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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2305608

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2305608

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2305608
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantZIMMERMANN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a examiné la requête de Mme A... B... contestant le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil. La requérante invoquait un défaut de motivation et une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a rejeté le moyen tiré du défaut de motivation, estimant que la décision attaquée visait les textes applicables, notamment l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionnait le motif de fait (non-respect du délai pour rejoindre un hébergement). La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait, mais le rejet du premier moyen suggère un rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2023, Mme A... B..., représentée par Me Zimmermann, demande au tribunal :

d’annuler la décision du 5 août 2022 par laquelle le directeur territorial de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) de Strasbourg a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

d’enjoindre à l’Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir les conditions matérielles d’accueil et de lui proposer une offre d’hébergement, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

de mettre à la charge de l’Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros hors taxes à verser à son conseil au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, le directeur général de l’OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens soulevés par Mme B... n’est fondé.


Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juin 2023.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- la directive 2013/33/EU du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l’accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / (…) / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / 4° Il a dissimulé ses ressources financières ; / 5° Il a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ; / 6° Il a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes. / Un décret en Conseil d'Etat prévoit les sanctions applicables en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement. / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ». L’article D. 551-18 du même code dispose que : « La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. Cette décision prend effet à compter de sa signature. / Lorsque la décision est motivée par la circonstance que le demandeur a dissimulé ses ressources financières, a fourni des informations mensongères sur sa situation familiale ou a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes, elle entraîne la restitution des montants indûment versés au titulaire de l'allocation ».

En premier lieu, la décision attaquée vise notamment l’article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne en outre la circonstance que Mme B..., ressortissante azerbaïdjanaise, n’a pas rejoint le lieu d’hébergement vers lequel elle avait été orientée dans le délai 5 jours. Elle comporte ainsi les considérations utiles de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
En second lieu, si la requérante soutient qu'elle s’occupe de sa cousine et de sa fille handicapée, elle n’en a pas fait mention lors de son entretien de vulnérabilité du 24 novembre 2021 et n’apporte pas d’élément permettant d’en attester. De surcroît, elle soutient qu’elle souhaite rester à Lingolsheim au motif que c'est une grande ville, alors que le nouveau lieu d’hébergement qu’elle a refusé de rejoindre se trouve à Strasbourg. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée ne peut qu’être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme B... doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


D E C I D E :


La requête présentée par Mme B... est rejetée.
Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Zimmermann et à l’Office français de l'immigration et de l'intégration.








Délibéré après l'audience du 23 octobre 2025, à laquelle siégeaient :


Mme Dulmet, présidente,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère,
M. Latieule, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 décembre 2025.



La rapporteure,

L. Perabo Bonnet
La présidente,

Dulmet


La greffière,





J. Brosé



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,



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