mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2302278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2023, M. C E, représenté par Me Snoeckx, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé de le transférer aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- l'arrêté de transfert est entaché d'incompétence ;
- il méconnait l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 3 et 4 avril 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 572-6 et de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, magistrat désigné ;
- les observations de Me Snoeckx représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient, en outre, que l'arrêté de transfert méconnaît l'article 13-1 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, dès lors, qu'en raison de l'expiration du délai d'un an à compter du franchissement irrégulier de la frontière espagnole par M. E, la responsabilité des autorités espagnoles a cessé, et qu'au surplus, le transfert n'était pas justifié dès lors que le requérant ne s'oppose pas à son retour en Algérie ;
- les observations de M. E, assisté de M. G, interprète assermenté en langue arabe.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 17 heures 30 après mise au contradictoire des éléments produits par la préfète le 4 avril 2023 à 17 heures 10.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien, né le 11 septembre 1999, est entré irrégulièrement en France le 14 février 2022. Il a été condamné le 4 juillet 2022, par le tribunal judiciaire de Strasbourg, à une peine de 12 mois de prison assortie d'une interdiction du territoire français pendant 5 ans. La consultation du fichier EURODAC a permis d'établir que l'intéressé a déposé une demande d'asile en Suisse. Les autorités suisses ont été saisies le 21 mars 2023 d'une demande de reprise en charge à laquelle elles se sont opposées au motif que la demande d'asile serait de la responsabilité des autorités espagnoles. Les autorités espagnoles ont, le 23 mars 2023, donné leur accord à la demande de reprise en charge sur le fondement des dispositions de l'article 13-1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le 1er avril 2023, M. E a été placé en rétention administrative. M. E demande l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités espagnoles.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre provisoirement M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles :
4. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre 2022, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. A H, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes et décisions relevant des attributions dévolues à la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas la décision en litige et en cas d'absence ou d'empêchement, à M. B D, chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière et signataire de cette décision. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que M. H n'aurait pas été absent ou empêché à la date de sa signature. Par suite, le moyen tiré de ce que son signataire ne bénéficiait d'aucune délégation de compétence doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si le requérant allègue que la préfète du Bas-Rhin ne lui a pas délivré une attestation de demande d'asile conformément à l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier que M. E n'a pas déposé de demande d'asile en France et qu'il ne compte pas se prévaloir de cette possibilité. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 13-1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) no 603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière ".
7. Le requérant conteste la responsabilité des autorités espagnoles dès lors que le délai de douze mois après la date du franchissement irrégulier de frontière a expiré à la date de la décision de la préfète, le requérant indiquant dans un premier temps à l'audience être entré en Espagne en 2021. Si le relevé Eurodac ne permet pas d'établir la date à laquelle le requérant aurait effectivement franchi la frontière espagnole en provenance du Maroc, il ressort de ses déclarations complétées à l'audience, qui confirment ses déclarations faites dans le procès-verbal d'audition, pendant la garde à vue, établi le 30 juin 2022 par les autorités de police, que le requérant serait entré en Espagne le 14 février 2022. Il aurait ensuite transité par la France avant de se rendre en Suisse où il aurait déposé une demande d'asile, le 16 juin 2022, puis il serait revenu en France. Or, il ressort des pièces du dossier et notamment du refus des autorités suisses que, d'une part, ces dernières ont fait une demande de reprise en charge aux autorités espagnoles qui l'ont acceptée le 7 juillet 2022, le délai de transfert ayant été prolongé compte-tenu de la fuite de l'intéressé. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité des autorités espagnoles, qui ont donné leur accord à la demande de reprise faite par les autorités suisses puis françaises aurait cessé. Le requérant ne s'étant pas désisté de ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de transfert, la circonstance qu'il ne serait pas opposé à son départ vers l'Algérie est par elle-même sans incidence sur la légalité de l'arrêté de transfert.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. E tendant à l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 pris à son encontre par la préfète du Bas-Rhin doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1 : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E, à Me Snoeckx et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique le 4 avril 2023.
Le magistrat désigné,
M. FLe greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026