mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303720 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ARAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mai et 5 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Arab, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2023, notifié le 30 mai 2023, par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2023, notifié le 30 mai 2023, par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour pour motif humanitaire ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des violences qu'elle a subies ;
- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur l'arrêté portant assignation à résidence :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des violences qu'elle a subies ;
- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Bas-Rhin qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante bosnienne née le 24 septembre 1991, a été interpellée et placée en retenue pour vérification du droit au séjour par les services de la gendarmerie de Wolfisheim le 27 mai 2023. Constatant qu'elle n'est pas entrée régulièrement sur le territoire français et qu'elle s'y maintient sans disposer de titre de séjour, la préfète du Bas-Rhin, par un premier arrêté du
28 mai 2023, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, la préfète du Bas-Rhin l'a également assignée à résidence. Par le recours qu'elle forme, Mme B demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a fui la Bosnie, alors qu'elle était enceinte, en raison des violences infligées par son compagnon et est entrée en France le 11 août 2019 afin de présenter une demande d'asile. Si l'OFPRA, par une décision du 29 octobre 2020, confirmée par un arrêt de la CNDA du 2 décembre 2021, a refusé l'asile à Mme B au motif, notamment, qu'" aucun élément dans ses déclarations ne reflète donc son quotidien auprès d'un homme violent ", les déclarations de Mme B sur les violences récurrentes infligées par son compagnon sont néanmoins vraisemblables. Il ressort en effet des pièces du dossier que son ex-compagnon est entré sur le territoire français le 11 septembre 2022 pour la retrouver et tenter de la ramener de force à son domicile. Il a, dans ces circonstances, été reconnu coupable de violences à l'encontre de Mme B et a été condamné à une peine d'emprisonnement de huit mois dont six mois avec sursis, à une interdiction de séjour dans le Bas-Rhin pendant cinq ans et à une interdiction de rentrer en contact avec elle. Cette interdiction s'applique également à la famille de Mme B, à savoir sa sœur, son beau-frère et leurs enfants, qui étaient présents le jour de son agression, ceux-ci résidant également dans le Bas-Rhin. Par conséquent, dans les circonstances très particulières de l'espèce, compte tenu de la dangerosité de son ex-compagnon, de la protection dont elle bénéficie à l'encontre de son ex-compagnon en résidant dans le Bas-Rhin, ainsi que de la présence dans le Bas-Rhin de son nouveau compagnon et de membres de sa famille, la préfète du Bas-Rhin a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français de la préfète du Bas-Rhin du 28 mai 2023, ainsi que, par voie de conséquence, de l'arrêté du même jour portant assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. En raison du motif qui la fonde, l'annulation des décisions attaquées implique nécessairement que la préfète du Bas-Rhin délivre à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour et se prononce sur son droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la préfète du Bas-Rhin la somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : Les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français et assignation à résidence du 28 mai 2023 de la préfète du Bas-Rhin sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour et de se prononcer sur son droit à un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La préfète du Bas-Rhin versera à Mme B la somme de 800 (huit cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Arab et à la préfète du Bas-Rhin.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.
La magistrate désignée,
V. C
Le greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026