changement de poste et d'établissement pour y remédier.

6. Elle verse aux débats son arrêt de travail initial à compter du 8 mars 2021, prescrit en raison d'une tendinite, prolongé le 23 mars 2021 jusqu'au 11 avril 2021 en raison d'une lombo-sciatalgie. Les prolongations de ces arrêts de travail qui lui ont été ultérieurement prescrits sans que Mme B n'ait repris son poste, mentionnent un état dépressif réactionnel à une situation de harcèlement et de burn out. Un certificat médical établi le 11 octobre 2022 fait état d'une fragilité psychologique de la requérante. Celle-ci verse également aux débats le courrier de signalement du 25 mars 2021 auprès de sa hiérarchie et les éléments préparatoires à l'entretien proposé par la direction de l'hôpital, écrits de sa main.

7. Ces seuls éléments, qui ne démontrent pas une dégradation des conditions de travail de la requérante, notamment son affectation alléguée à des fonctions non-souhaitées, à l'inverse de ses autres collègues, le refus d'inscription à des formations ou la réduction de ses attributions, et qui n'établissent aucune causalité directe avec son état de santé, ne permettent pas de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.

8. Il résulte au contraire de l'instruction qu'une enquête administrative interne a été diligentée à la suite du signalement par Mme B, au cours de laquelle plusieurs agents de son service ont été entendus, qui ont majoritairement fait part de difficultés relationnelles avec la requérante, en raison de son caractère difficile, et souligné leurs bons rapports avec le supérieur hiérarchique mis en cause par elle.

9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été victime de faits de harcèlement moral imputables au CHIC de Wissembourg et à demander l'annulation de la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier a implicitement refusé de lui accorder la protection fonctionnelle et de lui proposer un changement de poste ou d'établissement.

10. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

11. Le présent jugement n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent, en tout état de cause, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du CHIC de Wissembourg, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme B au titre des frais exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

13. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la requérante le versement au CHIC de Wissembourg de la somme de 1 000 euros au titre des mêmes frais.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B versera au CHIC de Wissembourg la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier intercommunal de Wissembourg.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 juillet 2024.

La rapporteure,

L. KALT

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne à la ministre de la santé, du travail et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions