mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303145 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOHNER |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boutot, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus lors de l'audience publique du 16 mai 2023 :
- le rapport de M. Boutot, juge des référés ;
- les observations de Me Bohner, qui développe le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ;
- les observations de M. A C.
Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce et en raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. A C à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. Eu égard à son objet et à ses effets, une décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour porte, en principe, et sauf à ce que l'administration fasse valoir des circonstances particulières, par elle-même atteinte de manière grave et immédiate à la situation de la personne qu'elle vise et crée, dès lors, une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En l'espèce, le préfet du Haut-Rhin ne faisant valoir aucune circonstance particulière, la condition d'urgence est remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux :
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A C est arrivé en France en 1993 à l'âge de 13 ans et qu'il a bénéficié de titres de séjour à compter de 1998. Compte tenu de cette ancienneté de séjour, et au regard de la nature des agissements pour lesquels le requérant a été condamné, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision du 13 avril 2023.
6. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision attaquée jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de délivrer à M. A C, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond. Il n'y pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve de l'admission définitive de M. A C à l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros HT, à verser à Me Bohner, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A C est admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :L'exécution de la décision du préfet du Haut-Rhin du 13 avril 2023 refusant à M. A C le renouvellement de son titre de séjour est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Haut-Rhin de délivrer à M. A C une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond.
Article 4 :L'Etat versera à Me Bohner une somme de 1 200 euros HT au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de l'admission définitive de M. A C à l'aide juridictionnelle et de sa renonciation à percevoir la part contributive à l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 5 :Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 6 :La présente décision sera notifiée à M. B A C, à Me Bohner et au préfet du Haut-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 17 mai 2023
Le juge des référés,
L. Boutot
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026