mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 24 mai 2023, M. A B, représenté par Me Elsaesser, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2023, notifié le 17 mai 2023, par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2023, notifié le 17 mai 2023, portant assignation à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile en procédure normale et un formulaire OFPRA, dans un délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, à la préfète du Bas-Rhin de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté ordonnant son transfert aux autorités allemandes :
- il n'est pas motivé ;
- la préfète n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) du 26 juin 2013 ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) du 26 juin 2013 et le droit à être effectivement entendu ont été méconnus ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement (UE) du 26 juin 2013 ;
- il méconnait les dispositions de l'article 6 du règlement (UE) du 26 juin 2013 et l'intérêt supérieur de son enfant mineure ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est dépourvu de base légale en raison de l'illégalité de l'arrêté ordonnant son transfert aux autorités allemandes ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Une note en délibéré, présentée par la préfète du Bas-Rhin, a été enregistrée le 25 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Jordan-Selva en application des dispositions des articles L. 572-6 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Elsaesser, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et insiste d'une part, sur les craintes de représailles à l'encontre M. B en cas de retour en Turquie et d'autre part, sur la nécessité de prendre en compte l'intérêt supérieur de son enfant mineure, actuellement hébergée avec lui chez sa sœur et scolarisée depuis le mois d'avril ;
- les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue kurde.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né en 1996, est entré en France accompagnée de sa fille mineure en décembre 2022 selon ses déclarations. Il a sollicité l'asile en France le 20 février 2023 auprès des services de la préfecture du Haut-Rhin. La consultation du fichier Eurodac a fait ressortir qu'il avait préalablement déposé une demande d'asile en Allemagne. Les autorités allemandes ont été saisies le 24 février 2023 d'une demande de reprise en charge à laquelle elles ont donné leur accord le 28 février 2023 sur le fondement de l'article 18-1 b) du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par un arrêté du 5 mai 2023, la préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert de M. B aux autorités allemandes. Par un arrêté du même jour, l'intéressé a été assigné à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté ordonnant son transfert aux autorités allemandes :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. / () ". Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
5. En l'espèce, l'arrêté prononçant le transfert de M. B aux autorités allemandes vise le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ainsi que le règlement portant modalité d'application du règlement n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable d'une demande d'asile, relève le caractère irrégulier de l'entrée en France de l'intéressé, rappelle le déroulement de la procédure suivie lorsque M. B s'était présenté devant les services de la préfecture du Haut-Rhin et précise notamment que la consultation du fichier Eurodac a permis de constater que l'intéressé avait sollicité l'asile auprès des autorités allemandes. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté en litige que la préfète du Bas-Rhin, qui a notamment précisé que M. B a déclaré avoir une sœur présente en France, n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : (). 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que deux brochures, intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " ont été remises à M. B le 4 avril 2023. Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 et contiennent l'intégralité des informations prévues par les règlements (UE) n° 603/2013 et n° 604/2013. Ces brochures, qui lui ont été délivrées en langue turque que M. B a déclaré comprendre, permettent au demandeur d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application de ces règlements. Il résulte de ce qui précède que le requérant s'est vu communiquer les éléments de la procédure de transfert. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que l'entretien individuel, prévu à l'article 5 précité, a été mené en présence d'un interprète par les services de la préfecture du Haut-Rhin avec M. B le 20 février 2023 en langue kurde qu'il a déclaré comprendre et au cours duquel il a pu faire valoir ses observations. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des informations contenues dans le compte rendu d'entretien, signé par l'intéressé, que cet entretien n'aurait pas été mené dans des conditions qui n'en auraient pas garanti sa confidentialité. En outre, en l'absence de tout élément de nature à faire naître un doute sur ce point, il n'est pas établi que l'agent de la préfecture qui a mené cet entretien, dont aucune disposition n'impose par ailleurs la mention de son identité sur le compte-rendu de l'entretien, n'aurait pas été mandaté à cet effet après avoir bénéficié d'une formation appropriée et ne serait, par suite, pas une " personne qualifiée en vertu du droit national " au sens des dispositions citées au point précédent. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que son droit d'être entendu a été méconnu doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
12. M. B se prévaut de la présence en France de membres de sa famille et notamment de sa sœur, qui l'héberge depuis plusieurs mois, lui et sa fille. S'il ressort des pièces du dossier que se trouvent notamment sur le territoire national une cousine paternelle et la sœur du requérant, il est constant que l'entrée en France du requérant et de sa fille âgée de neuf ans est récente et que le requérant a vécu séparé de sa sœur depuis dix années. M. B ne justifie pas de la stabilité, de l'ancienneté et de l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec les membres de sa famille présents sur le territoire français. En outre, par la seule production du récépissé de demande de carte de séjour délivré à sa sœur en 2013, valable du 5 mars 2013 au 4 mars 2023, M. B n'établit pas la régularité du séjour en France de celle-ci. Dans ces conditions, alors même que M. B n'aurait pas d'attaches familiales dans un autre Etat membre de l'Union européenne, la décision de transfert n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. (). ". L'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " () Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ".
