jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301994 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERARD - JEMOLI - SANTELLI - BURKATZKI - BIZZARRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 21 mars 2023, 18 juillet 2023, 14 septembre 2023 et 9 octobre 2023, la société Stradim Espace Finances, représentée par la Selarl Dôme Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Thionville a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble de 17 logements collectifs et la création d'un parking de stationnement, pour une surface de plancher de 1 099 mètres carrés, sur un terrain situé avenue Vauban à Thionville, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Thionville le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le maire de la commune de Thionville s'est à tort cru lié par les avis du service départemental d'incendie et de secours de la Moselle et d'Enedis ;
- c'est à tort que le maire de la commune de Thionville a estimé que le projet méconnaissait les dispositions des articles R. 111-2 et L. 111-11 du code de l'urbanisme ainsi que celles des articles UB3 et UB13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Thionville.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juillet 2023 et 14 septembre 2023, la commune de Thionville, représentée par la Selarl Berard-Jemoli-Santelli-Burkatzki-Bizzarri, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société Stradim Espaces Finances en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Verdin, avocat de la société Stradim-Espace Finances,
- les observations de Bizzarri, avocat de la commune de Thionville.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 29 juillet 2022 et complétée le 22 août 2022, la société Stradim-Espace Finances a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble comprenant 17 logements collectifs et la création d'un parking de stationnement, sur un terrain situé avenue Vauban à Thionville. Par un arrêté du 16 novembre 2022, le maire de la commune de Thionville a refusé de délivrer le permis de construire demandé. La société Stradim-Espace Finances a formé un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, la société Stradim-Espace Finances demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2022 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur la légalité de l'arrêté du 16 novembre 2022 :
2. Pour refuser de délivrer à la société Stradim-Espace Finances le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Thionville s'est fondé sur la circonstance que le projet en litige méconnaissait les dispositions des articles L. 111-11 et R. 111-2 du code de l'urbanisme ainsi que celles des articles UB3 et UB13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Thionville.
3. En premier lieu, par un arrêté du 9 juillet 2020, régulièrement publié, le maire de la commune de Thionville a donné délégation de signature à M. A B à l'effet de signer l'ensemble des actes se rapportant aux questions d'urbanisme, dont les décisions relatives aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". Aux termes de l'article R. 424-5 de ce code : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée () ". L'article A. 424-3 du même code dispose que : " L'arrêté indique, selon les cas ; () b) Si le permis est refusé ou si la déclaration préalable fait l'objet d'une opposition ; () ". L'article A. 424-4 du même code précise que : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours ".
5. La circonstance que n'aient pas été joints à la décision attaquée les avis rendus par Enedis et le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle est sans incidence, dès lors que l'administration n'est tenue à une telle obligation par aucune disposition législative ou réglementaire. En revanche, il ressort des pièces du dossier que pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Thionville s'est notamment fondé sur la circonstance que le projet méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Si l'arrêté fait certes état de ce que ce motif résulte de l'avis défavorable émis le 6 septembre 2022 par le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle sur le projet, il ne comporte aucune précision quant aux circonstances de fait qui justifieraient une telle méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, la société Stradim-Espace Finances est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est, s'agissant de ce motif, insuffisamment motivé au regard des exigences fixées par les dispositions du code de l'urbanisme rappelées au point précédent.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet d'aménagement est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. Ainsi qu'il a été indiqué précédemment, le maire de la commune de Thionville se borne à se prévaloir de ce que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sans justifier des raisons pour lesquelles il existerait un risque pour la sécurité ou la salubrité publique et doit ainsi être regardé comme s'étant cru lié par l'avis défavorable rendu le 6 septembre 2022 par le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle. En outre, s'il ressort des termes de cet avis que le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle a estimé que le projet n'était pas accessible par une voie échelle, un tel motif, qui se rattache aux exigences posées par l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, ne peut être utilement opposé dans le cas d'une construction qui ne constitue pas, comme c'est le cas en l'espèce, un immeuble de grande hauteur. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les services départementaux d'incendie et de secours ne seraient pas en mesure d'accéder au projet en litige et d'y intervenir dans des conditions satisfaisantes de sécurité, le maire de la commune de Thionville, qui n'a pas non plus envisagé de prescriptions susceptibles de rendre l'opération réalisable sans l'interdire purement et simplement pour ce motif, ne pouvait refuser de délivrer le projet en litige au motif que celui-ci méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
8. Toutefois, pour refuser le projet en litige, le maire de la commune de Thionville s'est également fondé sur le fait que celui-ci méconnaissait les dispositions des articles UB3 et UB13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Thionville et celles de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.
9. En premier lieu, aux termes de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Thionville : " Conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public / Accès / 1. Pour être constructible, un terrain doit bénéficier d'un accès à une voie publique ou privée. (). ".
10. Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si le juge administratif doit, pour apprécier la légalité du permis au regard des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie laquelle doit être reportée sur le plan de masse en application de l'article R.431-9 du code de l'urbanisme, il ne lui appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.
11. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, la commune de Thionville s'est prévalue de ce que la parcelle cadastrée section 24 n° 81 sur laquelle sera implanté le projet de construction en litige ne bénéficie d'un accès à une voie ouverte à la circulation publique que via une voirie nouvelle au niveau de laquelle aucune servitude de passage n'a été accordée. Si le dossier de demande de permis de construire fait état de ce qu'une servitude de passage est envisagée pour accéder au projet en litige, il ressort néanmoins des éléments figurant dans la notice descriptive qu'il est fait référence à la parcelle n° 8. Or, si cette dernière est contigüe à la parcelle sur laquelle sera implantée la future construction, il ressort toutefois des plans joints au dossier, et notamment du plan de masse, qu'elle ne constitue pas la parcelle à partir de laquelle se fera l'accès au projet, celui-ci devant, au contraire, être réalisé par la création de la voirie nouvelle créée sur la parcelle cadastrée sous le n° 173. En tout état de cause, aucun élément du dossier ne permet de démontrer l'existence de la servitude évoquée dans la notice descriptive jointe au dossier de demande de permis de construire. Par ailleurs, si un courrier du 20 décembre 2022, aux termes duquel le propriétaire de la parcelle cadastrée section 38 n° 173 indique accepter d'accorder sur sa parcelle une servitude de passage au bénéfice de la société requérante, est versé à l'instance, il n'est toutefois pas contesté que ce courrier ne figurait pas dans le dossier de demande de permis de construire sur la base duquel la demande d'autorisation a été instruite. La circonstance que la SCCV propriétaire de la parcelle cadastrée sous le n° 173 soit gérée par la société requérante étant à cet égard sans incidence, et ce d'autant qu'il ne ressort pas des pièces qu'une telle information aurait été portée à la connaissance de l'administration préalablement à l'adoption de l'arrêté en litige. Par suite, c'est à bon droit que le maire de la commune de Thionville a pu opposer à la société pétitionnaire le motif tiré de ce que le projet méconnaissait les dispositions de l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Thionville, sans que puisse lui être reproché le fait qu'il n'ait pas assorti la décision attaquée d'une prescription à cet égard, les dispositions en cause ne prévoyant d'ailleurs pas une telle possibilité que le maire aurait été tenu d'envisager avant de statuer sur la demande.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Thionville : " Obligations imposées en matière de réalisation d'espaces libres, d'aires de jeux et de loisirs et de plantations () / 2. Il devra être prévu la plantation de 2 arbres ou arbustes par tranche entamée de 100 (cent) m2 de surface de plancher. ".
13. Les dispositions précitées de l'article UB13 du règlement du plan local d'urbanisme impliquent nécessairement que soient plantés deux arbres ou arbustes par tranche entamée de 100 mètres carrés de surface de plancher, indépendamment de ceux qui existeraient d'ores et déjà sur le terrain d'assiette du projet ou qui y seraient maintenus. Eu égard à la surface de plancher créée dans le cadre du présent projet, soit 1 099,08 mètres carrés, un minimum de 22 arbres doit ainsi y être implantés, sans que la société requérante puisse se prévaloir de ce que treize arbres et arbustes qui existaient jusqu'alors seront conservés. Par suite, le projet en litige prévoyant la plantation de seulement deux arbres et sept arbustes, le maire de la commune de Thionville a pu refuser le permis sollicité au motif qu'il méconnaissait les dispositions précitées de l'article UB13 du règlement du plan local d'urbanisme.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ". Aux termes de l'article L. 332-15 du même code : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés. / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / Toutefois, en ce qui concerne le réseau électrique, le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition est redevable de la part de la contribution prévue au troisième alinéa du II de l'article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 (1) relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, correspondant au branchement et à la fraction de l'extension du réseau située sur le terrain d'assiette de l'opération, au sens de cette même loi et des textes pris pour son application. / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures () ".
15. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
16. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune de Thionville se serait crue liée par l'avis rendu le 12 septembre 2022 par Enedis. D'autre part, il ressort de cet avis du 12 septembre 2022 que le projet nécessite un raccordement d'une longueur de 150 mètres. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que ce raccordement implique d'emprunter la parcelle cadastrée section 38 n° 173 au droit de laquelle la société requérante ne bénéficie, ainsi qu'il a été indiqué au point 11 du présent jugement, d'aucune servitude de passage. Dans ces circonstances, le raccordement en litige, par sa nature et les travaux qu'il implique au droit d'une parcelle privée au niveau de laquelle il n'est justifié d'aucune servitude de passage, ne peut être regardé comme un simple branchement au réseau existant mais constitue au contraire une extension de celui-ci. Par suite, la commune de Thionville a pu légalement refuser de délivrer l'autorisation sollicitée au motif que le projet ne satisfaisait pas aux dispositions de l'article
L. 111-11 du code de l'urbanisme.
17. Il résulte de l'instruction qu'en dépit de la double illégalité entachant le motif tiré de la méconnaissance de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme, le maire de la commune de Thionville aurait pris la même décision s'il s'était seulement fondé sur ces trois derniers motifs, ayant fait l'objet d'une motivation suffisante dans l'arrêté contesté, ou sur l'un ou l'autre d'entre eux.
18. Il résulte ainsi de l'ensemble de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2022.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Thionville qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société Stradim Espace Finances demande au titre des frais liés au litige.
20. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la société Stradim Espace Finances le paiement, à la commune de Thionville, d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la société Stradim Espace Finances est rejetée.
Article 2 : La société Stradim Espace Finances versera à la commune de Thionville une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Stradim Espace Finances et à la commune de Thionville.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026