vendredi 18 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2305548 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FOURET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2023, M. E D et Mme C G, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 1er juin 2023 par laquelle le recteur de l'académie de Nancy-Metz leur a refusé l'octroi de l'autorisation d'instruction en famille ainsi que la décision du 30 juin 2023 de la commission académique portant rejet de leur recours administratif préalable obligatoire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre au recteur de leur délivrer ladite autorisation sur le fondement de l'article L. 131-5 4° du code de l'éducation ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée a pour effet de les contraindre à inscrire leur enfant dans un établissement scolaire pour la prochaine rentrée ; elle est de nature à porter une lourde atteinte à son droit à l'instruction ; leur fille A avait été instruite en famille l'année écoulée, de sorte qu'elle subirait un bouleversement des méthodes et du rythme de l'instruction ; sa sœur aînée Lana pourra quant à elle continuer à être instruite en famille, de sorte que la décision attaquée entraînera une désorganisation familiale préjudiciable aux deux enfants ; il doit ainsi être considéré que la décision attaquée préjudicie de manière grave et immédiate aux intérêts de l'enfant ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ; l'appréciation de la notion de situation propre à l'enfant peut précisément résulter de la pédagogie mise en place dans son intérêt ; le contrôle de l'administration porte uniquement sur l'articulation du projet éducatif et non sur l'appréciation de l'existence d'une situation propre à l'enfant ; la seule présentation d'un projet éducatif sérieux et adapté à l'enfant permet ainsi de remplir la condition posée par le 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ; en l'espèce, le projet éducatif présenté était développé et comprenait les éléments essentiels de la pédagogie ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; il n'est pas justifié de ce que la situation de leur fille ne présenterait plus un caractère " propre " alors qu'elle avait bénéficié de l'autorisation l'année précédente ; sa sœur aînée a fait l'objet d'un contrôle favorable l'an dernier pour le niveau que doit intégrer leur fille A ; leur fille est très bavarde, curieuse et volontaire dès lors que son intérêt est captivé par les activités proposées, de sorte qu'il est essentiel à son instruction de pouvoir adapter la pédagogie et la forme de l'instruction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, le recteur de l'académie de
Nancy-Metz conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que les requérants n'établissent pas sérieusement en quoi la scolarisation de leur enfant dans un établissement d'enseignement public ou privé serait de nature à compromettre gravement ses intérêts ou le leur ; les parents ne disposent pas d'un droit de choisir librement de recourir à l'instruction dans la famille, ce régime étant dérogatoire ; la seule proximité de la rentrée scolaire ne suffit pas à établir une telle urgence, alors qu'il appartenait aux parents dès notification du refus d'autorisation de faire toutes diligences pour procéder aux démarches d'inscription de leur enfant dans un établissement scolaire ; les requérants n'établissent pas qu'une scolarisation dans un établissement scolaire serait de nature à nuire à la continuité des apprentissages de leur fille et serait contraire à son intérêt supérieur ; la circonstance que sa soeur aînée puisse continuer à être instruite en famille et qu'une désorganisation familiale s'ensuivrait est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée ;
- il incombe à l'administration de contrôler l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant un projet d'instruction dans la famille ;
- la délivrance d'une autorisation d'instruction en famille pour une année ne confère aucun droit aux familles d'en bénéficier pour les années suivantes, même en cas de contrôle favorable, le législateur ayant entendu resserrer les conditions d'octroi de l'autorisation à des situations spécifiques limitativement fixées par la loi ; il n'est pas établi que la scolarisation de leur enfant dans un établissement d'enseignement serait contraire à son intérêt supérieur, alors même que leur fille aînée continuerait à être instruite en famille ; le projet éducatif ne caractérise pas de situation propre à leur enfant et n'explique pas comment seront réparties les différentes activités proposées contrairement à ce qui est requis par l'article R. 131-11-5 du code de l'éducation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Pillet, greffier d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Fouret, représentant les requérants, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et rappelle que l'autorisation avait été délivrée l'année précédente, et que les volumes d'instruction présentés sont les mêmes que ceux du projet antérieur ;
- les observations de M. F, représentant le recteur de l'académie de
Nancy-Metz, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et rappelle que l'autorisation donnée l'année dernière s'inscrivait dans le cadre de la première campagne et que les services étaient en attente de la jurisprudence du Conseil d'Etat quant aux points de contrôle à effectuer ; la décision a été prise en application de l'arrêt de principe du Conseil d'Etat du 13 décembre 2022 ; en l'espèce, il n'est pas fait état d'une situation propre de l'enfant ; en outre, le projet présenté se borne à lister des activités sans explication de leur adaptation aux besoins de l'enfant ; la sœur aînée Lana a bénéficié d'une nouvelle autorisation pour la rentrée scolaire 2023/2024 sous le régime de l'autorisation de plein droit, mise en place pour les enfants bénéficiaires d'une autorisation à la rentrée 2021/2022 et dont le contrôle était positif, pour les deux années suivantes ; cette circonstance ne conférait aucun droit quant à l'enfant A, le seul critère d'appréciation étant le projet présenté.
La clôture de l'instruction a été différée au 17 août 2023 à 18h pour permettre la production par Me Fouret du projet pédagogique de l'enfant présenté pour l'année scolaire 2022/2023.
Vu la pièce complémentaire produite par Me Fouret le 16 août 2023 ;
Vu le mémoire complémentaire enregistré le 17 août 2023, présenté pour le recteur de l'académie de Nancy-Metz ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. M. D et Mme G ont sollicité pour leur fils âgée de 4 ans et déjà instruite en famille au cours de la rentrée scolaire 2022/2023, le renouvellement de cette autorisation en application de l'article L. 131-5 4° du code de l'éducation. Cette demande a été rejetée par décision du recteur de l'académie de Nancy-Metz du 1er juin 2023, rejet confirmé par décision de la commission académique du 30 juin 2023. Par la présente requête, M. D et Mme G demandent au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de ces décisions.
3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de ladite décision, ainsi que celles aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D et Mme G est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D et Mme C G et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Nancy-Metz.
Fait à Strasbourg, le 18 août 2023.
La juge des référés,
S. B
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026