mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2302394 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 avril 2023, M. C F, représenté par Me Berry, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler les décisions prises par le préfète du Bas-Rhin le 31 mars 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour en France pour une durée d'un an ;
3°) d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission au système d'information Schengen (SIS) ;
4°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département du Bas-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours ;
5°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de la décision ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne vise pas la demande de titre de séjour qu'il a présentée le 21 février 2023 ;
- la préfète n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- le signataire de la décision ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision attaquée est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle se fonde ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- le signataire de la décision ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision attaquée est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle se fonde ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :
- le signataire de la décision ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision attaquée est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle se fonde ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la mesure d'interdiction de retour ne doit prendre effet qu'à compter de l'exécution de la mesure d'éloignement et non de sa notification ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- la signataire de la décision ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision attaquée est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné B H pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de B Jordan-Selva, magistrate désignée ;
- les observations de Me Carraud, substituant Me Berry, avocate de M. F, qui conclut aux mêmes fins, par les mêmes moyens et insiste notamment sur le défaut d'examen dont serait entachée l'obligation de quitter le territoire français en litige en l'absence de mention de la demande de titre de séjour formé le 21 février 2023 par M. F et sur l'atteinte portée par cette décision à son droit de mener une vie privée et familiale normale ; il se prévaut de sa vie maritale, en France, avec sa compagne B A et de leur cellule familiale, composée de leur couple, des deux premiers enfants de sa compagne issus d'une précédente union et de leur enfant commun né en France en 2020 ;
- et les observations de M. F, assisté de M. G, interprète en langue géorgienne, qui insiste sur la durée de sa présence en France et son intégration et sur les risques encourus en cas de retour en Géorgie.
La préfète du Bas-Rhin régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C F, né en 1986 en Géorgie, de nationalité géorgienne, est entré en France le 31 mai 2018 aux fins de solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 31 juillet 2018. Il a présenté une demande de réexamen qui a été rejetée par l'OFPRA le 29 mars 2019, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 28 août 2019. Par des arrêtés du 31 mars 2023, dont M. F demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, lui a interdit tout retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence dans le département du Bas-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article
L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions en litige :
4. Seule la décision portant assignation à résidence a été signée par B I. Les autres décisions ont été signées par M. D.
5. Par un arrêté du 4 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin du 7 octobre 2022, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. D, chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer les arrêtés relatifs aux étrangers. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté par lequel la préfète du Bas-Rhin a obligé M. F à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an doit être écarté.
6. La préfète du Bas-Rhin a, par un arrêté du 4 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre 2022, donné délégation à B E I, adjointe au chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, chef de ce même bureau, les décisions d'assignation à résidence en application de l'article L. 731-1 et L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour et des étrangers. Il n'est pas établi ni même allégué que M. D n'aurait pas été absent ou empêché lors de l'édiction de la mesure d'assignation en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'assignation à résidence doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il est constant que, par un courrier du 8 février 2023, la préfète du Bas-Rhin a invité le requérant a présenté des observations sur son maintien sur le territoire français en dépit des deux mesures d'éloignement dont il avait fait l'objet le 4 octobre 2018 et le 4 mars 2021. M. F soutient qu'en réponse à cette lettre, il a adressé à la préfecture un courrier réceptionné le 21 février 2023, qui n'est pas versé à l'instance, contenant, outre les documents justifiant de la réalité de ses liens privés et familiaux en France, une demande d'admission au séjour. Alors que la préfète soutient en défense que ce courrier ne contenait aucune demande de titre de séjour émanant de M. F, ce dernier n'assortit ses allégations contraires d'aucun commencement de preuve. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une demande de titre de séjour était en cours d'examen à la date de la décision en litige. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'absence de mention d'une telle demande dans la décision en litige révèlerait un défaut de motivation et un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Les moyens tirés du vice de forme et du défaut d'examen doivent être écartés.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis cinq ans à la date de la décision attaquée et qu'il vit maritalement avec une compatriote, B A, dont il a eu un enfant né en France en 2020. Il justifie, par les pièces qu'il produit, de ce qu'ils résident avec les deux enfants de B G. nés en 2005 et en 2012 d'une précédente union et de ce que ses enfants sont scolarisés depuis leur entrée en France en 2019. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que B A, qui réside en France depuis quatre ans à la date de la décision attaquée, fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant serait dépourvu d'attaches familiales et personnelles dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie, qu'il ne pourrait y reconstituer la cellule familiale ou que les enfants ne pourraient y poursuivre leur scolarité ou y bénéficier du suivi adéquat. Dans ces circonstances, nonobstant la promesse d'embauche produite par M. F et ses efforts d'intégration, la décision attaquée n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, en tout état de cause, des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
10. En troisième lieu, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement. Toutefois, il ressort de ce qui a été dit plus haut que le requérant n'entre pas dans les hypothèses lui permettant d'obtenir un titre de séjour de plein droit en raison de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écarté.
11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
12. L'arrêté attaqué n'implique pas, compte tenu notamment de ce qui a été dit au point 9, que les enfants soient séparés de leurs parents ou qu'ils ne pourraient poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision refusant un délai de départ volontaire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a vainement présenté une demande d'asile en France, puis une demande de réexamen de cette demande, également rejetée, et qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement en 2018 et 2021 qu'il n'a pas exécutées. Le requérant, qui se borne à soutenir que l'administration aurait dû prendre en compte la durée de son séjour en France et la situation de son enfant et des enfants de sa compagne n'est, compte tenu notamment de ce qui a été dit plus haut, pas fondé à soutenir que la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
17. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. Le requérant, qui a vu sa demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, se borne à soutenir, sans l'établir, qu'il court des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :
19. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
20. Tout d'abord, compte tenu de la légalité de la décision de refus d'un délai de départ volontaire, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui trouve son fondement dans l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, serait dépourvue de base légale.
21. Ensuite, si la décision attaquée précise que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est exécutoire dès notification de l'arrêté, elle précise également que l'intéressé est informé de ce que la durée de cette mesure ne commence à courir qu'à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire. La circonstance que l'arrêté comporte une erreur de plume en ce qu'il mentionne à cet endroit une durée de deux ans n'est pas de nature à entraîner son illégalité. Le moyen tiré de l'erreur de droit au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile manque en fait et doit par suite être écarté.
22. Enfin, la décision attaquée indique les éléments de la situation personnelle du requérant qui ont été pris en considération, notamment les liens allégués avec la France. La décision précise également que le requérant ne fait état de l'existence d'aucune circonstance humanitaire particulière qui pourrait justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Ainsi, la préfète du Bas-Rhin a pris en compte l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Compte tenu de la situation d'ensemble de l'intéressé, et quand bien même il ne présente aucun trouble pour l'ordre public, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète, en édictant à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an, a commis une erreur d'appréciation. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'arrêté portant assignation à résidence :
23. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 31 mars 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à Me Berry et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
La magistrate désignée,
S. HLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026