mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2302809 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PERREY |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22, 26 et 27 avril 2023, sous le n° 2302809, M. G E, représenté par Me Perrey, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet.
Il soutient que :
- faute pour le préfet de justifier d'une délégation de signature régulière, l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée du vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- elle ne lui a pas été communiquée dans une langue qu'il comprend ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée et aux circonstances humanitaires qu'il fait valoir ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il ne représente pas une menace à l'ordre public.
II. Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 avril et 16 mai 2023, sous le n° 2302900, M. G E, représenté par Me Perrey, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 avril 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a maintenu en rétention ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile afin de lui permettre de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile et de lui remettre tous effets personnels qui seraient en possession de l'administration ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers frais et dépens ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne lui a pas été communiquée dans une langue qu'il comprend ;
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée du vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet du Haut-Rhin n'a pas procédé à un examen réel de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L. 531-24 et L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'appartenait pas au préfet de se prononcer sur la réalité des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays ;
- la décision est entaché d'erreur d'appréciation quant au caractère dilatoire de sa demande d'asile ;
- c'est à tort que le préfet ne s'est pas considéré comme saisi d'une demande d'asile suite à ses déclarations lors de son audition ;
- c'est à tort que le préfet a estimé qu'il ne disposait pas de garanties de représentation
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet des deux requêtes.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Guth en application des dispositions des articles
L. 614-9 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guth, magistrat désigné ;
- les observations de Me Perrey, avocat de M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de M. E, assisté de Mme D, interprète assermentée en langue serbe.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 mars 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à M. A B, chef du service de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à ce service, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les conditions dans lesquelles une décision administrative est notifiée sont sans incidence sur sa légalité. L'intéressé ne peut utilement soutenir que la décision attaquée lui a été notifiée dans une langue qu'il ne comprend pas. Le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Haut-Rhin n'a pas procédé à un examen réel de la situation du requérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
7. D'abord, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le préfet du Haut-Rhin a ainsi fait apparaître dans sa décision les différents éléments sur lesquels il s'est fondé pour estimer, au regard des différents critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. E pouvait faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée deux ans. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut être qu'écarté.
8. Ensuite, en se bornant à se prévaloir de la présence en France de sa fille et de la mère de cette dernière, M. E ne justifie pas de circonstances humanitaires justifiant qu'une interdiction de retour sur le territoire français ne soit pas prononcée, dès lors qu'il s'est livré à des violences sur la mère de sa fille, qui constituent une menace pour l'ordre public, et qu'il ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et l'éducation de cette dernière. Ainsi, c'est sans méconnaitre les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet du Haut-Rhin a pu prononcer à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français de 2 ans.
9. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. L'intéressé se prévaut de la présence en France de la mère de sa fille avec laquelle il soutient être en concubinage. Toutefois, il n'établit par aucune pièce probante la réalité de la vie commune. De plus, à supposer la réalité de la vie commune établie, elle est récente. Et, ainsi qu'il a été exposé au point 8, l'intéressé s'est livré à des faits de violences sur la mère de sa fille. Enfin, M. E n'établit pas avoir noué en France des relations personnelles stables et anciennes. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la préfète n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant.
Sur la légalité du maintien en rétention :
12. En premier lieu, par un arrêté du 27 mars 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à Mme H C, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, en cas d'absence ou d'empêchement de M. I F, directeur de la réglementation, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à ce service, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F n'aurait pas été absent ou empêché à la date de signature des arrêtés attaqués. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision manque en fait et doit être écarté.
13. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'exposé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.
14. En troisième lieu, les conditions dans lesquelles une décision administrative est notifiée sont sans incidence sur sa légalité. L'intéressé ne peut utilement soutenir que la décision attaquée lui a été notifiée dans une langue qu'il ne comprend pas. Le moyen doit être écarté.
15. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Haut-Rhin n'a pas procédé à un examen réel de la situation du requérant.
16. En sixième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant le préfet, en relevant qu'il ne produisait aucun élément probant quant aux risques qu'il encourrait dans son pays d'origine, ne s'est pas prononcé sur la réalité desdits risques.
17. En septième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ". L'article 8 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 dispose : " 1. Les États membres ne peuvent placer une personne en rétention au seul motif qu'elle est un demandeur conformément à la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale. 2. Lorsque cela s'avère nécessaire et sur la base d'une appréciation au cas par cas, les États membres peuvent placer un demandeur en rétention, si d'autres mesures moins coercitives ne peuvent être efficacement appliquées. 3. Un demandeur ne peut être placé en rétention que : () d) lorsque le demandeur est placé en rétention dans le cadre d'une procédure de retour au titre de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, pour préparer le retour et/ou procéder à l'éloignement, et lorsque l'État membre concerné peut justifier sur la base de critères objectifs, tels que le fait que le demandeur a déjà eu la possibilité d'accéder à la procédure d'asile, qu'il existe des motifs raisonnables de penser que le demandeur a présenté la demande de protection internationale à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour ; () / Les motifs du placement en rétention sont définis par le droit national. 4. Les États membres veillent à ce que leur droit national fixe les règles relatives aux alternatives au placement en rétention, telles que l'obligation de se présenter régulièrement aux autorités, le dépôt d'une garantie financière ou l'obligation de demeurer dans un lieu déterminé. ".
18. L'intéressé soutient que la décision le maintenant en rétention serait entachée d'une erreur de droit dès lors que l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne prévoyant pas de définition de critères objectifs pour la qualification du caractère dilatoire d'une demande d'asile, est incompatible avec l'article 8.3 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013.
19. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 754-3 que, hors le cas particulier où il a été placé en rétention en vue de l'exécution d'une décision de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile, il doit en principe être mis fin à la rétention administrative d'un étranger qui formule une demande d'asile. Toutefois, l'administration peut maintenir l'intéressé en rétention, par une décision écrite et motivée, dans le cas où elle estime que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. S'il incombe aux Etats membres, en vertu du paragraphe 4 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, de définir en droit interne les motifs susceptibles de justifier le placement ou le maintien en rétention d'un demandeur d'asile, parmi ceux énumérés de manière exhaustive par les dispositions du paragraphe 3 de cet article, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du 3 de l'article 8, que les critères objectifs sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi. Dans ces conditions, la circonstance que les dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'explicitent pas les critères objectifs permettant à l'autorité administrative de considérer que la demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement n'est pas de nature à entacher d'erreur de droit l'arrêté contesté. Par suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté.
20. En huitième lieu, l'intéressé soutient que sa demande d'asile déposée pendant sa rétention n'était pas dilatoire. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il est entré en France en 2021, qu'il n'a jamais manifesté son intention de demander son admission au bénéfice de la qualité de réfugié et notamment pas pendant sa garde à vue, ni fait part de ses craintes en cas de retour en Bosnie. Dans ces conditions, le préfet a pu estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que la demande d'asile formulée par M. E avait été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Par suite, ce moyen doit être écarté.
21. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne dispose pas d'une adresse personnelle stable, qu'il n'a entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation et qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il présente des garanties de représentation justifiant qu'il ne soit pas placé en rétention.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés des 21 et 24 avril 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées. La présente instance n'ayant pas généré de dépens, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article
R. 761-1 ne peuvent également qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G E et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique le 17 mai 2023.
Le magistrat désigné,
L. Guth,
Premier conseillerLe greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2302900
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026