14. La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
15. D'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète du Bas-Rhin a vérifié si la demande d'asile du requérant était susceptible d'être examinée de manière dérogatoire par les autorités françaises, sur le fondement des dispositions précitées de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète aurait commis une erreur de droit, au regard de ces dispositions, en ne procédant pas à un tel contrôle.
16. D'autre part, si le requérant fait valoir la présence habituelle en France de sa sœur, cette seule circonstance n'est toutefois pas suffisante pour estimer que la préfète du Bas-Rhin devait faire usage de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, alors, au demeurant, que la preuve de la régularité du séjour de cette personne n'est pas rapportée. Compte tenu de ce qui a été dit au point 12 du présent jugement, les éléments liés à la vie privée et familiale de M. B ne sont pas de nature à établir qu'en refusant de reconnaître la France comme l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile, la préfète du Bas-Rhin aurait méconnu les dispositions citées au point 13 et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Il en va de même des éléments d'ordre médical avancés par M. B, qui ne permettent pas de considérer que son transfert vers l'Allemagne serait matériellement impossible, ni que lui et sa fille ne pourraient pas bénéficier en Allemagne des soins nécessités par leur état de santé. Enfin, si M. B soutient que sa demande d'asile est notamment liée à l'activité militante et à l'engagement de l'un de ses cousins, habituellement présent en France mais actuellement porté disparu, il n'apporte pas d'éléments suffisamment circonstanciés permettant de tenir ses allégations pour établies. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. B n'a pas été définitivement rejetée par les autorités allemandes, qui ont accepté sa reprise en charge sur le fondement des dispositions du b) du I de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013. Il n'est pas établi ni même allégué que les autorités allemandes n'évalueront pas, avant de procéder à son éventuel éloignement, les risques auxquels M. B et sa fille seraient exposés en cas de retour en Turquie. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) du 26 juin 2013 et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
17. En sixième lieu et dernier lieu, aux termes de l'article 6-1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " L'intérêt supérieur de l'enfant est une considération primordiale pour les États membres dans toutes les procédures prévues par le présent règlement ".
18. Ainsi qu'il a été dit au point 16, il ne ressort pas des pièces du dossier que la fille mineure du requérant, que les autorités allemandes ont également accepté de reprendre en charge et qui n'a pas vocation à être séparée de son père, ne pourrait pas être suivie médicalement, en tant que de besoin, en Allemagne. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait pas poursuivre sa scolarisation dans ce pays. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 16, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 du règlement (UE) du 26 juin 2013 ne peut pas être accueilli.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
19. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision de transfert ayant été écartés, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'exception d'illégalité soulevé à l'encontre de l'assignation à résidence de M. B.
20. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché l'arrêté en litige n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Elsaesser et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La magistrate désignée,
S. Jordan-Selva La greffière,
L. Cherif
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Cherif
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026