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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2304208

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2304208

jeudi 9 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2304208
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantKIPFFER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juin 2023 et 6 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Kipffer, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (ci-après OFII) a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil ;

2°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 3 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.

3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 13 euros en application des dispositions liées au droit de plaidoirie.

Il soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- M. A ne pouvait plus bénéficier des conditions matérielles d'accueil à compter du 14 février 2023, en l'absence d'attestation de demande d'asile ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Cormier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant mauritanien, né le 18 mars 1989, a déclaré être entré en France en avril 2022 afin de solliciter l'asile. Le 23 mai 2022, l'OFII lui a fait une offre de prise en charge à compter du même jour, que M. A a acceptée. Par un arrêté du 23 juin 2022, la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un courrier du 13 janvier 2023, M. A a été informé de l'intention de l'OFII de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. M. A a présenté des observations écrites le 24 janvier 2023. Par une décision du 27 janvier 2023, dont M. A demande l'annulation, le directeur général de l'OFII a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été prise au visa des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne le fait que M. A n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Ainsi, la décision en litige comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'elle est entachée d'un défaut de motivation.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret.

(). ".

4. D'une part, pour mettre fin au service des conditions matérielles dont M. A bénéficiait, l'OFII a retenu qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du courriel de l'unité judiciaire de la police aux frontières de Mont-Saint-Martin du 12 janvier 2023, dont le caractère probant n'est pas sérieusement contesté, que M. A a empêché son transfert aux autorités espagnoles en retardant ses préparatifs, de manière répétée, alors qu'un délai d'une heure lui avait été laissé pour descendre ses bagages. M. A a été déclaré en fuite le 12 janvier 2023. D'autre part, il ne ressort pas des éléments produits par M. A que le directeur de l'OFII n'aurait pas pris en compte sa situation de vulnérabilité. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté des observations sur la mesure de cessation des conditions matérielles d'accueil envisagée à son encontre. Par conséquent, M. A n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'OFII a entaché la décision attaquée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et celles présentées au titre des frais de plaidoirie.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Kipffer et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,

Mme Deffontaines, première conseillère,

M. Cormier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.

Le rapporteur,

R. CORMIER

Le président,

T. GROSLe greffier,

P. SOUHAIT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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