lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2302423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MENGUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 avril 2023 et le 29 mars 2024, M. B A, représenté par Me Mengus, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 février 2023 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé d'examiner sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'article L. 423-23 ou de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 240 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de la décision n'est pas établie ;
- la décision n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du même code.
En application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, une mise en demeure a été adressée le 27 mars 2024 à la préfète du Bas-Rhin, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- et les observations de Me Mengus, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né en 1977, est entré sur le territoire français en avril 2016 sous couvert d'un visa Schengen valable jusqu'au 18 avril 2016. Par un arrêté du 23 novembre 2016, le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un jugement du 27 juillet 2017, le tribunal a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A. A l'issue de ce réexamen, le préfet du Haut-Rhin a, par un arrêté du 22 septembre 2017, opposé à nouveau un refus de titre de séjour à M. A et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un courrier reçu le 26 novembre 2019, M. A a sollicité du préfet du Bas-Rhin, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, un titre de séjour " salarié " pour exercer l'emploi de " conducteur poids lourds " au sein de l'entreprise Jung. Par un arrêté du 17 février 2021, la préfète du Bas-Rhin a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un jugement du 29 juin 2021, confirmé en appel, le tribunal a rejeté le recours exercé par M. A contre cet arrêté. Enfin, par un courrier reçu le 18 janvier 2023, M. A a sollicité une nouvelle fois son admission au séjour en se prévalant à titre principal de sa vie privée et familiale. Par une décision du 8 février 2023, la préfète du Bas-Rhin a refusé d'enregistrer sa demande, regardée comme dilatoire et irrecevable. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cette décision.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. Une copie de la requête a été communiquée le 17 avril 2023 à la préfète du Bas-Rhin qui a été mise en demeure le 27 mars 2024 de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure est demeurée sans effet à la date de la clôture d'instruction. Dès lors, la préfète du Bas-Rhin doit, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, être regardée comme ayant acquiescé aux faits exposés dans le mémoire du requérant et non contredits par les pièces du dossier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger ait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser.
5. Il ressort de la décision attaquée que, pour considérer que la demande de titre de séjour de M. A était dilatoire, la préfète du Bas-Rhin a relevé qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français datée du 17 février 2021 et que la cour administrative d'appel de Nancy, qui a confirmé le jugement ayant rejeté son recours contre cette décision, a considéré qu'elle ne portait pas atteinte à sa vie privée et familiale. La préfète a également considéré que si l'intéressé se prévalait d'une promesse d'embauche, il ne justifiait pas de considérations humanitaires et enfin qu'il ne versait aucun élément nouveau permettant de justifier sa vie privée et familiale, de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels.
6. Cependant, il ressort des pièces du dossier que, dans sa demande du 18 janvier 2023, M. A a sollicité pour la première fois un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale, en invoquant sa relation avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 23 septembre 2021. Ses précédentes demandes ne portaient que sur son admission exceptionnelle au séjour par le travail. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que la préfète du Bas-Rhin a regardé sa demande du 18 janvier 2023 comme dilatoire et par suite irrecevable. Il y a lieu dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'annuler la décision du 8 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin d'examiner la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 : La décision du 8 février 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin d'examiner la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 (mille) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le président,
J. IGGERT
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
N. EL ABBOUDI
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026