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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2303555

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2303555

mercredi 19 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2303555
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCHWEITZER

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2023, M. A C, représenté par Me Schweitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et l'arrêté du même jour portant assignation à résidence ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. C soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur l'obligation de remise de l'original du passeport et l'obligation de pointage :

- ces décisions seront annulées par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

Sur l'assignation à résidence :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'il n'est justifié d'aucune perspective d'éloignement dans un délai raisonnable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2023, Mme B E, représentée par Me Schweitzer, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et l'arrêté du même jour portant assignation à résidence ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme E soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de son état de grossesse avancé ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur l'obligation de remise de l'original du passeport et l'obligation de pointage :

- ces décisions seront annulées par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

Sur l'assignation à résidence :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'il n'est justifié d'aucune perspective d'éloignement dans un délai raisonnable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits des enfants ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dorothée Merri en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Merri, magistrate désignée ;

-les observations de Me Schweitzer, avocate de M. et Mme C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et ajoute que les mesures d'assignation à résidence sont entachées d'illégalité, faute pour le préfet du Haut-Rhin de justifier d'une perspective d'éloignement du couple ;

-les observations de M. et Mme C, assistés de Mme D, interprète assermentée en langue arménienne, qui font état des difficultés rencontrées dans leur pays d'origine, et de leur impossibilité à voyager compte tenu de l'état de grossesse avancé de Mme C.

Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C, ressortissants arméniens, sont entrés en France le

7 août 2021 avec leur fille mineure ont sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 27 décembre 2022. Par deux arrêtés du 22 mai 2023, le préfet du Haut-Rhin leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an. Par des arrêtés du même jour, le préfet du Haut-Rhin les a assignés à résidence. M. et Mme C en demandent l'annulation.

2. Les requêtes susvisées, n° 2303555 et 2303556 sont relatives à la situation d'un couple d'étrangers et présentent à juger des mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. et Mme C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur la légalité des obligations de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, les décisions attaquées font apparaître les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ne ressort en outre pas des pièces des dossiers et des termes des décisions attaquées que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. et Mme C. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Les stipulations précitées ne garantissent pas à un ressortissant étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont entrés en France le 6 août 2021 et que leur présence en France est depuis liée à l'instruction de leurs demandes d'asile. Ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine, ni avoir lié de liens amicaux en France depuis leur arrivée. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de séjour des requérants en France, le préfet, en adoptant les décisions attaquées, n'a pas porté au droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel lesdites décisions en litige ont été prises. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors que les requérants, qui allèguent que leur fille âgée de cinq ans a été scolarisée en Arménie, n'établissent pas que leur enfant ne pourrait bénéficier du droit à l'instruction lors de son retour dans leur pays d'origine. Dans les circonstances susrappelées, l'administration n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur la situation personnelle de l'intéressé.

8. En troisième et dernier lieu, si Mme C fait valoir que le préfet du Haut-Rhin a entaché sa décision d'un défaut d'examen, en omettant de prendre en compte son état de grossesse, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ait avisé le préfet de sa grossesse préalablement à l'édiction de la mesure d'éloignement contestée. Par ailleurs, et alors qu'il n'est pas contesté que la date du terme, prévu le 3 juillet 2023, pourrait faire obstacle à l'éloignement de la requérante, cette circonstance concerne les modalités d'exécution de la mesure et est sans influence sur sa légalité. Par suite, Mme C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire.

Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les obligations de quitter le territoire français n'étant pas illégales, le moyen tiré de ce que les décisions fixant le pays de destination doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

10. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

11. Les requérants indiquent que M. C aurait été victime de menaces de représailles après qu'il ait dénoncé une tentative de corruption, alors qu'il était militaire. Mme C aurait été victime d'une tentative de meurtre, et on aurait tenté d'enlever leur fille. Ces évènements les auraient conduits à fuir leur pays d'origine. Ils n'apportent toutefois aucun élément précis à l'appui de ces déclarations, alors au surplus que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.

Sur la légalité des interdictions de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les obligations de quitter le territoire français n'étant pas illégales, le moyen tiré de ce que les interdictions de retour sur le territoire français doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

13. En second lieu, en se bornant à faire valoir la durée de leur séjour en France, et la circonstance qu'ils n'ont auparavant fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement, et qu'ils ne représentent pas une menace pour l'ordre public, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions en litige seraient entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur leur situation personnelle. Ainsi, par les moyens qu'ils invoquent, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions doivent être écartés.

Sur la légalité des décisions portant obligation de remise de l'original du passeport et de présentation une fois par semaine aux services de gendarmerie :

14. La décision par laquelle le préfet astreint un étranger à une obligation de présentation et de remise de son passeport ou d'une pièce d'identité tend à assurer qu'il accomplit les diligences nécessaires à son départ dans le délai qui lui a été imparti en vue de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi, en imposant aux requérants de remettre leurs passeports et de se présenter une fois par semaine aux services de police, le préfet du Haut-Rhin a fait une exacte application des dispositions en cause, nonobstant la circonstance que l'identité des requérants est connue et qu'ils disposent d'une adresse stable.

Sur la légalité des décisions portant assignation à résidence :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ". Les arrêtés contestés comportent de manière suffisante les considérations de droit et de fait qui les fondent. Le moyen tiré de leur insuffisante motivation doit être écarté comme manquant en fait.

16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité qui entacherait, selon eux, les arrêtés portant obligation de quitter le territoire à l'encontre des arrêtés d'assignation à résidence.

17. En troisième lieu, pour les motifs déjà exposés au point 8 du présent jugement, M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir qu'il n'existe aucune perspective d'éloignement dans un délai raisonnable et qu'ainsi, les mesures en litige sont dépourvues de fondement.

18. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie ". Aux termes enfin de l'article L. 733-2 de ce code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures ". Il revient au juge administratif de s'assurer que les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative sur le fondement de ces dispositions, sont adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent.

19. En l'espèce, il ressort des arrêtés contestés que les requérants ont été assignés à résidence au centre de préparation et d'accompagnement au retour (CPAR) à Illzach pour une durée de quarante-cinq jours et qu'ils doivent se présenter à la permanence de la gendarmerie nationale une fois par semaine, le mardi matin. Ainsi, alors que les requérants ne font état d'aucun élément contestant cette obligation de présentation, celle-ci apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée aux finalités poursuivies. Enfin, les circonstances dans lesquelles Mme C pourrait, compte tenu de son état de grossesse, être conduite à quitter le CPAR d'Illzach ou à ne pas respecter son obligation de pointage ne concernent que l'exécution de la mesure, et sont sans incidence sur sa légalité. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation des requérants doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 9 mai 2023 en litige. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. et Mme C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des requêtes de M. et Mme C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, à Mme B E épouse C, à Me Schweitzer et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2023.

La magistrate désignée,

D. MerriLe greffier,

C. Bohn

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision., 2303556

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