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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2305065

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2305065

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2305065
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantAARPI ELEOS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme B..., ressortissante ukrainienne, d’un recours en excès de pouvoir contre un refus de titre de séjour du 26 septembre 2022. La requérante invoquait notamment la méconnaissance de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a constaté que la préfète du Bas-Rhin avait délivré à Mme B... un titre de séjour valable après l’introduction de la requête, rendant les conclusions en annulation et injonction sans objet. Il a donc prononcé un non-lieu à statuer sur ces demandes et a condamné l’État à verser 1 000 euros à l’avocate de la requérante au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, et un mémoire enregistré le 13 octobre 2023, Mme A... B..., représentée par Me Andreini, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 26 septembre 2022 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son avocate, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
-
la décision attaquée est entachée d’incompétence ;
-
elle est entachée d’un vice de procédure, dès lors que la commission du titre de séjour n’a pas été consultée ;
-
elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
-
elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-
elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir qu’elle a délivré à Mme B..., le 1er septembre 2023, un titre de séjour valable du 26 juin 2023 au 25 juin 2024.


Mme B... a été admise à l’aide juridictionnelle totale par une décision du 1er juin 2023 du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Strasbourg.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Muller a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Madame A... B..., ressortissante ukrainienne, née en 1970, déclare être entrée en France le 16 juillet 2012. Sa demande d’asile a été rejetée par la Cour nationale du droit d’asile, le 11 décembre 2013. Le 8 novembre 2021, la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par un arrêté du 28 mars 2022, la préfète du Bas-Rhin a retiré l’arrêté du 8 novembre 2021 et a rejeté à nouveau sa demande d’admission au séjour. Le 19 septembre 2022, Mme B... a sollicité à nouveau son admission exceptionnelle au séjour. Le 26 septembre 2022, la préfète du Bas-Rhin a rejeté cette demande en l’absence d’élément nouveau. Mme B... demande l’annulation de cette décision.

Sur l’exception de non-lieu à statuer :

Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l’annulation d’une décision ayant rejeté une demande de titre de séjour lorsque, postérieurement à la saisine de la juridiction, l’autorité administrative a délivré le titre sollicité ou un titre de séjour emportant des effets équivalents à ceux du titre demandé.

Il ressort des pièces du dossier que, le 1er septembre 2023, postérieurement à l’introduction de la requête, la préfète du Bas-Rhin a délivré à Mme B... une carte de séjour temporaire valable du 26 juin 2023 au 25 juin 2024. Par suite, les conclusions en annulation et, par voie de conséquence, celles à fin d’injonction sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.

Sur les frais liés au litige :

Mme B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que Me Andreini renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Andreini de la somme de 1 000 euros.


D E C I D E :

Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction de la requête de Mme B....

Article 2 :
L’Etat versera à Me Andreini une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Andreini renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Andreini et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Délibéré après l’audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Haudier, présidente,
Mme Foucher, première conseillère,
M. Muller, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2025.



Le rapporteur,
O. Muller
La présidente,



G. Haudier


La greffière,

C. Haas


La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,

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