vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU MW (2) |
| Avocat requérant | BESSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2023, M. B A demande au tribunal de suspendre l'exécution de l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et lui a interdit le retour durant un an ;
Il soutient que :
- il a quitté son pays dans un contexte politique conflictuel, les conditions de vie y étant très difficiles ; les miliciens janjawids représentent un danger physique permanent ; sa vie est en danger ;
- de plus, il souffre de plusieurs problèmes de santé à savoir un souffle au cœur et une invasion de bactéries dans son estomac.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête ;
Il soutient que :
- aucun recours n'est pendant devant la Cour nationale du droit d'asile, et aucune précision ni aucun élément n'est fourni à l'appui de la demande ;
- les éléments médicaux ne sont pas de nature à justifier son maintien sur le territoire.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 6 juin 2023, M.B A, représenté par Me Besse demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et lui a interdit le retour durant un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification à intervenir du jugement avec une astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification à intervenir du jugement avec une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros TTC à verser à son conseil, en application de l'articleL.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- la décision est insuffisamment motivée et ne traduit pas un examen préalable et sérieux de sa situation personnelle ; le préfet ne justifie pas sa décision au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît le principe général de l'Union européenne d'être entendu issu de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour et l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est persécuté par des trafiquants de stupéfiants.
Par un mémoire complémentaire en défense, enregistré le 9 Juin 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative et de l'article L.512-1 devenu L.614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 15 juin 2023 à 11 heures :
- le rapport de M. D, magistrat-désigné ;
- les observations de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
1. En premier lieu, il ressort des termes de la décision en cause qu'elle comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée en application tant de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et apatrides que de l'article L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration, le préfet n'étant pas tenu de motiver la décision au regard de l'absence de risques.
2. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision que le préfet a procédé à un examen préalable particulier de la situation personnelle du requérant.
3. En troisième lieu, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français fait suite au refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire à l'étranger et à l'absence du bénéfice du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L.542-1, L.542-2 et L.542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le droit d'être entendu n'implique pas, dans ce cas, que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressée à même de présenter ses observations tant écrites qu'orales, de façon spécifique en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il est amené à prendre à son encontre, dès lors qu'elle a déjà été entendue et a pu présenter toutes observations écrites ou orales sur sa situation, comme en l'espèce, dans le cadre de sa demande d'asile. Par suite, le requérant n'a été privé d'aucune garantie et, dès lors, le moyen soulevé tiré de la méconnaissance du droit à une bonne administration et du droit d'être entendu et du respect des droits de la défense issue des principes généraux du droit de l'Union européenne tels qu'énoncés au 2 de l'article 41 et à l'article 51 de la charte des droits fondamentaux doit être écarté.
4. En quatrième lieu, M. A, de nationalité soudanaise, né en 1996, est entré en France le 25 décembre 2020 selon ses déclarations. Il y vit seul et isolé, en situation précaire et ne justifie pas ne plus avoir aucuns liens personnels ou familiaux dans son pays d'origine qu'il a quitté récemment. Par ailleurs, si le requérant invoque son état de santé, il n'apporte aucun élément probant de nature à établir la gravité de son état de santé. Dans ces conditions, la décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la fixation du pays de destination :
5. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire n'étant pas irrégulière, le moyen, tiré, par la voie de l'exception, de son illégalité à l'encontre de la fixation du pays de destination ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision en cause qu'elle comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée en application tant de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et apatrides que de l'article L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration
7. Le requérant n'apporte, alors qu'au demeurant il s'est vu opposer un refus de protection internationale, à deux reprises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et à une reprise, par la Cour nationale du droit d'asile, aucun élément sur la réalité des risques qu'il courrait en cas de retour au Soudan. Les éléments que le requérant invoquent par ailleurs ne concernent que la situation générale qui prévaut dans son pays d'origine et plus particulièrement depuis le mois d'avril 2023. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
Sur la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :
8. M.A n'apporte, à l'appui de sa requête, aucun élément sérieux de nature à justifier, au titre du réexamen de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur son recours à le supposer formé. Par suite, sa demande de suspension de la mesure d'éloignement le concernant en application de l'article
L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être rejetée.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M.A à fin d'annulation et de suspension et, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'application de l'article
L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.
Le magistrat désigné,
M. DLe greffier,
N. EL ABBOUDI
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2303527
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026