vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301941 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2023, Mme B F E épouse C, représentée par Me Simon, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 14 février 2023 par laquelle le préfet de la Moselle lui a refusé la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-carte bleue européenne " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter de cette notification ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie ;
- l'auteur de la décision était incompétent pour l'édicter ;
- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- le préfet de la Moselle n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- il n'est pas établi que la décision litigieuse a été édictée après le rapport d'un médecin ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle lui oppose la condition d'obtention d'une autorisation de travail ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard des critères posés pour se voir délivrer le titre de séjour sollicité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable et que la condition d'urgence n'est pas satisfaite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 mars 2023, en présence de
M. Souhait, greffier d'audience :
- le rapport de M. D A ;
- les observations de Me Champain, substituant Me Simon, représentant Mme C, qui a repris les moyens et les éléments exposés dans sa requête.
Le préfet de la Moselle n'étant ni présent, ni représenté.
Le juge des référés a indiqué que l'instruction était close à l'issue de l'audience publique, conformément à l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, de nationalité tunisienne, a été recrutée par deux contrats et un avenant conclus avec le centre hospitalier de Sarrebourg pour y exercer les fonctions de praticienne attachée associée en médecine polyvalente du 20 décembre 2021 au 24 avril 2024. Elle s'est vue remettre un visa de long séjour valant titre de séjour et portant la mention " travailleur temporaire " qui était valable jusqu'au au 7 mars 2023. Elle a sollicité auprès du préfet de la Moselle la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-carte bleue européenne ". Par un message qui lui a été communiqué le 14 février 2023 via le site internet de la direction générale des étrangers en France, une réponse négative lui a été opposée. Mme C demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Moselle :
2. Le préfet de la Moselle soutient que la requête serait irrecevable au motif que le message adressé à Mme C le 14 février 2023 ne contiendrait aucune décision. Il ressort toutefois de ce message que l'administration n'a pas fait droit à sa demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-carte bleue européenne " au motif qu'elle était praticienne attachée, qu'" il [s'agissait] d'une profession réglementée soumise à autorisation de travail " et qu' " ainsi, [elle ne pouvait] pas solliciter la délivrance d'un titre " passeport talent ". Dans ces conditions, ce message ne peut que s'analyser comme l'expression d'une décision de rejet de la demande de Mme C et la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Il ressort des pièces du dossier que le visa de long séjour valant titre de séjour de Mme C est expiré depuis le 8 mars 2023. Si la requérante s'est vue remettre, au demeurant postérieurement à l'introduction de la requête, un récépissé de demande de titre de séjour en qualité de travailleur temporaire, valable jusqu'en septembre 2023, son séjour en France reste néanmoins précaire alors que son contrat de travail avec le centre hospitalier de Sarrebourg est toujours en cours, que son conjoint, en situation régulière, y travaille également en qualité de médecin et que leur fille est aussi présente sur le territoire français. Par suite, la condition d'urgence est remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée :
5. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision litigieuse a été édictée par une personne ne bénéficiant d'aucune délégation de compétence, de son insuffisance de motivation en droit et de ce qu'elle oppose à tort à Mme C la condition de détention d'une autorisation de travail sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de son exécution.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ".
7. Eu égard au motif de suspension retenu et à l'office du juge des référés défini par les dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de la Moselle de procéder au réexamen de la situation de Mme C dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions présentées par Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1 : L'exécution de la décision du 14 février 2023, par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-carte bleue européenne " à Mme C, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Moselle de réexaminer la situation de Mme C dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B F E épouse C et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Strasbourg le 31 mars 2023.
Le juge des référés,
S. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026