mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2304047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2023, M. C B A, représenté par Me Zimmermann, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 31 octobre 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle ;
2) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une autorisation préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 800 euros HT en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'à la date de l'édiction de cette décision, il satisfaisait à la condition de résidence régulière depuis plus de cinq ans.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2024, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties, qui ont été régulièrement averties du jour de l'audience, n'étaient ni présentes, ni représentées.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weisse-Marchal, rapporteure,
- les conclusions de M. Biget, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B A, ressortissant soudanais, a sollicité par un courrier du 23 février 2022 la délivrance d'une autorisation préalable pour suivre une formation " d'agent de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyen électronique ". Par une délibération du 8 avril 2022, la commission locale d'agrément et de contrôle Est (ci-après CLAC) du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de faire droit à sa demande. M. B A a formé un recours gracieux contre cette décision le 19 avril 2022 qui a été rejeté par délibération de la CLAC Est du 26 avril 2022. Le 6 juillet 2022, l'intéressé a formé un recours administratif préalable contre cette décision, qui a été rejeté par la commission nationale d'agrément et de contrôle (ci-après CNAC), par délibération du 20 octobre 2022. M. B A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions en annulation :
2. D'une part, les activités qui consistent, en vertu du 1° de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure, " / () A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; / () " sont règlementées et soumises à un régime de contrôle et d'autorisation préalable de l'administration. Ainsi, aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2°, 3°, 4° et 4° bis de l'article L. 612-20. / () ". Aux termes du 2° de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () / 4° bis Pour un ressortissant étranger (), s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour () / Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle () ". Aux termes de l'article L. 632-1 de ce code : " " Le Conseil national des activités privées de sécurité () est chargé, s'agissant des activités mentionnées aux titres Ier, II et II bis du présent livre () : / 1° D'une mission de police administrative. A ce titre, il délivre () les différents agréments, autorisations et cartes professionnelles prévus par le présent livre () ".
3. Pour l'application des dispositions précitées du 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, la condition tenant au fait d'être titulaire depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour s'entend comme exigeant que le demandeur justifie de la continuité depuis plus de cinq ans à la date de la décision attaquée de la régularité de sa résidence sur le territoire français, que ce soit sous couvert d'un ou plusieurs des documents de séjour mentionnés à l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ou du droit d'asile ou, dans le cas où le renouvellement de son titre ne lui a été accordé par l'autorité administrative que postérieurement à l'expiration de son dernier titre de séjour, sous couvert des récépissés de demande de renouvellement de titre de séjour devant lui être délivrés dans l'attente de ce renouvellement.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "bénéficiaire de la protection subsidiaire d'une durée maximale de quatre ans. Cette carte est délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " L'étranger qui s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Commission des recours des réfugiés est admis à souscrire une demande de délivrance de carte de séjour temporaire dans les conditions prévues à l'article R. 313-1. Dans un délai de huit jours à compter de sa demande, il est mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour qui vaut autorisation de séjour d'une durée de validité de trois mois renouvelable. Ce récépissé confère à son titulaire le droit d'exercer la profession de son choix dans les conditions prévues à l'article L. 314-4. Le bénéficiaire de la protection subsidiaire est ensuite mis en possession de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 313-13. La carte de séjour temporaire est renouvelée selon les modalités définies aux articles R. 313-35 et R. 313-36 sous réserve de l'application des dispositions de l'article L. 723-5 ".
5. Il ressort des pièces du dossier que par sa délibération du 20 octobre 2022, la CNAC a refusé de délivrer à M. B A une autorisation préalable d'accès à une formation au motif qu'il ne justifiait pas avoir résidé régulièrement sur le territoire français entre le 14 octobre 2020 et le 20 mai 2021, soit durant sept mois. L'intéressé, qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire à compter du 14 octobre 2016 par une décision de la cour nationale du droit d'asile, affirme s'être uniquement vu notifier à ce titre des récépissés valant autorisation de séjour d'une durée de six mois, renouvelés jusqu'à ce que lui soit délivrée sa carte de séjour pluriannuelle valable du 21 mars 2021 au 20 mai 2025. Toutefois, il ne produit pas la copie de ces documents ou tout autre élément de preuve à l'appui de ses dires. En outre, il ressort du relevé des demandes de titre de séjour faites par le requérant que lui ont été délivrés, outre la carte de séjour susmentionnée, un titre de voyage pour réfugié le 3 janvier 2022 valable du 28 octobre 2021 au 27 octobre 2025 ainsi qu'un récépissé de titre de séjour le 11 mai 2021 valable jusqu'au 10 novembre 2021. Dans ces conditions, eu égard à la durée maximale de quatre ans d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ", M. B A ne peut être regardé comme justifiant être titulaire d'un titre de séjour depuis au moins cinq ans conformément aux exigences du 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas fondé et doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B A dirigées contre la décision du 20 octobre 2022 refusant de lui délivrer une autorisation préalable ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laubriat, président,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère.
M. Muller Olivier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024 .
La rapporteure,
C. Weisse-Marchal
Le président,
A. Laubriat La greffière,
A. Dorffer
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2304047
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026