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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2302988

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2302988

mercredi 10 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2302988
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantZIMMERMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2023, M. C A, représenté par Me Zimmermann, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités hongroises ;

3°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé son assignation à résidence ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de le convoquer en préfecture aux fins d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxe au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

Sur la décision de transfert :

- il n'est pas établi que le signataire de la décision justifie d'une délégation de signature ;

- il n'est pas établi que l'autorité préfectorale lui a notifié les informations conformément aux dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas établi qu'il a bénéficié d'un entretien individuel conforme aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;

- elle est entachée d'illégalité dès lors qu'il n'est pas établi que l'autorité préfectorale a effectué les diligences nécessaires auprès des autorités hongroises ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 12 du règlement (UE) n°604/2013 du

26 juin 2013 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 du

26 juin 2013 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du

26 juin 2013 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de transfert ;

- il n'est pas établi que le signataire de la décision justifie d'une délégation de signature ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu :

- le traité sur l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du

26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du

26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application des dispositions des articles L. 572-6 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dulmet, magistrate désignée ;

- les observations de Me Zimmermann, représentant M. A, absent à l'audience, qui reprend les moyens et conclusions soulevés dans la requête et soutient en outre que la décision portant transfert est entachée de défaut d'examen circonstancié de sa situation, que les éléments de fait retranscrits lors de l'entretien ne correspondent pas à la situation du requérant, que celui-ci ne parle ne comprend l'anglais académique, et qu'il n'est pas démontré que les Pays-Bas auraient été sollicités pour prendre en charge M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant camerounais, né en 1979 au Cameroun, est entré en France et s'est vu remettre une attestation de demande d'asile le 31 janvier 2023. Le 7 février 2023, les autorités hongroises ont été saisies d'une demande de prise en charge de M. A et ont donné leur accord le 22 mars 2023 en application de l'article 12 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013. Par deux arrêtés du 12 avril 2023, notifiés le 27 avril 2023, dont M. A demande leur annulation, la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités hongroises et l'a assigné à résidence.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur le moyen commun aux décisions contestées :

4. Par un arrêté du 6 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à Mme B F, attachée, cheffe du pôle régional Dublin, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. E, chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, les décisions de transfert et les décisions portant assignation à résidence prises en application des articles L. 731-1 et L. 751-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile . Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté

Sur les autres moyens relatifs à l'arrêté de transfert :

5. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre, le 31 janvier 2023, la brochure " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " dans leurs versions en langue anglaise ainsi que le guide du demandeur d'asile. S'il est soutenu à l'audience que M. A comprend le " pilgrim english ", mais non l'anglais académique, et qu'il n'a dès lors pas été en mesure de comprendre la procédure qui lui a été expliquée, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a déclaré comprendre l'anglais, qui constitue d'ailleurs, avec le français, la seconde langue officielle du Cameroun. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. /

5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié un entretien individuel le 16 janvier 2023 qui s'est déroulé en langue anglaise. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé maîtrise cette langue. Il a d'ailleurs sollicité un entretien rectificatif, pour préciser qu'il avait traversé les Pays-Bas et la Hongrie avant son entrée en France. Le requérant ne fait par ailleurs état d'aucun élément précis qui conduirait à penser que cet entretien ne s'est pas déroulé dans les conditions prévues par les dispositions de l'article cité au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 précitées doit être écarté.

9. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant transfert aux autorités hongroises serait entachée d'un défaut d'examen circonstancié de la situation du requérant. Il n'est notamment pas établi que les faits relatés dans les comptes rendus d'entretien de demande d'asile ne correspondent pas à ceux qui ont été exposés par le requérant au cours de ces entretiens.

10. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que les autorités françaises ont saisi les autorités hongroises d'une demande de reprise en charge du requérant le 7 février 2023, et que celles-ci ont donné leur accord le 22 mars 2023. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il ne serait pas démontré que l'autorité préfectorale a effectué les diligences nécessaires auprès des autorités hongroises doit être écarté. La circonstance que l'administration ne justifie pas avoir également saisi les Pays-Bas d'une demande de prise en charge est sans incidence sur la légalité de la décision de transfert à destination de la Hongrie.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " () / 2. Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, sauf si ce visa a été délivré au nom d'un autre État membre en vertu d'un accord de représentation prévu à l'article 8 du règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (1). Dans ce cas, l'État membre représenté est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / () / 4. Si le demandeur est seulement titulaire () d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres. / () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A était titulaire d'un visa délivré par les autorités hongroises valable jusqu'au 24 janvier 2023, soit un visa était périmé depuis moins de six mois à la date du dépôt de la demande d'asile. Par ailleurs, il est constant que le requérant n'a pas quitté le territoire des États membres, sur lequel il est entré par la Hongrie, ainsi qu'il en fait état lors de son entretien individuel. Dès lors, en application des dispositions précitées, la Hongrie est responsable de l'examen de leur demande de protection internationale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit être écarté.

13. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " () 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La procédure de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile ne peut être engagée dans le cas de défaillances systémiques dans l'Etat considéré mentionné au 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride. ". Enfin, aux termes de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. D'autre part, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". Aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement 604/2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

15. Si M. A soutient que la Hongrie connaît des défaillances systémiques dans la prise en charge des demandeurs d'asile, il n'établit pas que les autorités hongroises seraient, à la date de la décision en litige, dans l'incapacité structurelle d'examiner sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, ni que l'examen de sa demande d'asile en Hongrie l'exposerait à un risque personnel de traitement inhumain ou dégradant. Par ailleurs, si M. A soutient avoir été victime de traitements inhumains de la part des autorités hongroises, il ne verse aucun élément au soutien de ses allégations, alors qu'il a accepté, le 27 avril 2023, la proposition d'aide au transfert vers la Hongrie. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que les dispositions et stipulations citées aux points 13 et 14 auraient été méconnues. Pour les mêmes motifs, l'arrêté de transfert n'apparaît pas entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur les autres moyens relatifs à l'arrêté portant assignation à résidence :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision assignant M. A à résidence devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de transfert aux autorités hongroises ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivé.

18. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant avant de l'assigner à résidence. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut qu'être écarté.

19. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision d'assignation à résidence, eu égard à sa durée et aux obligations imposées au requérant, soit disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Zimmermann et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.

La magistrate désignée,

A. DLe greffier,

C. Bohn

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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