vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2304621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 juin et 5 juillet 2023, M. C D, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 juin 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour pour une durée d'un an.
Il soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles sont entachées d'un vice de compétence ;
- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que sa situation ne relève pas du champ de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de sa demande d'asile en cours d'examen en Suisse ;
Sur la légalité de la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la légalité de la décision prononçant une interdiction de retour :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
- elle est entachée d'une exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 et 7 juillet 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thomas Gros en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros, magistrat désigné,
- les observations de Me Grascoeur, représentant M. D ;
- les observations de M. D, assisté de M. B, interprète en langue arabe.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant C D, ressortissant algérien, né le 12 décembre 1990 à Constantine (Algérie), alias M. E né le 11 janvier 1991 à Oran (Algérie), a été interpellé par les services de police et placé en garde à vue le 27 juin 2023 pour des faits de vol à l'étalage et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Par arrêté du 28 juin 2023, la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur la légalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. () ".
3. Les stipulations de l'article 31-2 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impliquent nécessairement que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit autorisé à demeurer provisoirement sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Dès lors, lorsqu'en application des stipulations des conventions internationales conclues avec les Etats membres de l'Union européenne, l'examen de la demande d'asile d'un étranger ne relève pas de la compétence des autorités françaises mais de celles de l'un de ces Etats, la situation du demandeur d'asile n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais dans celui des dispositions du premier alinéa de l'article L. 572-1 du même code. En vertu de ces dispositions, la mesure d'éloignement en vue de remettre l'intéressé aux autorités étrangères compétentes pour l'examen de sa demande d'asile ne peut être qu'une décision de réadmission prise sur le fondement de cet article, et non une obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement de l'article L. 611-1.
4. Le requérant soutient qu'il n'a pas été tenu compte de sa qualité de demandeur d'asile en Suisse, circonstance qui aurait dû motiver sa réadmission dans ce pays. A l'appui de ses allégations il produit une attestation d'hébergement pour demandeur d'asile délivrée par les autorités suisses valable jusqu'au dix novembre 2022. Il est également constant que l'intéressé est connu des services de police sous l'alias Oussama Zeghdoud qui a déjà fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités suisses le 26 avril 2022 sur le fondement de l'article 18-1 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir que le requérant ne justifie pas de la prolongation de son statut de demandeur d'asile en Suisse, sans établir ni même alléguer s'être informée de sa situation actuelle auprès des autorités de ce pays, la préfète du Bas-Rhin a entaché sa décision d'un défaut d'examen réel et sérieux.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 28 juin 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a obligé M. D à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour pour une durée d'un an doit être annulé.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du 28 juin 2023 est annulé.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Prononcé en audience publique le 7 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
T. GrosLa greffière,
L. Cherif
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à
tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les
parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Cherif
N°2304621
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026