lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303543 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BLANVILLAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2023, M. A B, représenté par Me Blanvillain, demande au tribunal :
1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Moselle refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte et de lui délivrer un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, avant la délivrance du titre ou durant le réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié que l'auteur de l'acte ait bien reçu une délégation de signature, régulièrement publiée ;
- le préfet ne lui a pas communiqué les motifs de la décision attaquée, contrairement aux exigences de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2024, le préfet de la Moselle conclut au non-lieu à statuer.
Le préfet fait valoir qu'il a accepté de donner une suite favorable à la demande de titre de séjour formulée par M. B, et qu'un titre lui sera délivré une fois que l'intéressé produira le certificat de concordance émanant de l'ambassade de son pays d'origine.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Mohammed Bouzar a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) né en 1992, est entré régulièrement en France le 28 septembre 2012 muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Il a bénéficié d'un titre de séjour " étudiant " valide jusqu'au 4 novembre 2017 et d'un récépissé valide jusqu'au 19 juin 2018. Par un courrier reçu le 14 novembre 2022, il a sollicité du préfet de la Moselle son admission exceptionnelle au séjour au titre la vie privée et familiale. Compte tenu du silence gardé sur sa demande, une décision implicite de rejet est réputée née le 14 mars 2023, conformément aux dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. La seule circonstance qu'il a été donné une suite favorable à la demande du requérant, auquel aucun titre de séjour ne lui a cependant encore été délivré, n'est pas de nature à priver d'objet le présent recours. Par conséquent, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet doit être écartée.
Sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
4. En l'absence d'urgence, il n'y pas lieu de prononcer l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que l'allègue M. B, qu'il réside en France depuis 2012 et y a vécu régulièrement jusqu'au 19 juin 2018, période pendant laquelle il a travaillé de manière continue comme animateur jeunesse au centre socio-culturel de Metz du 11 janvier 2016 au 31 août 2018, et comme agent d'encadrement et d'animation pour la ville de Metz à compter du 23 février 2015, auprès des enfants accueillis. Par ailleurs, l'intéressé vit en couple depuis 2020 avec une compatriote rencontrée en 2016, titulaire d'une carte de résident en sa qualité de réfugiée statutaire, avec laquelle il a eu un enfant né le 13 novembre 2021, après qu'un premier enfant soit né sans vie le 6 décembre 2020. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, M. B est fondé à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour, le préfet de la Moselle a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis et méconnu les stipulations précitées.
7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Moselle de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit pouvant affecter sa situation.
8. M. B n'ayant pas obtenu l'aide juridictionnelle, son conseil n'est pas fondé à demander le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1 : La décision implicite refusant d'admettre au séjour M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Moselle de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit pouvant affecter sa situation.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Blanvillain et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Thionville.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le président,
J. IGGERT
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
N. EL ABBOUDI
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026