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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2305460

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2305460

lundi 25 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2305460
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantROMMELAERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 1er août 2023 sous le n° 2305460, M. C A, représenté par Me Rommelaere, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 19 mai 2023 de la préfète du Bas-Rhin portant refus de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, au besoin sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- aucun motif ne lui a été communiqué, contrairement aux exigences de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer.

La préfète fait valoir que, par un arrêté du 10 janvier 2024, elle a opposé au requérant un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français.

II. Par une requête enregistrée le 1er février 2024 sous le n° 2400730 et un mémoire enregistré le 4 mars 2024, M. C A, représenté par Me Chavkhalov, demande au tribunal :

1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le même délai et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision de refus de titre de séjour :

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établi ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions de l'article

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité affectant la décision de refus de titre de séjour ;

- à titre subsidiaire, elle méconnaît les stipulations des articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité affectant l'obligation de quitter le territoire français ;

- à titre subsidiaire, elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

La préfète fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bouzar,

- et les observations de Me Chavkhalov, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant russe né en 1992, déclare être entré en France le

1er octobre 2020 muni d'une carte de séjour délivrée par les autorités belges, valide du

22 mars 2017 au 22 mars 2022. Après avoir sollicité et obtenu un dossier de demande de titre de séjour auprès de la préfecture de Maine-et-Loire le 15 mars 2022, démarche qui n'a toutefois pas eu de suite, M. A, par un courrier reçu le 19 janvier 2023, a sollicité de la préfète du

Bas-Rhin un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite née le 19 mai 2023 du silence gardé sur sa demande ainsi que l'arrêté du 10 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Bas-Rhin à la requête n° 2305460 :

2. Si, en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration sur une demande de titre de séjour fait naître, au terme d'un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 10 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin a expressément rejeté la demande de titre de séjour de M. A et l'a obligé à quitter le territoire français. Dès lors, les conclusions d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant le délai de quatre mois prévus par les dispositions mentionnées au point précédent, doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 10 janvier 2024 en tant qu'il porte refus de titre de séjour. Il s'ensuit que la préfète du Bas-Rhin n'est pas fondée à soutenir que la requête présentée M. A est dépourvue d'objet.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle formulée dans la requête n° 2400730 :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

5. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre à titre provisoire M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les deux requêtes présentées par M. A dirigées contre l'arrêté du

10 janvier 2024 en tant qu'il porte refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, par un arrêté du 17 novembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. B, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes et décisions relevant des attributions dévolues à la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que M. B, signataire de cette décision, ne disposait pas d'une délégation de signature régulièrement publiée doit être écarté comme manquant en fait.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

8. Si M. A soutient qu'il n'a pas obtenu la communication des motifs de la décision implicite qu'il conteste, cependant, ainsi qu'exposé précédemment, sa requête

n° 2305460 doit être regardée comme dirigée contre l'arrêté du 10 janvier 2024 en tant qu'il porte refus de titre de séjour. Par conséquent, il ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées. En tout état de cause, l'arrêté du 10 janvier 2024 portant refus de titre de séjour est suffisamment motivé.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

10. M. A se prévaut de la durée de sa présence en France et de son mariage conclu le 10 septembre 2022 avec une compatriote titulaire d'une carte de résident qui lui a été délivrée en sa qualité de réfugié et de la naissance de leur enfant, le 31 janvier 2022. Cependant, M. A ne justifie pas l'ancienneté de son séjour en France depuis le 1er octobre 2020. Par ailleurs, s'il déclare être en couple depuis le 4 avril 2021, les attestations produites à cet effet sont insuffisantes pour l'établir. Si les autres pièces produites établissent en revanche la communauté de vie alléguée à partir de 2022, la vie privée et familiale alléguée sur le territoire français n'est toutefois pas suffisamment ancienne. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier une intégration particulière de l'intéressé dans la société française. Enfin, la circonstance que son frère cadet réside en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire n'est pas de nature à lui ouvrir droit au séjour en France. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour contesté a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi et méconnu les stipulations et dispositions précitées. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

12. Il résulte des motifs exposés précédemment que M. A ne peut se prévaloir d'aucune considération humanitaire ou de motifs exceptionnels dont il résulterait qu'en refusant de l'admettre au séjour à titre exceptionnel au titre de la vie privée et familiale, la préfète du

Bas-Rhin aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

14. La décision de refus de séjour attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer l'enfant du requérant de ses parents. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit par conséquent être écarté.

15. En dernier lieu, si M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait au motif que, contrairement à ce qu'elle mentionne, il n'a pas fait de fausse déclaration de reconnaissance de paternité et qu'il n'est pas coupable de faits d'atteinte corporelle sur majeur par une personne en état d'ivresse manifeste, il résulte toutefois de l'instruction que la préfète du Bas-Rhin, qui n'a pas opposé de motif d'ordre public, aurait pris la même décision sans se fonder sur ces circonstances de fait. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2400730 dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que précédemment exposés, M. A n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi et méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

19. Si M. A soutient qu'il est exposé à des risques d'être enrôlé par l'armée russe et d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de refus de sa part de rejoindre la ligne de front, ces allégations, compte tenu de leur caractère hypothétique, ne sont pas en tout état de cause de nature à établir la méconnaissance alléguée par la décision attaquée des stipulations précitées.

20. En dernier lieu, en revanche, il ressort des pièces du dossier que le 31 janvier 2022, un enfant est né de la relation de M. A avec sa compagne, laquelle, bien que possédant la même nationalité, réside toutefois en France sous le statut de réfugié et n'a pas vocation à repartir en Russie. Dès lors, la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. A aura nécessairement pour effet de séparer l'enfant de son père ou de sa mère. Dans ces conditions,

M. A est fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant et a été prise en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

21. Il résulte de ce qui précède que M. A est uniquement fondé à solliciter l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

23. Le présent jugement, compte tenu de l'annulation qu'il prononce, implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Sur les frais de l'instance :

24. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans l'instance n° 2305460, l'avocat de

M. A n'est pas fondé à solliciter une somme de 1 200 euros à en application de l'article

37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

25. En revanche, il y a lieu de faire droit à la requête n° 2400730 et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros hors taxe à verser à Me Chavkhalov par application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de

M. A à l'aide juridictionnelle.

D É C I D E :

Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans l'instance n° 2400730.

Article 2 : L'arrêté du 10 janvier 2024, en tant seulement qu'il l'oblige à quitter le territoire français et fixe le pays de destination, est annulé.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer la situation de

M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 4 : L'Etat versera à Me Chavkhalov, avocat de M. A, une somme de 1 000 (mille) euros hors taxe par application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle.

Article 5 : La requête n° 2305460 et le surplus des conclusions de la requête n° 2400730 sont rejetés.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à

Me Rommelaere, à Me Chavkhalov et à la préfète du Bas-Rhin.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.

Délibéré après l'audience du 11 mars 2024 à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Strasbourg, le

Le greffier,

No 2305460 et 2400730

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