jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2305484 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 31 juillet 2023, 5 décembre 2023 et 11 janvier 2024, l'association Rosheim à cœur et M. A B, représentés par la Selas Olszak et Levy, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Rosheim a délivré à la SCCV La Source Saint-Odile un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment d'habitat groupé de 21 logements ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rosheim le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- elle est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone d'implantation du projet ;
- elle méconnaît l'article 13 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim ;
- elle méconnaît l'article 11 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim ainsi que l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre 2023 et 28 décembre 2023, la SCCV La Source Saint-Odile, représentée par la Selarl Dôme Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association Rosheim à cœur et de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- l'association requérante ne justifie de la qualité de son président à introduire la présente requête ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, la commune de Rosheim, représentée par la Selarl Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association Rosheim à cœur et de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. B ne justifie pas de son intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Chezeau-Launay, avocat de M. B et de l'association Rosheim à cœur,
- les observations de Me Vienne, avocate de la commune de Rosheim,
- les observations de Me Verdin, avocat de la société Alsace Foncier aménagement.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 28 décembre 2021, la SCCV La Source Saint-Odile a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment d'habitat groupé de 21 logements, pour une surface de plancher de 1 846 mètres carrés, sur un terrain situé rue des Maraîchers et rue Leimen, à Rosheim. Par un arrêté du 26 avril 2022, le maire de la commune de Rosheim a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Par un jugement du 30 mai 2023, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l'arrêté du 26 avril 2022 et enjoint au maire de la commune de Rosheim de délivrer le permis de construire demandé. Par un arrêté du 22 juin 2023, le maire de la commune de Rosheim a accordé à la SCCV La Source Saint-Odile le permis de construire sollicité. Par la présente requête, l'association Rosheim à cœur et M. B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juin 2023.
Sur la légalité de l'arrêté du 22 juin 2023 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan PC02 relatif aux espaces verts figurant dans le dossier de demande de permis de construire, qu'est répertorié l'ensemble des arbres à supprimer et à créer au droit du terrain d'assiette du projet. La notice descriptive jointe au dossier de demande de permis de construire précise, en outre, que se trouvent sur le site de la végétation sauvage et des arbres fruitiers, qui ne revêtent aucun caractère remarquable et sont dans un mauvais état phytosanitaire. Cette même notice descriptive fait état de ce que les arbres situés au nord-est de la parcelle et identifiés comme devant être pris en compte par l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone d'implantation du projet n'existent plus à la date du dépôt de la demande de permis de construire. Les requérants ne peuvent pas reprocher à la société pétitionnaire de ne pas avoir fait mention de la présence sur le site d'un noyer remarquable, dès lors qu'ainsi qu'ils le relèvent eux-mêmes dans leurs écritures, celui-ci n'était pas identifié par l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone. Quant à la circonstance que cette dernière comporterait une erreur matérielle à cet égard, elle est sans incidence en l'espèce. Par suite, et alors que le dossier de demande de permis de construire comporte des photographies et vues aériennes de l'existant et que le maire a pu statuer en toute connaissance de cause sur la conformité du projet à la réglementation applicable, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions précitées des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ont été méconnues.
4. En deuxième lieu, l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme dispose que les projets de constructions doivent être compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme.
5. Ainsi qu'il a été indiqué au point 3 du présent jugement, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et notamment pas des éléments figurant dans l'orientation d'aménagement et de programmation relative à la zone d'implantation du projet, que les arbres fruitiers présents sur le site feraient partie de l'ensemble de vergers remarquables identifié par le rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune. Il n'est pas davantage démontré qu'un noyer centenaire devrait faire l'objet d'une protection particulière au droit du terrain d'assiette de la construction contestée. Au demeurant, quand bien même l'orientation d'aménagement et de programmation aurait à tort omis de répertorier ce noyer, il ressort de ses termes même que si les porteurs d'un projet au droit de la zone doivent tenir compte des arbres qui s'y trouvent et les préserver autant que possible, il ne leur est pour autant pas interdit de les supprimer, notamment si leur état phytosanitaire le justifie. Or, en l'espèce, aucun élément du dossier ne permet de sérieusement remettre en cause les éléments avancés dans le dossier de demande de permis de construire et tirés de ce que les arbres présents sur le site présentent un caractère phytosanitaire dégradé. Par suite, et alors que le projet prévoit de planter plus d'un un arbre pour chaque arbre supprimé et que l'orientation d'aménagement et de programmation prévoit d'ailleurs l'aménagement du secteur qu'elle couvre en vue d'y permettre d'y réaliser des logements, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet autorisé est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone visant l'ouverture à l'urbanisation du secteur et qui identifie graphiquement un accès interne à la zone au niveau du noyer évoqué par les requérants.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 11 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim, dont les exigences reprennent les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et ne sont pas moindres à celles-ci : " Aspect extérieur / L'autorisation de construire peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet se situe au sein de la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 " collines calcaires du Bischenberg et environs à Rosheim, Boersch, Bischoffsheim et Obernai " et au sein de la ZNIEFF de type 2 " collines du piémont vosgien avec grands ensembles de vergers, de Gresswiller à Obernai ". Toutefois, alors que les parcelles en litige se situent dans la partie urbanisée de la commune et s'inscrivent dans l'orientation d'aménagement et de programmation visant à créer des logements d'une densité d'environ 25 logements par hectares, ces classements ne sauraient suffire à faire obstacle au projet en litige, d'ampleur limitée et qui a vocation à s'insérer parmi les constructions existantes. Par ailleurs, ainsi qu'il a été indiqué précédemment, il n'est pas démontré que les arbres présents sur le site d'implantation du projet revêtiraient un caractère remarquable. Enfin, si la construction projetée se situe dans les abords de monuments historiques, il ressort de l'accord émis le 16 février 2022 par l'architecte des bâtiments de France que ce dernier a relevé que le projet se caractérisait par sa très bonne insertion dans son environnement, notamment en raison de son volume et des matériaux utilisés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et 11 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 13 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim : " Espaces libres et plantations / Les opérations devront veiller à sauvegarder au maximum les arbres remarquables pouvant exister sur le site. / L'utilisation d'essences locales sera privilégiée. ".
9. Ainsi qu'il a été indiqué, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un noyer remarquable aurait été identifié au droit du terrain d'assiette du projet. Par ailleurs, et en tout état de cause, si les dispositions précitées de l'article 13 1AU impliquent qu'une attention particulière soit portée aux arbres remarquables pouvant exister sur le site d'un projet, elles n'ont pas pour conséquence d'en interdire toute suppression. Par suite, et alors qu'il est prévu de planter une trentaine d'arbres pour une vingtaine d'arbres supprimés, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article 13 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim ont été méconnues.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Rosheim qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
12. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des requérants le paiement, respectivement à la commune de Rosheim et à la SCCV La Source-Saint-Odile, d'une somme globale de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de l'association Rosheim à cœur et de M. B est rejetée.
Article 2 : L'association Rosheim à cœur et M. B verseront à la commune de Rosheim la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L'association Rosheim à cœur et M. B verseront à la SCCV La Source-Saint-Odile la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Rosheim à cœur, à M. A B, à la commune de Rosheim et à la SCVV La Source-Saint-Odile.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026