mercredi 10 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2302971 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHWEITZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2023, M. C, représenté par Me Schweitzer, avocate, demande au tribunal :
1°)d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son transfert aux autorités allemandes ;
2°)d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin a prononcé son assignation à résidence ;
3°)d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et un formulaire de demande d'asile, dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros toutes taxes comprises au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- sa requête est recevable ;
-Sur la décision de transfert :
* la décision de transfert est insuffisamment motivée dès lors qu'il n'a pas eu copie de l'accord de transfert des autorités allemandes ;
* la décision de transfert méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* la décision de transfert méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
* la décision de transfert est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- Sur la décision portant assignation à résidence :
* la décision portant assignation à résidence sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de transfert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le traité sur l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du
26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des dispositions des articles L. 572-6 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant camerounais, indique être entré en France pour y solliciter l'asile. Une attestation de demande d'asile en procédure Dublin lui a été délivrée le 14 avril 2023. Le relevé décadactylaire du fichier Eurodac ayant révélé que M. B a précédemment sollicité l'asile en Allemagne et en Hongrie, les autorités allemandes et les autorités hongroises ont été saisies, Le 17 avril 2023, d'une demande de reprise en charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article 18 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013. Les autorités hongroises ont refusé la reprise en charge de l'intéressé et les autorités allemandes ont donné leur accord le 19 avril 2021 en application des dispositions de l'article 18 du règlement (UE) n°604/2013. Par deux arrêtés du 26 avril 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Haut-Rhin a ordonné son transfert aux autorités allemandes et a prononcé son assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de transfert :
2.En premier lieu, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivé. La circonstance que l'accord des autorités allemandes n'a pas été présenté au requérant, à la supposer exacte, est sans incidence sur la régularité de la décision contestée.
3.En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
4. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de raisons sérieuses de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet État membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.
5.Si M. B soutient qu'il risque d'être reconduit au Cameroun en cas de transfert vers l'Allemagne, il n'apporte toutefois aucun élément de nature à établir que l'État allemand présenterait des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Il ne se prévaut par ailleurs d'aucun élément relatif à sa situation personnelle qui permettrait d'établir qu'il serait nécessairement renvoyé au Cameroun par les autorités allemandes, sans examen sérieux de sa demande d'asile. En outre, si M. B produit un article de presse du 10 février 2022 relativement succinct sur le rapport annuel sur la situation des droits humains au Cameroun de 2021, cet élément n'est pas suffisant pour démontrer qu'il subirait personnellement des traitements inhumains ou dégradants contraires aux stipulations précitées dans son pays d'origine. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6.En troisième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ". La faculté ainsi laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Cette possibilité doit en particulier être mise en œuvre lorsqu'il y a des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé courra, dans le pays de destination, un risque réel d'être soumis à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7.Ainsi qu'il a été dit précédemment, si M. B affirme qu'en cas de transfert vers l'Allemagne, il risque le renvoi dans son pays d'origine, le Cameroun, où il serait soumis à des traitements inhumains ou dégradants, il ne présente aucun élément permettant d'établir que les autorités allemandes feraient obstacle à l'examen de sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Le requérant ne se prévaut par ailleurs d'aucun élément circonstancié relatif à sa situation personnelle de nature à établir que la décision du préfet du Haut-Rhin de ne pas faire usage de la faculté dérogatoire de ne pas procéder à son transfert serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou méconnaîtrait les dispositions de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :
8.Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
9.Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés susvisés du préfet du Haut-Rhin en date du 26 avril 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.
La magistrate désignée,
A. ALe greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026