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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2303238

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2303238

mercredi 31 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2303238
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPIALAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mai 2023, et un mémoire complémentaire du 25 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Piallat, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 28 février 2023 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder l'allocation pour demandeur d'asile dans un délai de 15 jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte, subsidiairement, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- plusieurs moyens sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision ;

- le signataire de la décision attaquée ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée à cet effet ;

- il n'a pas été procédé à un examen de vulnérabilité ;

- elle peut justifier d'un motif légitime à avoir présenté sa demande d'asile au-delà d'un délai de 90 jours après son entrée en France ;

- en l'absence de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, elle peut toujours bénéficier de l'allocation et son recours n'est dès lors pas dépourvu d'objet.

Par un mémoire, enregistré le 24 mai 2023, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que la protection subsidiaire a été accordée à la requérante avant l'introduction du présent recours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. Julien Iggert pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 25 mai 2023, en présence de Mme Odile Wagner, greffière d'audience, le rapport de M. Julien Iggert, juge des référés.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Le juge des référés a indiqué que l'instruction était close à l'issue de l'audience publique, conformément à l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Mme B a bénéficié d'une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides en date du 30 mars 2023 lui accordant le bénéfice de la protection subsidiaire après sa demande de réexamen du 14 mars 2023. Ainsi, lors de l'enregistrement de sa demande de référé, son statut faisait obstacle à ce qu'elle puisse bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Toutefois, le bénéfice de l'allocation ne prend fin qu'au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision. Il ne résulte pas de l'instruction que cette notification ait été réalisée à la date de la présente ordonnance. Toutefois, la notification de cette décision est susceptible d'intervenir dans un temps très réduit. Dans ces conditions, la situation de Mme B ne caractérisait pas l'urgence requise par les dispositions précitées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tendant à l'existence de moyens de nature à faire naitre un doute sérieux, les conclusions de la requête présentées contre cette décision, sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité du référé.

5. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent pas être accueillies.

ORDONNE :

Article 1 : Mme B n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Piallat. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Strasbourg le 31 mai 2023.

Le juge des référés,

J. IGGERT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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