LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2303174

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2303174

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2303174
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantMARTIN-KEUSCH - LUTTENAUER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 mai 2023 et le 10 mai 2024,

M. A B, représenté par Me Martin-Keusch, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de l'admettre au séjour ou à défaut de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- même fondée sur la prétendue menace pour l'ordre public que constituerait son comportement, la décision du 15 novembre 2022 méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bouzar a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien né en 2001 en Tunisie, déclare être entré en France à l'âge de cinq mois. Il a obtenu un premier titre de séjour d'un an en qualité de jeune majeur, valide du 16 avril 2019 au 15 avril 2020. M. B, par une demande complétée pour la dernière fois le 8 mars 2021, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un courrier du 5 novembre 2021, le préfet du Haut-Rhin l'a informé que l'examen de son dossier avait révélé qu'il était défavorablement connu des services de police et de justice pour de nombreux faits liés notamment aux stupéfiants depuis 2017 et que, compte tenu du trouble à l'ordre public représenté par son comportement, il n'entendait pas réserver une suite favorable à sa demande. Néanmoins, le préfet du Haut-Rhin a décidé de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail valide six mois, tout en informant l'intéressé qu'en cas de nouveaux troubles à l'ordre public, son autorisation provisoire de séjour ne serait pas renouvelée. Saisi le 14 septembre 2022 d'une demande de M. B tendant au renouvellement de son autorisation provisoire de séjour, le préfet du Haut-Rhin, par une décision du 15 novembre 2022, a décidé de ne pas faire droit à cette demande après avoir relevé que le

28 juin 2022, l'intéressé avait été interpellé par les services de police pour détention non autorisée de stupéfiants et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision du 15 novembre 2022 ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. M. B soutient qu'il réside en France depuis 2001, qu'il n'a jamais quitté le territoire français depuis, que ses parents y résident régulièrement sous couvert de cartes de résident, ainsi que son jeune frère et ses deux sœurs, ces dernières étant de nationalité française. Il ressort cependant des pièces du dossier, ainsi que le préfet du Haut-Rhin le fait valoir, que

M. B est défavorablement connu des services de police depuis plusieurs années et qu'il a fait l'objet de plusieurs condamnations. Ainsi, M. B a été condamné le 5 juillet 2019 à une peine d'un mois et dix jours d'emprisonnement par le tribunal de Bâle pour tentative de vol le

1er juillet 2019. Il a été condamné le 19 mars 2021 à une peine de cinq mois de détention à domicile sous surveillance électronique par le tribunal judiciaire de Mulhouse pour cession ou offre de stupéfiants à une personne en vue de sa consommation personnelle et détention non autorisée de stupéfiants, faits commis du 1er janvier 2021 au 10 février 2021. Il a encore été condamné le 31 mai 2021 à une peine de sept mois d'emprisonnement sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique par le tribunal correctionnel de Mulhouse pour usage illicite de stupéfiants, acquisition non autorisée de stupéfiants, offre ou cession et détention non autorisées de stupéfiants, récidive d'usage illicite, d'acquisition, de détention, d'offre et cession non autorisée de stupéfiants, faits commis de février 2021 à mai 2021. Le 31 août 2021,

M. B a été condamné à une peine de 400 euros d'amende par le président du tribunal judiciaire de Mulhouse pour usage illicite de stupéfiants du 1er juin 2019 au 9 octobre 2019. Le 1er juillet 2022, il a été condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement délictuel par le tribunal correctionnel de Mulhouse pour des faits de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et récidive de détention non autorisée de stupéfiants, commis le 28 juin 2022. Le 1er mars 2023, soit antérieurement à la naissance de la décision implicite rejetant son recours gracieux, M. B a encore été condamné par le tribunal correctionnel de Mulhouse à des peines de huit mois d'emprisonnement délictuel et de deux mois d'emprisonnement délictuel pour des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, récidive et refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, conduite d'un véhicule malgré la suspension judiciaire du permis de conduire, récidive et port sans motif légitime d'une arme blanche ou incapacitante de catégorie D, et récidive d'usage illicite de stupéfiants.

4. Dans ces conditions, M. B, qui au demeurant ne fait état, à l'exception d'une convention conclue avec l'AFPA pour lui permettre d'effectuer deux semaines de stage en entreprise, d'aucun élément relatif à sa vie en France et de son intégration dans la société française, n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de renouveler son autorisation provisoire de séjour, le préfet du Haut-Rhin a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées ont été prises en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. En second lieu, pour les mêmes motifs, M. B n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet du Haut-Rhin a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Haut-Rhin.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 13 mai 2024 à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Strasbourg, le

Le greffier,

No 2303174

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions