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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2302455

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2302455

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2302455
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantGASIMOV

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2302455 le 6 avril 2023 et le

18 janvier 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Gasimov, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 février 2023 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de l'admettre à titre exceptionnel au séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa demande.

Elle doit être regardée comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 mars 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

La préfète fait valoir que le moyen invoqué par Mme C n'est pas fondé.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2400718 le 1er février 2024 et le 15 mars 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Chebbale, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) avant-dire-droit, d'appeler l'Office français de l'immigration et de l'intégration en la cause et de lui enjoindre, ou d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, de produire les éléments sur lesquels il est considéré qu'elle ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié en Russie ;

3°) d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte et dans le même délai ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Sur la décision de refus de titre de séjour :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation ;

- la décision est entachée de vices de procédure, dès lors que rien n'établit que la préfète du Bas-Rhin a sollicité l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) mentionné dans la décision et que le médecin de l'OFII ait produit son rapport ; il appartient à la préfète d'établir que le médecin de l'OFII, auteur du rapport médical prévu à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas siégé au sein du collège de médecins qui a émis l'avis sollicité ; il doit être établi que les médecins ayant composé le collège de médecins ont été également régulièrement désignés ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, à titre subsidiaire, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui entache la décision de refus de titre de séjour ainsi que par voie de conséquence, le cas échéant, de l'annulation d'une autre décision du 21 février 2023, ayant refusé son admission exceptionnelle au séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, à titre subsidiaire, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui entache l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, à titre subsidiaire, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 8 mars 2024 et le 22 mars 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

La préfète fait valoir que les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,

- et les observations de Me Chebbale, pour Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante russe née en 1965, déclare être entrée en France le 29 septembre 2014. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 27 janvier 2017 et sa demande de réexamen rejetée par la même Cour le 6 décembre 2021. Le 18 septembre 2018, elle a sollicité son admission au séjour pour soins. Par un arrêté du 24 août 2020, sa demande a été rejetée et il lui a été fait obligation de quitter le territoire français. Cette mesure d'éloignement a toutefois été retirée dès lors que l'intéressée avait sollicité également, le 28 octobre 2019, son admission exceptionnelle au séjour. Par une décision du 21 février 2023, la préfète du Bas-Rhin a refusé de l'admettre à titre exceptionnel au séjour, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, par un arrêté du 7 novembre 2023, la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, sollicité sur le fondement de l'article L. 425-9 du même code, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Par les deux requêtes susvisées, Mme C demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 21 février 2023 et de l'arrêté du 7 novembre 2023.

Sur la requête n° 2302455 :

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

3. Si Mme C soutient qu'elle réside en France depuis presque dix ans, elle n'apporte cependant à l'appui de ses allégations aucune justification. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels dont il résulterait qu'en refusant de l'admettre à titre exceptionnel au séjour, la préfète du Bas-Rhin a commis une erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 2302455 doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.

Sur la requête n° 2400718 :

En ce qui concerne la demande d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle :

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

6. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées contenues dans l'arrêté du 7 novembre 2023 :

7. Par un arrêté du 7 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. Duhamel, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, et en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme Leheilleix, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Le requérant n'établit ni même n'allègue que M. Duhamel n'aurait pas été absent ou empêché à la date de signature de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces décisions manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens invoqués contre la décision de refus de titre de séjour :

8. En premier lieu, la décision attaquée comporte de manière suffisante les considérations de droit et de fait qui la fondent. La circonstance alléguée que la décision ne rappelle pas les démarches antérieures entreprises par la requérante pour régulariser sa situation, et notamment sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, qui a été rejetée par une décision du 21 février 2023 ainsi qu'exposé plus haut, n'est pas de nature à établir le défaut de motivation allégué et ou un défaut d'examen particulier de sa situation.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-13-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège ".

10. Il ressort des pièces du dossier que, pour statuer sur la demande de titre de séjour pour soins de Mme C, la préfète du Bas-Rhin a saisi le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), lequel a rendu un avis le 14 avril 2023 aux termes duquel si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut toutefois, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier d'un traitement approprié et que l'état de santé de l'intéressée peut lui permettre de voyager sans risque vers le pays d'origine. Il ressort également de cet avis qu'il a été rendu au vu d'un rapport d'un médecin de l'OFII et que ce dernier n'a pas siégé au sein du collège. Par ailleurs, les trois médecins ayant composé le collège ont été régulièrement désignés par une décision 3 octobre 2022 du directeur général de l'OFII. Il s'ensuit que le moyen tiré des vices de procédure doit être écarté.

11. En troisième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

12. Si Mme C soutient qu'elle présente une situation de handicap, qu'elle nécessite une assistance et qu'elle bénéfice d'une prise en charge médicale pluridisciplinaire en raison de plusieurs pathologies, telles des céphalées, une gastrite atrophique, un fibrome et des douleurs pelviennes, le rapport de l'OSAR dont elle se prévaut concernant le système de santé en Russie en général, n'est pas de nature à établir qu'en considérant qu'elle peut bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement approprié, la préfète du Bas-Rhin a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Par suite, son moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Si Mme C se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2014, elle ne justifie pas en tout état de cause de la continuité de son séjour depuis cette date. Elle n'apporte pas davantage de précisions sur son intégration dans la société française. Enfin, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que ses quatre enfants, ainsi que ses frères et sœur résident en Russie. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour, la préfète du Bas-Rhin a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but de sa décision et méconnu, ainsi, les stipulations précitées. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage fondée à soutenir que la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'obligation de quitter le territoire français et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :

15. Par un jugement du même jour, le tribunal a annulé pour vice de procédure l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de délivrer à l'époux de la requérante un titre de séjour, sollicité également sur le fondement de l'article L. 425-9 du même code, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Par ce même jugement, le tribunal a enjoint à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre, qui aura pour effet de la séparer de son époux, a méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à en obtenir l'annulation ainsi que celle, par conséquent, de la décision fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

17. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer la situation de Mme C, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de l'instance n° 2400718 :

18. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 000 (mille) euros hors taxes à verser au conseil de Mme C, sous réserve de l'admission définitive de cette dernière à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D É C I D E :

Article 1 : Mme C est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 7 novembre 2023 est annulé en tant qu'il fait obligation à

Mme C de quitter le territoire français et fixe le pays de destination.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer la situation de

Mme C.

Article 4 : L'Etat versera à Me Chebbale une somme de 1 000 (mille) euros hors taxes, sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Chebbale renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus de la requête n° 2400718 et la requête n° 2302455 sont rejetés.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C, à Me Chebbale et à la préfète du Bas-Rhin.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.

Délibéré après l'audience du 25 mars 2024 à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Strasbourg, le

Le greffier,

No 2302455 et 2400718

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