vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (1) |
| Avocat requérant | BOURCHENIN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 5 juin 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la magistrate déléguée du tribunal administratif de Nancy a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme B.
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2023 au greffe du tribunal administratif de Nancy, Mme A B, représentée par Me Bourchenin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2023 par le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une carte de séjour d'un an portant la mention " admission exceptionnelle au séjour ", dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination :
- elles sont entachées d'erreurs de fait dès lors que le préfet n'a pas cherché à vérifier son lieu de résidence habituel et effectif, qui se trouve à Metz ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dulmet en application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dulmet, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante algérienne née en 1991, est entrée régulièrement en France le 31 décembre 2019 sous couvert d'un visa de type C valable du
22 décembre 2019 jusqu'au 22 mars 2020. A la suite d'un contrôle routier, le 30 mai 2023, Mme B a été placée en garde à vue pour détention frauduleuse et usage de faux document administratif. Par un arrêté du 30 mai 2023, dont elle demande l'annulation, le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination :
2. En premier lieu, si Mme B soutient que les décisions contestées sont entachées d'erreur de fait dès lors que le préfet n'aurait pas vérifié son lieu de résidence, alors qu'elle réside à Metz et qu'elle possède un bien immobilier à Créteil Val-de-Marne, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté contesté que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait fondé sur son lieu de résidence pour prendre à son encontre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Mme B n'explicite pas d'ailleurs pas en quoi son lieu de résidence serait susceptible d'avoir eu une incidence sur les décisions qu'elle conteste. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
3. En deuxième lieu, en se bornant à se prévaloir de se présence en France depuis cinq années et de la présence en France de ses deux enfants nés en 2016 et 2020, dont l'un est scolarisé, Mme B ne démontre pas que le préfet n'aurait pas procédé à un examen circonstancié de sa situation personnelle, dès lors que ces éléments figurent dans l'arrêté contesté, et sont pris en considération pour l'édiction des décisions attaquées. Le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation ne peut, dès lors, être accueilli.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. Mme B fait valoir qu'elle vit sur le territoire français depuis cinq années, que ses enfants mineurs y résident et que l'un de ses enfants y est scolarisé. Elle expose également avoir acquis en France un bien immobilier. Mme B produit, à l'appui de ses allégations, l'acte de mariage avec son époux du 18 février 2016, célébré en Algérie, de qui elle est séparée depuis suite à des faits de violences conjugales, et une attestation notariale du
26 janvier 2022 indiquant que les époux ont acquis un bien immobilier, ainsi que des pièces établissant sa résidence à Metz. Cependant, elle ne justifie pas, par ces éléments, de liens personnels et familiaux d'une particulière intensité avec la France, où elle est constant qu'elle n'a jamais sollicité de titre de séjour. En outre, elle ne démontre pas être dépourvue de toutes attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de séjour en France de Mme B, la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ne porte pas au droit de la requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle, qui repose sur les arguments invoqués au point 5, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
7. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Meurthe-et-Moselle n'aurait pas procédé à un examen circonstancié de la situation personnelle de
Mme B.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
9. Mme B fait valoir que la décision contestée est disproportionnée dès lors que le préfet n'a pas tenu compte des menaces pesant sur elle du fait des violences conjugales dont elle a été victime. Cependant la requérante, qui réside irrégulièrement sur le territoire français depuis 2019, sans avoir cherché à régularisation sa situation, ne fait valoir, ainsi qu'il a été dit précédemment, aucun lien particulier avec le territoire français, et ne précise pas en quoi les violences conjugales qu'elle aurait subies, et dont elle ne justifie pas par la seule production de photographies, s'opposeraient à ce qu'une mesure d'interdiction de retour soit prise à son encontre. Elle ne justifie ainsi pas de circonstances humanitaires justifiant que l'autorité administrative n'édicte pas de mesure d'interdiction de retour, et ne démontre pas davantage que la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an serait entachée d'erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays de destination doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Bourchenin et au préfet de Meurthe-et-Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La magistrate désignée,
A. DULMET La greffière,
C. LAMOOT
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026