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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2305242

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2305242

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2305242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGOLDBERG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 21 juillet et 5 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Goldberg, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner à la préfète du Bas-Rhin et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de verser aux débats tous les éléments sur la base desquels le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu son avis du 28 décembre 2020 ;

3°) d'annuler les décisions du 21 mars 2023 par lesquelles la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement ;

4°) d'enjoindre, à titre principal, la préfète du Bas-Rhin à délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours suivant notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, à réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et sous la même condition d'astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxes au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation, la préfète du Bas-Rhin ne démontrant pas que les soins que requiert l'état de santé du requérant sont disponibles dans son pays d'origine ;

- il n'est pas justifié des éléments ayant conduit le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à modifier son avis médical dans un intervalle d'un an ;

- la décision attaquée a été édictée plus de deux années après l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, la préfète n'a ainsi pas pris en compte l'évolution de la maladie du requérant ;

- il ne pourra pas bénéficier des soins que son état requiert dans son pays d'origine ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à l'intégration du requérant dans la société française ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le défaut de motivation révèle un défaut d'examen particulier de la situation du requérant ;

- elle est fondée sur une décision de refus de séjour elle-même illégale.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la préfète a méconnu le droit à être entendu ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est fondée sur des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire elles-mêmes illégales.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 août 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 septembre 2023 :

- le rapport de Mme Merri, première conseillère,

- et les observations de Me Goldberg, représentant M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né en 1990, est entré en France en décembre 2018 avec son père aux fins d'y demander l'asile. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 25 septembre 2019. Le 19 juin 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, et a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour valable un an. Le 28 août 2020, il en a demandé le renouvellement. Par un arrêté du 21 mars 2023, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes du 7ème alinéa de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'émission de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration : " L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. ".

5. Il est constant que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration relatif à l'état de santé de M. B a été émis au-delà du délai de trois mois suivant la transmission du certificat médical visé par les dispositions précitées. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions précitées que le délai de trois mois soit prescrit à peine de nullité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".

7. Pour refuser le titre de séjour sollicité sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète du Bas-Rhin, se fondant notamment sur l'avis du 28 décembre 2020 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a considéré que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et peut y voyager sans risque.

8. Premièrement, M. B fait valoir que la préfète ne pouvait pas se fonder sur un avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 28 décembre 2020, plus de deux ans avant la décision contestée, alors que son état de santé a, entretemps, évolué. Toutefois, il ne démontre ni même n'allègue avoir informé la préfète de cette évolution. Dans ces conditions, la seule circonstance que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ait été émis plus de deux ans avant la décision attaquée ne permet pas de considérer que la décision en litige serait entachée d'un vice de procédure.

9. Deuxièmement, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

10. Il est constant que le sarcome d'Ewing dont souffre le requérant l'a contraint à subir plusieurs interventions chirurgicales dans son pays d'origine puis en France, à l'occasion d'une récidive, ainsi que plusieurs traitements chimio-thérapeutiques. A la suite d'un premier avis, favorable, du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 30 septembre 2019, il a bénéficié, à ce titre, d'une autorisation provisoire de séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette affection n'a pas occasionné de nouveaux traitements ou interventions en 2020. Les éléments médicaux transmis au médecin rapporteur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à la fin de l'année 2020 signalent l'absence de nouvelle récidive. En outre, si M. B établit faire l'objet d'un traitement médical renforcé en lien avec les suites opératoires de la pathologie cancéreuse dont il est atteint, il ressort des pièces du dossier que le suivi médical dont il fait l'objet depuis 2021 consiste en une rééducation à la marche, ainsi qu'un traitement antalgique. Les documents d'ordre général qu'il produit ne suffisent pas à établir qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un tel suivi dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'était pas lié par son précédent avis, a pu, sans commettre une erreur manifeste d'appréciation de l'état de santé de l'intéressé, estimer qu'il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la production des documents sur la base desquels le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est prononcé, que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Il ressort des pièces du dossier que l'épouse de M. B ne bénéficie d'aucun droit au séjour en France, et que le requérant n'est pas dépourvu d'attache dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que la durée de son séjour en France n'est due qu'à l'instruction de sa demande d'asile et à l'instruction de sa demande d'admission au séjour, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète du Bas-Rhin a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels sa décision a été prise et méconnu les stipulations précitées.

14. En dernier lieu, les pièces produites par le requérant et justifiant de ses activités bénévoles et de son apprentissage de la langue française ne permettent pas d'établir que la préfète du Bas-Rhin a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de cette décision. Par suite, ce moyen doit être écarté.

16. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée qu'elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et que la préfète du Bas-Rhin a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de la situation de l'intéressé doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée, par voie de conséquence de l'illégalité des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

18. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice des communautés européennes que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où les décisions faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont prises concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, ces décisions découlent nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision fixant le pays de destination, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

19. En l'espèce, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et a pu, à cette occasion, préciser à l'administration les motifs pour lesquels il présentait cette demande et produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de celle-ci. Au demeurant, il ne se prévaut d'aucun élément pertinent de nature à établir qu'il aurait été privé de faire valoir des éléments qui auraient pu influer sur le contenu de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît son droit d'être entendu doit être écarté.

20. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

21. En l'espèce, M. B ne produit aucun élément de nature à établir qu'il serait personnellement exposé à un risque réel, direct et sérieux pour sa vie ou sa liberté en cas de retour dans son pays d'origine ou qu'il courrait le risque d'être soumis à un traitement contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Sa demande d'asile a, au demeurant, été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin, en adoptant la décision attaquée, a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. A B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera adressé à M. A B, à Me Goldberg et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.

La rapporteure,

D. MERRI

Le président,

P. REESLe greffier,

N. EL ABBOUDI

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Antoine LEFAKIS

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